L'Aube des Civilisations en cartes animées

Premiers villages (13000-9600 av. J.-C.)

9 juin 2026. Dans ce premier épisode, nous allons nous intéresser à l’apparition des premiers villages permanents. Il s’agit de la première étape qui va amener l’Humanité à entrer peu à peu dans l’Histoire.

Un climat propice à la sédentarisation

Cette grande épopée démarre en 13000 av. J.-C., lorsque le monde sort de sa dernière glaciation. Cela marque le retour de conditions climatiques bien plus propices à la faune et à la flore.

En certains endroits du monde, l’augmentation des ressources de nourriture est telle que l’homme n’a plus besoin de se déplacer sur de grandes distances pour se nourrir : c’est le début de la sédentarisation, première étape nécessaire à l’entrée dans l’Histoire.

Dans le Croissant fertile, les premières traces de sédentarisation apparaissent dans le nord de l’actuel Israël avec l’émergence de villages permanents. Cela marque l’entrée dans ce qu’on appelle le Natoufien.

Sur le plan génétique, ces populations résultent d’un mélange entre les autochtones préexistants porteurs de gènes néandertaliens, et des migrants venus récemment d’Éthiopie via le Nil qui n’en portaient pas. Cet apport africain est confirmé par la prévalence du marqueur E1b1b sur le chromosome Y. L’apparence de ces premiers villageois devait être comparable à celle actuelle, mais avec une peau un peu plus sombre. Celle-ci s’est en effet éclaircie suite à des apports ultérieurs venus du nord.

Enfin leur langue était sans doute une forme d’afroasiatique ancien héritée de cette migration venue d’Ethiopie. Elle se scindera plus tard en plusieurs groupes dont celui sémitique incluant les Arabes et les Hébreux.

La zone de sédentarisation reste longtemps localisée dans une petite région, jusqu’à ce que survienne une dernière période de refroidissement appelée le Dryas Récent, particulièrement marquée dans l’hémisphère nord.

Le retour à une plus grande mobilité va entraîner une diffusion des pratiques du natoufien sur un domaine beaucoup plus vaste jusque sur le Haut-Euphrate. C’est alors cet endroit situé dans l’actuelle Syrie qui devient le plus dynamique. Même si la chasse, la pêche et la cueillette restent partout la norme, on y trouve en plus un début de culture du seigle sauvage, rendue sans doute nécessaire par la dégradation des conditions climatiques. Ainsi les innovations se poursuivent malgré et sans doute même grâce au stress climatique.

Un Extrême-Orient encore plus précoce

Le Croissant fertile n’est pas le seul à se démarquer du mode de vie nomade à cette époque. Au Japon et en Chine, on voit apparaître une semi-sédentarisation encore plus précoce qu’au Levant, dès 14000 av. J.-C. Certains abris sous roche deviennent alors habités de façon suffisamment régulière pour y fabriquer des objets non transportables.

C’est le cas en particulier de récipients en céramique destinée à la cuisson des aliments, alors même que cette innovation apparaîtra beaucoup plus tard au Proche-Orient. Au Japon, elle caractérise les débuts de la période Jomon. Sur le plan génétique, ces populations étaient très éloignées des Japonais actuels, et davantage apparentées aux Aïnous qui habitaient l’archipel avant que les migrations venues de Chine n’y modifient la génétique.

Pour ce qui est du foyer de la Chine du sud, les découvertes sont plus récentes et moins connues. Il est clair que la vision d’ensemble de cette époque continuera d’évoluer au gré des fouilles.

Dans tous les cas, c’est bien le Croissant fertile qui va se démarquer du reste du monde à partir de 9600 av. J.-C. et adopter une trajectoire qui va bientôt bouleverser l’Histoire humaine.


Publié ou mis à jour le : 2026-06-09 09:39:21

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