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Premiers empereurs romains
Auguste (bronze antique)
• 16 janvier 27 av. J.-C. : Octave reçoit le titre d'Auguste
• 19 août 14 : avènement de Tibère
• 16 mars 37 : avènement de Caligula
• 24 janvier 41 : avènement de Claude
• 13 octobre 54 : avènement de Néron
• 19 juillet 64 : Néron face à l'incendie de Rome
• 9 juin 68 : la mort de Néron ouvre l'« année des quatre empereurs »
• 20 décembre 69 : Vespasien seul empereur à Rome
• 7 mars 161 : Marc Aurèle, le «sage au bord du précipice»
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Empereurs romains

Querelles de famille dans la maison d'Auguste


Rome ne s’est pas faite… ni défaite en un jour. Ce grandiose empire qui nous a tant donné offre à son apogée le spectacle d’une perpétuelle empoignade.

Cela commence avec César, assassiné cinq ans après sa prise de pouvoir. Son petit-neveu Auguste est assez chanceux pour mourir dans son lit après un long et glorieux règne. Mais dans le demi-siècle qui suit, de 14 à 69 de notre ère, quel carnage ! Sept empereurs et des meurtres en cascade.

La mort de Germanicus (Nicolas Poussin, 1627, Institute of Arts, Minneapolis)

César et Auguste, deux destins très différents

L'empereur Auguste est traditionnellement associé dans l'imaginaire occidental à son grand-oncle et père adoptif Jules César. Celui-ci, dilettante issu d'une illustre famille patricienne, révéla sur le tard son génie militaire, son courage et son charisme.

À sa mort, le futur Auguste a seulement 19 ans. Retors et brutal, homme à femmes quelque peu pervers, pleutre sur le champ de bataille, cruel à l'égard des vaincus, il va user de toutes les ressources de son esprit rusé pour éliminer ses rivaux.

Mais à la différence de César, il a l'habileté de respecter les formes républicaines du régime et de ne jamais prétendre à la monarchie. Il se contente de concentrer entre ses mains toutes les magistratures utiles et se satisfait du titre de Princeps senatus (le « premier du Sénat ») qui lui est attribué en 28 av. J.-C. (nous en avons tiré le mot prince).

Une fois son pouvoir bien établi, il va cultiver jusqu'à sa mort l'image d'un patriarche bienveillant et aux moeurs frugales, attentif à préserver la paix civile et soucieux d'éviter les guerres de conquête inutiles.

Trois mariages et pas d'héritier direct

Auguste, heureux dans presque toutes ses entreprises, a cependant échoué à assurer la transmission héréditaire du pouvoir en dépit d'une réputation méritée d'homme à femmes et de trois mariages... De sa deuxième épouse, il a une fille, Julie, qui sera son seul enfant légitime. Cela ne l'empêche pas de divorcer.

Livie (épouse d'Auguste, mère de Tibère et Drusus, 58 av. JC ; 29)C'est qu'il a des vues sur Livie (Livia Drusilla), une aristocrate de 18 ans. Certes, elle est mariée à un patricien dont elle a déjà eu un fils, Tibère, et dont elle porte le deuxième enfant, un garçon qui sera prénommé Drusus.

C'est un détail sans importance pour le maître de Rome. Il l'oblige à divorcer et l'épouse sur le champ.

Leur union sera longue et plutôt heureuse, ne s'éteignant qu'à la mort d'Auguste, 52 ans plus tard, mais elle restera stérile.

Faute de fils pour lui succéder, l'empereur demande à son ami et complice Agrippa d'épouser sa fille.

Agrippa (43 ans) se sépare donc de sa précédente épouse et se marie avec Julie (17 ans), non sans réticence car si sa nouvelle épouse est belle, elle est aussi réputée pour son inconduite. Le couple aura cinq enfants en dix ans, avant que ne meure Agrippa ; trois garçons : Gaius Caesar, Lucius Caesar, Agrippa Postumus, et deux filles : Julie et Agrippine.

Auguste place ses espoirs en Caïus et Lucius pour lui succéder et les adopte dès avant leur naissance. 

À la mort de leur père Agrippa, en 12 av. J.-C., il les confie à son beau-fils Tibère. Surnommés les « Princes de la Jeunesse », ils ont toutes les qualités souhaitables. Mais l'un et l'autre ne tardent pas à mourir.

Le vieil empereur adopte alors, en vue de sa succession, son troisième petit-fils Agrippa Postumus.

Sur les instances de Livie, il adopte aussi et surtout son beau-fils Tibère, un homme capable mais avec lequel il n'a guère d'affinités. Il lui demande d'épouser sa fille Julie, veuve d'Agrippa.

Ces arrangements tournent court. Agrippa Postumus est exilé en raison de son caractère violent et de ses relations troubles avec sa soeur Julie la Jeune. Celle-ci et sa mère Julie l'Aînée sont exilées à leur tour en raison de leur inconduite notoire.

L'empereur s'éteint en pleine gloire à 76 ans, le 19 août de l'an 14 après J.-C., dans les bras de Livie.

Antonia minor avec son fils Germanicus et son mari Drusus ; sa soeur aînée Antonia major et son fils Cnaeus Domitius Ahenobarbus, futur mari d'Agrippine (Autel de la Paix d'Auguste, Rome)

Embrouilles familiales

C'est en définitive Tibère qui  hérite à 56 ans de l'oeuvre immense de César et d'Auguste ! Rome lie son destin pour un demi-siècle à la dynastie julio-claudienne, issue tout à la fois de la gens Julia (Auguste) et de la gens Claudia (Livie).

Frise chronologiqueQuelques mois après son accession au principat, Agrippa Postumus trouve la mort dans son lointain exil, sans doute sous l'effet du poison. L'épouse indigne Julie meurt pareillement.

Ces deux assassinats seront inscrits au passif de Tibère par les historiens Tacite et Suétone mais sans doute ont-ils été plus vraisemblablement ordonnés par sa mère Livie, pour des raisons d'État et par haine personnelle.

La guerre fait rage entre Séjan, tout-puissant préfet du prétoire, et Agrippine l'Aînée, qui soupçonne Tibère d'avoir laissé empoisonner son mari Germanicus.

Tibère va prendre du repos à Capri. Il appelle auprès de lui le troisième et dernier fils d'Agrippine, surnommé « Caligula » par les légionnaires du temps où il accompagnait son père à la guerre. Sur lui reposent les espoirs de perpétuation de la famille julio-claudienne.

Là-dessus, coup de théâtre. On révèle à Tibère l'ambition démesurée de Séjan et la manière dont il a fait disparaître le propre fils de l'empereur en vue d'hériter du pouvoir. 

Trahi par celui en qui il avait placé toute sa confiance, Tibère va se montrer impitoyable. Il rentre à Rome, fait condamner Séjan par le Sénat, l'exécute sur place et proscrit sa famille et ses proches.  Fuyant les complots, il choisit de se réfugier définitivement à Capri... sans toutefois se livrer aux turpitudes dont l'accusent Suétone et Tacite...

Au printemps 37, le 16 mars, le voilà qui étouffe et s'évanouit, victime d'une crise cardiaque. On le croit mort. Las, il revient à lui. Jugeant qu'il avait assez vécu, le nouveau préfet du prétoire Macron prend le parti de l'étouffer. Il a 79 ans.

Excès en tous genres

L'avènement de Caligula (25 ans) se présente sous les meilleurs auspices. Le jeune homme desserre les cordons de la bourse et proclame une amnistie générale.

Mais le rêve ne dure pas. Au bout de sept ou huit mois, en octobre 37, son attitude change du tout au tout, sans doute à la suite d'une maladie neuronale. Il devient imprévisible et violent.

L'empereur se fait adorer comme un dieu, donne le titre de consul à son cheval préféré, vit maritalement avec sa soeur Drusilla et exile les deux autres, Agrippine la Jeune et Livilla.

Il est assassiné à 28 ans, le 24 janvier 41, par des officiers de sa garde prétorienne qui ne supportaient plus les humiliations dont ils étaient l'objet.

Maîtres de l'empire et ne sachant qu'en faire, les prétoriens décident, sur la suggestion d'un simple soldat, de le remettre à l'oncle de l'empereur défunt, Claude (50 ans). Ils le repèrent caché derrière une tenture et tremblant de subir le sort de Caligula et des autres membres de sa famille.

Un empereur romain (assassinat de Caligula et proclamation de Claude) (Alma-Tadema, 1871, Walters Art Museum, Baltimore)

Claude, frère cadet de Germanicus, est le petit-fils de Livie par son père, d'Octavie (soeur d'Auguste) par sa mère. Son bégaiement lui a permis de vivre à l'écart des complots. Une fois au pouvoir, il va administrer sagement l'empire en restaurant les traditions et en répartissant les secrétariats entre ses affranchis, Pallas, Narcisse, Callistus et Pallas.

MessalineMais il va être victime de sa libido. Marié plusieurs fois, Claude a eu de sa première femme une fille qu'il fait exposer, la soupçonnant d'être le fruit d'un adultère ! Bien entendu, il a répudié cette première épouse et également la seconde. Mais ce fut pour épouser ensuite Messaline (14 ans), dont il a eu deux enfants, Octavie et Britannicus.

Petite-fille d'Antonia la Jeune, Messaline témoigne de moeurs extrêmement libres comme beaucoup de matrones de la haute société romaine de cette époque.

En 48 de notre ère, les affranchis font croire à Claude que les augures ont prédit la mort du « mari de Messaline » dans l'année. Messaline est entraînée dans une mascarade de noce avec son amant du moment, au cours de laquelle elle répudie l'empereur ! Là-dessus, Claude survient et la fait mettre à mort.

Claude, qui approche de la soixantaine, ne veut pas en rester là et jette son dévolu sur sa nièce Agrippine la Jeune, de vingt-six ans sa cadette. Elle est la soeur du défunt Caligula. Par sa grand-mère maternelle Julie, elle descend en ligne directe d'Auguste.

D'un premier mariage, Agrippine a eu un fils, Néron.

Dans le désir de livrer l'empire à son fils unique, Agrippine obtient pour son fils la main d'Octavie, fille de Claude. Puis elle convainc Claude de l'adopter et fait éloigner Britannicus, le propre fils de l'empereur.

Craignant enfin d'être évincée, Agrippine empoisonne l'empereur et convainc la garde prétorienne de proclamer Néron empereur. 

Néron se montre d'abord bienveillant et débonnaire. Il n'en fait pas moins assassiner Britannicus afin d'éliminer un rival dont pourrait se servir sa propre mère.

Puis il noue une liaison avec la belle Poppée Sabrina, une femme plus âgée que lui.

À l'instigation de sa maîtresse et sans doute aussi sur les conseils de son précepteur Sénèque qui s'inquiète de l'autoritarisme d'Agrippine, il décide d'assassiner celle-ci en 59. Là-dessus, en 62, Néron répudie Octavie et se remarie avec Poppée.

Sous l'influence de sa femme, il sombre dans la démesure, voire la démence. Il prend part aux jeux du cirque et fait des tournées de chant... Enfin, lassé de tout, il part en Grèce participer aux Jeux Olympiques de 66. Il en revient en ayant triomphé dans toutes les épreuves - faut-il s'en étonner ? -.

Des rébellions éclatent dans différentes cités de l'empire. Néron est déclaré ennemi public par le Sénat. Se voyant perdu, il supplie son secrétaire Épaphrodite de le tuer. « Quel artiste meurt avec moi ! » aurait-il alors murmuré. Sa mort met fin à la dynastie julio-claudienne et ouvre une brève période de guerre civile, l'« année des quatre empereurs ».

L'empire romain à son apogée

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L'empire romain à son apogée (cartographie Herodote.net)
Cette carte montre l'empire romain dans sa plus grande extension (fin du Ier siècle après J.-C.). Au centre de cet immense empire était la mer Méditerranée, que les Romains appelaient avec orgueil et non sans justesse Mare Nostrum (Notre mer).

Cet empire est aujourd'hui éclaté en États rivaux que divisent la langue, la politique, la religion, la société et l'économie.


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Publié ou mis à jour le : 2016-02-14 15:46:31

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Grabinoulor (27-03-201623:36:13)

Il me semble que Marguerite Yourcenar, dans son ouvrage passionnant Les Mémoires d'Hadrien, affirme l'homosexualité d'Hadrien au point que sa femme se consolait qu'il la trompâ, puisque c'était avec un homme !
Quelqu'un pourrait-il confirmer ?

Gilles (17-02-201621:26:01)

Il n'est vraiment de valeurs que d'hommes dans cette Histoire romaine délirante, et l'on peut dire actuellement qu'il nous manque ces valeurs et l'homme qui doit aller avec! Espérons le au plus vite!
GM


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