Jean Nicolas Stofflet (1751 - 1796)
« Dans une guerre civile, il n'y a pas d'honneur et pas de victoire »
Ce commentaire désabusé et lucide de Jean Nicolas Stofflet fait écho à celui d'un écrivain romain qui constata, au vu des guerres civiles entre César et Pompée, qu'une guerre civile ne laissait que des vaincus et jamais de vainqueur. Stofflet est garde-chasse des Colbert à Maulévrier quand éclate la Révolution française. Viennent les réquisitions forcées et les persécutions contre les prêtres catholiques. La Vendée se soulève et lui-même devient major général dans l'armée royaliste formée par les insurgés. Il donne sa pleine mesure après la mort de La Rochejaquelein, devenant le seul général des insurgés en Anjou. Il doit lutter contre les «colonnes infernales» de Turreau et reprend les armes en janvier 1796 après la paix imposée par Hoche. Il est capturé et fusillé à Angers le 26 février 1796.
Marie-Antoinette (1755 - 1793)
« S'ils ne mangent pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! »
Cette exclamation cynique ou au mieux naïve a été prêtée à la reine Marie-Antoinette par la rumeur populaire à la suite des émeutes du 5 octobre 1789. Des Parisiennes s'étaient ce jour-là rendues à Versailles pour manifester au roi leur mécontentement face à la crise politique et à l'enchérissement des denrées. Curieusement, l'expression prêtée à Marie-Antoinette nous vient de Jean-Jacques Rousseau, mort une décennie plus tôt, qui écrit dans ses Confessions : «Je me rappelai le pis-aller d'une grande princesse à qui l'on disait que les paysans n'avaient pas de pain, et qui répondit : Qu'ils mangent de la brioche !».
« J'en appelle à toutes les mères... ! »
Après la sanglante prise des Tuileries, le 10 août 1792, les souverains français sont déchus et jetés en prison. Louis XVI est exécuté le 21 janvier. Vient le tour de la «veuve Capet».
Lors de son procès, la reine doit affronter d'infâmes accusations d'inceste sur la personne de son fils, présentées par le substitut du procureur général, le polémiste et jacobin Jacques Hébert.
Extrait de l'audience du 15 octobre 1793 :
Après la déposition d'Hébert, le président Hermann interpelle l'accusée : «Qu'avez-vous à répondre à la déposition du témoin ?» D'une voix tremblante, elle répond : «Je n'ai aucune connaissance des faits dont parle Hébert».
Hébert reprend la parole et accuse la reine et Madame Elisabeth d'avoir traité l'enfant en roi en lui donnant en toutes occasions la préséance. Marie-Antoinette se tourne vers Hébert et demande : «L'avez-vous vu ?»
Hébert : «Je ne l'ai point vu, mais la Municipalité le certifiera», puis il coupe court à l'aparté et, changeant de sujet, il se lance sur une autre affaire.
Un juré dont on n'a pas le nom se lève et demande : «Citoyen-Président, je vous invite à vouloir bien faire observer à l'accusée qu'elle n'a pas répondu sur le fait dont a parlé le citoyen Hébert à l'égard de ce qui s'est passé entre elle et son fils». Le président répète la question et la reine se lève - «vivement émue» affirme le procès verbal - : «Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à une pareille inculpation faite à une mère». Elle se tourne vers la foule : «J'en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici».
Deux témoins, les frères Humbert, rapportent qu'un courant passe dans la foule, même les tricoteuses se sentent remuées. L'audience est suspendue quelques minutes et la reine, se penchant vers son avocat Chauveau-Lagarde, lui demande à voix basse : «N'ai-je pas mis trop de dignité dans ma réponse ?»
- Madame, soyez vous-même et vous serez toujours bien ; mais pourquoi cette question ?
- C'est que j'ai entendu une femme du peuple dire à sa voisine : vois-tu comme elle est fière !...
Johann Wolfgang Goethe (1749 - 1832)
« Von hier und heute geht eine neue Epoche der Weltgeschichte aus und Ihr könnt sagen, Ihr seid dabei gewesen ! » (en allemand)
« De ce lieu, de ce jour commence une ère nouvelle de l'histoire du monde, et vous pourrez dire : j'étais là ! » (traduction)
Source : Campagne in Frankreich 1792, publié en 1822
Comme il suivait l'armée du duc de Brunswick aux côtés de son protecteur, le grand-duc de Saxe-Weimar, Goethe a pu assister en direct à la canonnade de Valmy. Si l'on en croit son récit, publié 30 ans après (!), l'illustre poète en aurait de suite perçu la portée politique... Il est permis de douter de sa prescience, si génial soit-il.
Jean-Baptiste Jourdan (1762 - 1833)
« Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie »
Source : article premier de la loi Jourdan
Les rois «absolus» en avaient rêvé, les républicains l'ont fait. Le 5 septembre 1798, à l'assemblée des Cinq-Cents, le député Jean-Baptiste Jourdan fait voter une loi qui institue la conscription et le service militaire obligatoire. Pour la première fois dans l'histoire de l'Europe, un gouvernement s'attribue le droit d'enrôler quiconque dans ses armées. Le métier militaire, précédemment récompensé par un salaire ou une solde (d'où le mot soldat), devient une servitude. Disposant de masses humaines presque illimitées, les généraux multiplient les offensives sans égard pour le sang versé, ce que ne manquera pas de dénoncer le colonel Charles de Gaulle, ardent défenseur de l'armée de métier. C'est seulement deux siècles après la loi Jourdan que la France renoncera à la conscription obligatoire.
Horatio Nelson (1758 - 1805)
« England confides that every man will do his duty ! » (en anglais)
« L'Angleterre attend de chacun qu'il fasse son devoir ! » (traduction)
Message codé transmis à l'aide de pavillons le matin de la bataille de Trafalgar, le 21 octobre 1805, aux 27 navires de son escadre par l'amiral Horatio Nelson...








