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Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Jules Destrées    (1863 - 1936)

« En Belgique, il y a des Wallons et des Flamands. Sire, il n'y a pas de Belges. »
Source : Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre

Le 15 août 1912, Jules Destrées, député et futur ministre belge, publie une lettre ouverte au roi des Belges Albert 1er dans laquelle il plaide pour la scission du pays. Il apparaît comme un précurseur du nationalisme flamand, plus actif que jamais un siècle plus tard. Il écrit : «Laissez-moi vous dire la vérité, la grande et horrifiante vérité. Vous régnez sur deux peuples. En Belgique, il y a des Wallons et des Flamands. Sire, il n'y a pas de Belges. J'entends par là que la Belgique est un État politique assez artificiellement composé, mais qu'il n'est pas une nationalité. La fusion des Wallons et des Flamands n'est pas possible».


Anne Robert Turgot    (1727 - 1781)

« Il faut, Sire, vous armer contre votre bonté, de votre bonté même, considérer d'où vous vient cet argent que vous pouvez distribuer à vos courtisans »

C'est par cet avertissement que l'économiste accueillit sa nomination au poste de contrôleur général des finances, le 24 août 1774. Le roi Louis XVI ne l'écouta hélas pas longtemps et le renvoya deux ans plus tard sous la pression des privilégiés. La veille de son renvoi, Turgot écrivit au roi avec son franc-parler habituel : «N'oubliez jamais, Sire, que c'est la faiblesse qui a mis la tête de Charles 1er sur un billot».


Claude-Nicolas Ledoux    (1736 - 1806)

« Le mur murant Paris rend Paris murmurant »
Source : complainte parisienne

Architecte inspiré et ingénieur des eaux et forêts, Claude-Nicolas Ledoux est remarqué par la comtesse du Barry qui lui confie la construction de son pavillon de musique de Louveciennes. Plus tard, sous le règne de Louis XVI, il érige les salines royales d'Arc-et-Senans, en Franche-Comté, une cité ouvrière idéalisée, d'un caractère révolutionnaire. En 1785, il reçoit commande des 55 pavillons d'octroi du mur d'enceinte des «fermiers généraux». Ces installations sont destinées au prélèvement de taxes sur toutes les marchandises entrant dans la capitale et à ce titre, elles donnent lieu à de vives protestations de la population, dont certaines très spirituelles comme le montre la citation ci-dessus. Ledoux ne peut mener l'entreprise à son terme mais nous pouvons encore admirer deux de ses pavillons parisiens, sur la place Denfert-Rochereau et la place Stalingrad. L'octroi perdura dans la capitale jusqu'à la veille de la Grande Guerre de 14-18.


George Washington    (1732 - 1799)

« It is better to offer no excuse than a bad one » (en anglais)
« Mieux vaut ne pas donner d'excuse que d'en offrir une mauvaise » (traduction)

Cette sentence morale est extraite d'une lettre de George Washington à sa nièce Harriet Washington (30 octobre 1791). Le premier président des États-Unis est né dans une bonne famille de planteurs de Virginie le 22 février 1732. Il passe sa jeunesse sur les rives du Potomac, aux environs de la ville aujourd'hui éponyme. La mort précoce de son demi-frère le porte à la tête du domaine aujourd'hui fameux de Mount Vernon. George Washington (portrait posthume par Thomas Sully, 1820)George Washington s'illustre dans les rangs de l'armée anglaise en combattant les Français pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763)... puis à la tête des troupes de colons insurgées contre les Anglais et alliées aux Français (1775-1783) ! Immensément populaire auprès de ses concitoyens, il est porté à la présidence de la Convention de Philadelphie, en charge de donner une Constitution à la jeune fédération. En 1789, il est élu président de ladite fédération contre son rival John Adams. En 1797, après deux mandats de quatre ans, George Washington se retire de la vie politique. Dans son discours d'adieu, il met en garde ses concitoyens contre la tentation d'une alliance privilégiée avec quiconque. C'est déjà une ébauche de la future «doctrine de Monroe». En 1798, l'imminence d'hostilités avec la France du Directoire l'amène à assumer à nouveau le commandement suprême des armées. Le danger écarté, il revient sur ses terres...


« I cannot tell a lie » (en anglais)
« Je ne peux pas mentir » (traduction)

George Washington s'éteint dans sa belle propriété de Mount Vernon (Virginie) le 14 décembre 1799. Héros de la guerre d'Indépendance américaine et premier Président des État-Unis, il est aussitôt élevé au rang d'un mythe national. Le prédicateur Mason Locke Weems publie en 1800 une biographie quelque peu enjolivée, Life and memorable actions of George Washington, qui est depuis lors enseignée aux écoliers américains. Ceux-ci se régalent d'anecdotes fantaisistes comme celle d'un cerisier qu'aurait abattu à la hache George Washington dans le jardin familial. Et au père qui réclamait de connaître le coupable, le jeune garçon se serait dénoncé en disant : «I cannot tell a lie» (Je ne peux pas mentir).


Antoine-Laurent de Lavoisier    (1743 - 1794)

« Rien ne se crée, ni dans les opérations de l'art ni dans celles de la nature, et l'on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une quantité de matière avant et après l'opération; que la qualité et la quantité des principes sont les mêmes et qu'il n'y a que des changements »

À la fois chimiste et financier, Antoine-Laurent de Lavoisier est élu à 25 ans à l'Académie des sciences ! Sollicité sur un problème d'éclairage à Paris, il montre expérimentalement que la combustion de l'hydrogène ne se solde pas par une disparition de matière mais par la formation de nouvelles substances par addition avec l'air. Ses recherches, rassemblées dans un volumineux Traité élémentaire de chimie, publié en 1789, sont à l'origine de la chimie moderne. Elles tournent autour du principe ci-dessus, que l'on résume usuellement par l'aphorisme : «Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme». La fonction parallèle de fermier général qu'exerce Lavoisier n'est peut-être pas étrangère à la découverte de ce principe... La collecte des impôts amène en effet le savant à pratiquer la comptabilité double : on totalise dans une colonne les recettes, dans une autre les dépenses et l'on veille à ce que les deux totaux soient identiques... même résultat qu'en chimie !

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