Le Haut Moyen Âge en cartes animées (476-962)

Vincent raconte l'émergence de l'Europe

Le haut Moyen Âge en 26 épisodes

Vincent Boqueho (Herodote.net, 2017)Vincent Boqueho enseigne les sciences à Nice. Après son exploration de la haute Antiquité et de l'Antiquité classique, il parcourt avec nous le haut Moyen Âge sous forme de cartes animées d'environ 2 minutes 30.

Le voyage se déroule en vingt-six épisodes, de la chute de l'Empire romain d'Occident, en 476, jusqu'à la fondation du Saint Empire, en 962. 

En préambule, voici un survol de cette longue période d'un demi-millénaire durant laquelle se défait le monde antique, organisé autour de la Méditerranée, et émerge une nouvelle civilisation, la nôtre, entre l'Elbe et l'Èbre. Dans la vidéo ci-dessous, chaque décennie est racontée en... 13 secondes. Ce séquençage vous permettra de percevoir l'écoulement du temps.

Le haut Moyen Âge, cinq siècles qui ont changé notre monde

Dans l'empire romain d'Occident, au milieu du Ve siècle, il ne subsiste que deux enclaves dirigées par des Romains, en Gaule du nord et en Dalmatie. Les gens ont pris l’habitude d’être gouvernés par des rois germaniques plus ou moins romanisés.

Frontispice de Théodoric, d'après un manuscrit allemand du XIIe siècle, Pays-Bas, bibliothèque universitaire de Leiden.En l’an 476, ils accueillent avec une relative indifférence la déposition du dernier empereur romain d’Occident par Odoacre, un officier germanique de l’armée romaine. En Orient, par contre, l'Empire romain connaît même une nouvelle vigueur depuis qu’il s’est recentré sur ses terres les plus riches : le blé d’Égypte et l’or d’Anatolie peuvent converger vers Byzance qui devient la nouvelle Rome.

Dans les années  480, c’est d’abord la Dalmatie qui tombe dans l’orbite de l’Italie d'Odoacre. La même année, Clovis devient roi des Francs Saliens. Il noue une alliance avec les Francs Rhénans, ce qui lui permet de s’emparer de la dernière enclave romaine en Gaule. En 493, Théodoric,  roi des Ostrogoths,  élimine Odoacre, s’empare du royaume d’Italie et s’installe à Ravenne. Pendant ce temps-là, Clovis poursuit son expansion aux dépens des Alamans. Il se convertit au catholicisme pour se rallier les Gallo-Romains.

Théodoric le Grand bat Odoacre. Code palatin du Vatican, XIIe siècle, conservé à la bibliothèque apostolique du Vatican.

En 506, allié aux Burgondes, Clovis s’empare de toute l’Aquitaine aux dépens des Wisigoths qui doivent déplacer leur capitale de Toulouse à Narbonne. Théodoric en profite pour récupérer la Provence jusqu’à Arles. Enfin Clovis récupère le royaume des Franc rhénans.

En Europe de l’Est, depuis que les Huns ont dépeuplé la Germanie, les peuples slaves en ont profité pour combler le vide un peu partout. Par ailleurs, la fusion des Huns avec les Scythes a donné naissance aux Bulgares qui mènent des raids dans l’empire byzantin. Celui-ci reste miné par ses querelles internes au christianisme et par ses conflits contre les Perses.

Partage du royaume franc entre les quatre fils de Clovis, Grandes Chroniques de France de Charles V, XIVe siècle, Paris, BnF. En agrandissement, la Gaule en 511, après le partage du royaume des Francs entre les fils de Clovis, @lhistoire.fr.La situation bascule en 527 avec l’avènement de Justinien sur le trône de Byzance. Il commence par protéger les villes grecques de Crimée et de Colchide.  Après avoir maté la sédition Nika dans un bain de sang, il part reconquérir les provinces d’Occident et s’empare en Afrique du royaume vandale en totalité.

Pendant ce temps-là, Clovis étant mort en 511, ses fils s’emparent du royaume burgonde et écrasent les Thuringiens en Germanie. En 536, Justinien écrase le royaume ostrogoth en Italie, mais l’attaque des Perses en 540 combinée à une épidémie de peste remet en question ses conquêtes.

Les Francs en profitent : avec l’aide des Alamans récemment soumis, ils s’avancent en Vénétie. Justinien parvient à reconquérir peu à peu toute l’Italie ; et dans le même temps, il profite d’une guerre entre deux rois wisigoths pour s’implanter en Andalousie. Quant aux Francs, ils se rabattent sur la Bavière : c’est l’apogée des Mérovingiens comme des Byzantins.

Tandis que meurt Justinien en 565, les Avars venus des steppes d’Asie débarquent en Europe et s’attaquent à l’empire byzantin. Les Lombards, sous leur pression, envahissent une bonne part de l’Italie. Les Wisigoths, enfin, en profitent pour regagner du terrain en Andalousie.

Présentation des Cantabres par le roi wisigoth Leowigild, tablette du reliquaire en ivoire de San Millan de la Cogolla, XIe siècle. En agrandissement, la statue du roi visigoth Leovigild sculptée par Felipe del Coral, XVIIIe siècle, se trouve dans la Plaza de Oriente à Madrid. Dans le royaume franc, une longue guerre civile s’installe entre les petits-fils de Clovis. Elle entraîne la montée en puissance des pouvoirs locaux aux dépens de la royauté, ce qui finit par provoquer la scission des duchés d’Alémanie et de Bavière. Pendant ce temps-là, l’empire byzantin menace de ployer face aux assauts des Lombards, des Avars, des Perses et des Wisigoths. Menés par leur roi Leovigild, ceux-ci regagnent en puissance et annexent en 585 le royaume suève au nord-ouest de l’Espagne.

Le déclin de l’empire byzantin est finalement enrayé par Maurice, un général byzantin porté sur le trône en 582. Il parvient à rétablir la paix sur tous les fronts. Mais pour réaliser cet exploit, il prélève des impôts considérables qui le rendent très impopulaire. En 602, le coup d’état du centurion Phocas est une véritable catastrophe pour l’empire : les Perses rouvrent les hostilités et mènent des raids jusque sur le Bosphore.

L’empereur est vite décrédibilisé et il est renversé par un autre général, Héraclius en 610. Celui-ci fait face à un empire en cours d’effondrement : les Perses s’emparent de la Syrie, de la Palestine et de l’Égypte, et ils s’avancent jusqu’à Constantinople en même temps que les Avars qui cherchent à profiter de cette débâcle. Héraclius s’allie alors avec les Gokturks qui dominent toute l’Asie centrale, ce qui renverse complètement la tendance : l’empire perse et le khanat avar s’effondrent. Au nord de la Mer Noire, les Bulgares et les Khazars forment de nouveaux États. Plus à l’ouest, le royaume de Bohême-Moravie s’affirme face aux Avars tandis que les Slaves se répandent dans les territoires ravagés de l’empire byzantin.

En 636, les Arabes fraîchement convertis à l’islam en profitent pour envahir les empires perse et byzantin. En 642, le Proche-Orient et l’Égypte tombent entre leurs mains. Le fiasco est tout aussi grand dans le royaume franc : le roi Dagobert meurt en 639 en laissant des enfants en bas âge, ce qui marque l’avènement des maires du palais et le retour des guerres entre la Neustrie et l’Austrasie.

À la fin du VIe siècle, les riverains du monde méditerranéen pouvaient encore croire que les Grandes Invasions n’étaient qu’un simple trou d’air qui serait vite comblé. Mais en réalité, quelque chose s’est définitivement démis. L’expansion des Arabes musulmans met un terme définitif au rêve romain. C’est aussi vers cette époque que s’achève l’expansion des Slaves en Europe, ce qui remodèle complètement le paysage linguistique et culturel du continent.

Partout s’éteignent les dernières lueurs antiques : la Méditerranée, qui était jusqu’alors un puissant connecteur culturel, devient une frontière qui ne cessera de s’accentuer. Les VIIe et VIIIe siècles voient apparaître la nostalgie du monde ancien, largement idéalisé par l’oubli. La chute de l’empire romain d’Occident sera de plus en plus perçue comme un drame sanctionnant la fin des temps bénis. Plus tard, on fera de l’année 476 le séparateur entre l’Antiquité et le Moyen Age en France ; mais à l’échelle de l’Europe, les années 636 à 639 sont assurément plus pertinentes. Elles marquent le début d’une nouvelle ère : celle qui voit la confrontation entre le christianisme et l’islam.

Prise d'Amantea par les Byzantins dirigés par Nicéphore Phocas. En agrandissement, les Magyars poursuivent les Bulgares à Dorystolode, miniatures extraites des Chronique de Skylitzès.

La Méditerranée désormais coupée en deux

Au milieu du VIIe siècle, c’est dans les îles britanniques que le christianisme se montre le plus vigoureux : les moines irlandais recopient les manuscrits de l'Antiquité et se chargent d'évangéliser l’Écosse tandis que l’Angleterre est christianisée depuis Rome. Les royaumes anglo-saxons sont alors dominés par la Northumbrie et la Mercie.

Le royaume franc poursuit sa décomposition : après le duché de Thuringe, c’est celui de Vasconie habité par les Basques qui prend son indépendance. Il s’étend jusqu’à Toulouse dont il fait sa capitale, avant de poursuivre son expansion sur toute l’Aquitaine. Cela donne des idées aux Basques d’Espagne et au duc de Septimanie : leurs révoltes marquent le début du déclin du royaume wisigoth.

À l'Est, les Bulgares se recentrent sur le pays slave et renforcent leur menace sur Byzance. En parallèle le califat installé à Damas reprend de la vigueur après les troubles liés à l’avènement de la dynastie des Omeyyades. Constantinople résiste aux assauts des Arabes grâce à l’invention du feu grégeois. Les Arabes n'en poursuivent pas moins leur progression vers l'Afrique du nord, le Maghreb. Ils s’emparent en 695 de Carthage et l’empire byzantin perd définitivement ses provinces d’Afrique.

Saint Hubert de Liège offre ses services à Pépin de Herstal, enluminure de Loyset Liédet, XVe siècle. En agrandissemnt, Charles Martel divise le royaume entre ses fils Pépin et Carloman, Grandes Chroniques de France, XIVe siècle, Paris, BnF.Pendant ce temps-là, le royaume franc reprend des couleurs grâce au maire du palais Pépin de Herstal qui récupère la Thuringe et soumet les Frisons. Il était temps car les musulmans s’approchent : encouragés par les incitations économiques, les Berbères du Maghreb se convertissent massivement à l’islam, ce qui augmente considérablement la force de frappe du califat. En 711, les musulmans débarquent en Espagne et écrasent l’armée des Wisigoths. L'Espagne est conquis presque intégralement en quelques années et le califat se retrouve au contact du royaume franc où Charles Martel vient de succéder à Pépin de Herstal.

Les musulmans commencent par s’attaquer au duc Eudes d’Aquitaine. Il les repousse devant Toulouse en 721. Puis ils mènent des raids sur la Provence et la vallée du Rhône. Charles Martel préfère guerroyer en Germanie : il soumet le duché d’Alémanie et le royaume frison. Les Sarrasins d'Espagne engagent une attaque beaucoup plus massive en 732 qui est stoppée près de Poitiers par l’alliance d’Eude et de Charles Martel. C’est aussi à cette époque que le royaume chrétien des Asturies conforte son indépendance vis-à-vis du califat dans le nord-ouest de l’Espagne.

Bataille de Poitiers, Grandes Chroniques de France, XIVe siècle, Londres, British Library.

Charles Martel vient de mettre un terme à l’expansion du califat. Il va en retirer un prestige immense : voici venir la fabuleuse ascension des Pippinides ou Carolingiens, qui va conduire à une improbable résurrection de l’Empire d’Occident. Pépin le Bref succède à Charles Martel, toujours en tant que maire du palais. Or, il se trouve que l’empire byzantin est miné par les querelles entre les iconodoules et les iconoclastes (dico) : il ne peut plus protéger le pape en Italie. Du coup, celui-ci s’en remet aux Francs.

En 754, Pépin le Bref est sacré roi des Francs par le pape, fondant la dynastie des Carolingiens. En échange, le roi lui taille un territoire aux dépens des Lombards. Ce seront les États pontificaux. Puis Pépin le Bref s’empare de la Septimanie (Languedoc) aux dépens des Omeyyades. Il progresse aussi en Bretagne et institue la Marche de Bretagne pour accroître la pression dans le secteur. Son fils Charles (Charlemagne) lui succède en 768 et commence par achever la soumission du duché d’Aquitaine.

La guerre entre Charlemagne et les Saxons, XIIIe siècle. Charlemagne reçoit la soumission de Widukind à Paderborn, Ary Scheffer, 1835, Château de Versailles.Puis il s’attaque aux Lombards en Italie. En 774, il s’empare de l’intégralité de leur royaume, à l’exception du duché de Bénévent au sud. Il progresse aussi aux dépens des Omeyyades qui ne subsistent plus qu’en Espagne sous la forme d’un émirat centré sur Cordoue, et il y crée sa Marche d’Espagne.

En 792, Charlemagne installe pour de bon sa capitale à Aix-la-Chapelle, où il peut prendre des bains propices à sa santé.  Après 30 ans de campagnes militaires, il soumet enfin les Saxons et leur chef Witukind en 785.

Plus au sud, il parvient à récupérer le duché de Bavière, puis il poursuit sa progression en direction du khanat des Avars plus à l’est. Leur campement (Ring) est capturé en 796 et Charlemagne peut créer les Marches de l’Est autour de Vienne. Seule ombre au tableau, c’est l’époque où les Vikings commencent leur premiers raids sur l’Angleterre et sur le continent...

La restauration de l’Empire d’Occident est concrétisée par le pape, qui couronne Charlemagne en l’an 800. Cela redynamise aussi le christianisme, perçu comme le fondement de l’identité romaine. Or, la longue séparation entre l’Orient et l’Occident a entraîné deux voies divergentes au sein de cette religion : à l’ouest, les catholiques s’alignent derrière le pape tandis qu’à l’est, les orthodoxes préfèrent suivre les patriarches d’Orient. Au siècle suivant, on va assister à une lutte d’influence entre ces deux tendances qui a surtout pour conséquence d’accélérer la christianisation de l’Europe. 

Les armées du khan bulgare Krum (en haut) et de l'empereur byzantin Michael I Rangabe (en bas) avant la bataille de Versinikia (813), Madrid, Chronique de Jean Skylitzès. En agrandissement, la défaite de l'empereur Michael I Rangabe dans la bataille de Versinikia, chronique de Constantin Manasses, XIVe siècle.

L'émergence douloureuse de la chrétienté médiévale

Au IXe siècle, l’Empire d’Orient confirme son déclin : il est grignoté par le khanat des Bulgares, qui profite de l’effondrement des Avars pour s’étendre fortement vers l’Ouest. Les Serbo-Croates gagnent la côte dalmate, ce qui isole Venise qui prend son indépendance vis-à-vis de l’empire byzantin. Les musulmans en profitent également pour conquérir la Crète et la Sicile. Ils ont plus de mal en Espagne où les chrétiens regagnent du terrain.  Cela n’empêche pas l’émirat de Cordoue d’atteindre un bel apogée artistique.

Louis le Pieux (au centre) représenté sur un manuscrit carolingien de l'abbaye St-Cybard d'Angoulême, Paris, BnF. En agrandissement,  Louis Le Pieux chasse son fils Pépin, roi d'Aquitaine, Grandes Chroniques de France, XIVe siècle, Paris, BnF, Gallica.Il en va de même dans l’empire carolingien, où Louis le Pieux a succédé à Charlemagne. Cependant, ses fils se comportent comme des enfants gâtés. Ils en viennent à se battre entre eux et contre leur père alors même que s'intensifient les raids vikings.

Finalement, la mort de Louis le Pieux débouche sur un partage de l'héritage de Charlemagne par les serments de Strasbourg en 842 et le traité de Verdun l'année suivante. C’est l’acte de naissance de la France et de l’Allemagne, tandis que la partie médiane de l'empire, la Lotharingie, qui englobe l’Italie, sera plus éphémère. C’est aussi l’époque où l’empire byzantin touche le fond avec la perte du duché de Naples et de la Sardaigne.

La fin de l’iconoclasme en 843, à Byzance, permet un Ier sursaut : le christianisme orthodoxe connaît alors une nouvelle vigueur, notamment grâce à l’invention de l’alphabet cyrillique qui permet de le diffuser auprès des peuples slaves. C’est aussi l’époque où les Scandinaves amorcent leur politique de colonisation : à l’est, en 856, les Varègues s'établissent à Novgorod, ce qui marque la naissance de la Russie.

Scène de la Reconquista, Alphonse X, Cantigas de santa Maria, Castille, XIIIe siècle, Paris, BnF.À l’ouest, les Vikings s’emparent de toute la moitié orientale de l’Angleterre, le Danelaw. Seul le Wessex leur résiste et s’impose comme l’embryon du futur royaume d’Angleterre. Les Vikings s’implantent aussi massivement à l'embouchure de la Seine, la Normandie. En 882, enfin, les Varègues s’emparent de Kiev qui devient la nouvelle capitale de leur État

L’empire carolingien  connaît une dernière période d’unité sous Charles le Gros avant de se désagréger définitivement sous l’essor de dynasties locales. En 888, les barons de Francie occidentale se donnent un premier roi issu de leurs rangs, le comte de Paris, Eudes. La Navarre en profite pour s’émanciper et va contribuer à la Reconquista aux côtés du royaume des Asturies.

L’empire byzantin bénéficie d'un regain de vitalité et regagne du terrain de part et d’autre de l’Adriatique. Mais un nouvel adversaire fait son irruption : les Magyars, lointains cousins des Huns, originaires des confins de la Volga et de l’Oural. Ils se fixent dans le bassin du Danube, où ils prendront bientôt le nom de Hongrois. De là, ils mènent des raids vers l’ouest qui s’ajoutent à ceux des Sarrasins et des Vikings. Cela finit par provoquer la chute des Carolingiens en Allemagne.

L'arrivée des Hongrois en Pannonie, manuscrit Képes Krónika Chronicon Pictum I, Budapest, bibliothèque nationale Széchenyi.

En Espagne, le royaume des Asturies connaît des troubles dynastiques et devient en 914 le royaume de León, mais le comté de Castille en profite pour affirmer son indépendance. L’émirat omeyyade se consolide et il s’empare notamment des Baléares. Fort de ces victoires, l’émir Abd al-Rahman III se proclame calife en 929.

Le roi Conrad Ier intronisé, Jacob van Maerlant, Spieghel Historiael, XIVe siècle. En agrandissement, Henri Ier l'Oiseleur, duc de Saxe.Livré à lui-même, le pape refuse de sacrer empereur le roi d’Italie, ce qui met fin à l’empire franc. Mais dans le même temps, l’Allemagne se redresse grâce à Conrad de Franconie, élu roi de Germanie par ses pairs en 911, et par son successeur le duc de Saxe Henri l’Oiseleur. Sous son expansion, l'Allemagne reprend son expansion vers l’est aux dépens des Slaves et elle récupère la Lotharingie aux dépens de la Francie occidentale. 

Toujours en 911, un chef viking a obtenu la cession de ce qui deviendra la Normandie, en échange du baptême. Dans le même temps, les Bretons repoussent avec vigueur les Vikings. Cela met fin aux raids vikings.

En Allemagne, Otton Ier succède en 936 à son père Henri l’Oiseleur. Il parvient à renforcer l’autorité royale aux dépens des pouvoirs locaux. Il intervient dans le royaume d’Italie qui est miné de l’intérieur et il s’empare de la couronne. Il peut ainsi mener la défense face aux raids des Hongrois contre lesquels il remporte une bataille décisive au Lechfeld en 955. Le pape vient de trouver son nouveau protecteur. En 962, il sacre Otton empereur à Rome : c’est l’acte de naissance du Saint Empire qui va durer 844 ans. Et peu avant ça dans les îles britanniques, le roi du Wessex a chassé les derniers Vikings et unifié l’Angleterre.

À la fin du Xe siècle, tous les signaux commencent à repasser au vert en Orient comme en Occident. Signe des temps, deux structures politiques se mettent en place qui subsisteront pendant plus de huit siècles : la dynastie des Capétiens en France, et le Saint Empire romain germanique en Allemagne. L’empire romain demeure une référence, mais cette fois, les Européens ont les outils pour aller au-delà. Et ils n'ont plus à craindre d'invasion extérieure. La chrétienté occidentale dans son ensemble connaît un renouveau et peut se féliciter d'avoir stabilisé les Scandinaves, les Hongrois et les Slaves en les convertissant au christianisme. Les années 962 à 987, du couronnement d'Otton à celui d'Hugues Capet, marquent symboliquement la fin du haut Moyen Àge et le début du renouveau médiéval. Partout en Europe se forment les embryons des États modernes.

Vincent Boqueho
Publié ou mis à jour le : 2021-02-10 09:53:28

 
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