Une énigme française

Pourquoi les trois quarts des Juifs en France n'ont pas été déportés

Cinquante ans après le film Le Chagrin et la Pitié qui décrivait une France pétainiste, soumise et antisémite, allons-nous enfin réviser notre vision des Français sous l'Occupation ?
— Non, la grande masse des Français n'étaient pas des antisémites et des délateurs.
— Oui, la plupart des Français, y compris parmi les agents de l'administration, ont protégé les Juifs dans la mesure du possible, contre la volonté de Vichy et de l'occupant allemand.

C'est la conclusion à laquelle était déjà arrivé Serge Klarsfeld en 1983 (Vichy-Auschwitz, Fayard, 1983). C'est la conclusion à laquelle est aussi arrivé Jacques Semelin en 2013 (Persécutions et entraides dans la France occupée. Comment 75% des juifs en France ont échappé à la mort, Les Arènes/Le Seuil, Paris, 2013).

Une énigme française (Jacques Semelin avec Laurent Larcher, Albin Michel, janvier 2022, 228 pages, 19 euros)Dépité par l'indifférence portée à ses résultats de recherche, l'historien s'est fendu ce mois-ci d'un livre émouvant, en collaboration avec le journaliste de La Croix Laurent Larcher : Une énigme française, Pourquoi les trois quarts des Juifs en France n'ont pas été déportés (Albin Michel, janvier 2022). 

Avec beaucoup de coeur, il raconte ses rencontres avec les juifs qui ont traversé l'Occupation sans encombre et osent à peine l'avouer. Il fait part aussi de ses échanges musclés avec l'historien Robert Paxton et de ses rencontres autrement plus amènes avec Simone Veil, Pierre Nora, Serge Klarsfeld ou encore Robert Badinter. Ce dernier ne ménage pas ses critiques à l'endroit du discours du Vél d'Hiv de Jacques Chirac (16 juillet 1995).

C'est une nouvelle vision de la France des années noires qui surgit. Mais aussi une demande de contrition de la part des médias et des intellectuels d’aujourd’hui... Songeons que le 28 janvier 1999, l’écrivain Philippe Sollers publiait dans Le Monde une tribune intitulée : La France moisie, dans laquelle il crachait son mépris haineux sur ses compatriotes des campagnes, avec des références appuyées à la France de l’Occupation. S’il y a bien aujourd’hui une France « moisie », c’est celle de Philippe Sollers et de son milieu d’intellectuels déconnectés du pays réel, qui communient en parfaite intelligence avec leurs homologues étasuniens mais semblent pour la plupart ignorer la convivialité populaire qui anime la France du bas.

Disons-nous que si les médias avaient débattu comme il convient de la thèse de Jacques Semelin en 2013, sans doute n’aurions-nous pas aujourd'hui un débat pour le coup très glauque sur la question de savoir si Pétain lui-même, dans son infinie mansuétude, aurait participé au sauvetage des « Français israélites » (expression employée à l’époque pour désigner les juifs français).

Preuve qu’à vouloir enterrer un débat compliqué, on s’expose à le voir ressurgir un jour ou l’autre sous une forme beaucoup plus violente.

Les historiens ne devraient pas s'en tenir aux archives !

Tout commence en 1973, il y a un demi-siècle : dans son livre à succès, La France de Vichy, l’historien américain Robert Paxton décortique les archives officielles afin de nous éclairer sur le gouvernement de Vichy et sa complicité dans la déportation des Juifs.

Trente ans plus tard, l’historien franco-israélien Alain Michel ne procède pas autrement dans Vichy et la Shoah, enquête sur un paradoxe français (CLD, 2012) mais c'est en vue de comprendre pourquoi la majorité des Juifs de France n’avaient pas été déportés ! Lui-même nous indique qu’il a travaillé sur la question en ayant découvert que sa famille, juive et française de longue date, n’a pas connu les horreurs de la déportation à la différence de sa belle-famille, originaire de Pologne. 

Au prix d’une argumentation serrée, l’un et l’autre arrivent à des conclusions opposées : Paxton assure que les autorités de Vichy et une bonne partie des Français ont soutenu sans état d’âme les demandes allemandes ; Michel montre au contraire qu’ils ont fait leur possible pour les freiner, du moins en ce qui concerne les Juifs français.

Que faut-il en conclure ? Que l’exploitation des archives, si honnête qu’elle soit, n’est pas suffisante pour expliquer le sauvetage de trois quarts des juifs de France, un ratio très supérieur à ce qui a été observé dans tous les autres pays soumis à la botte nazie, à l’exception de  quelques pays comme l’Italie et le Danemark, qui avaient des communautés israélites beaucoup plus restreintes.

On en vient à la troisième piste, celle qu’a explorée l’historien Jacques Semelin : l’enquête de terrain ! Connu pour sa thèse universitaire sur la résistance civile au nazisme, Sans armes face à Hitler (Payot, 1989), Jacques Semelin a ensuite enquêté sur les crimes de masse. Quelque peu éprouvé par ces recherches, il a accueilli avec chaleur une suggestion qui lui a été faite par Simone Veil, un jour de 2008, d’enquêter sur les raisons pour lesquelles 75% des juifs de France ont pu échapper à la mort. Il a donc pris le parti de sonder les derniers survivants juifs de cette époque et de leur demander comment ils avaient survécu à l’Occupation et aux rafles.

Comment naît une mauvaise réputation

Revenons au commencement de l'affaire. Avec sa France de Vichy, Robert Paxton a démoli la thèse développée vingt ans plus tôt, en 1954, par Robert Aron dans Histoire de Vichy (1940-1944), selon laquelle Vichy aurait tenté de minimiser la pression de l’occupant sur le pays et joué la fonction du « bouclier », de Gaulle jouant à Londres le rôle du « glaive ».  

L’historien américain a ainsi considéré que le gouvernement de Vichy et une bonne partie des Français étaient foncièrement antisémites et complices des nazis. « Au lieu de demander pourquoi comment tant de Juifs ont survécu en France, il faudrait demander pourquoi tant ont péri, étant donné le potentiel qu’avait le pays pour aider ou cacher les victimes, » déclare-t-il (Vichy et les Juifs). Si les trois quarts des 320 000 juifs français et étrangers ont pu être sauvés, c’est selon lui grâce à l’action héroïque d’environ 3000 « Justes » et de quelques autres « êtres humains exceptionnels ».

Le Chagrin et la Pitié (1971, Marcel Ophüls), doc GaumontHasard du calendrier ? Deux ans auparavant, en 1971 est sorti sur les écrans un film de Marcel Ophüls, Le Chagrin et la Pitié, premier film documentaire sur la période de l’Occupation. Il montre des Français soumis et abattus, antisémites et prompts à dénoncer leur voisin.

Simone Veil, qui était à l’époque au conseil d’administration de l’ORTF (la télévision d’État), s’opposa à la diffusion télévisée du film car, dit-elle sur Europe 1, « en montrant que tous les Français avaient été des salauds, ceux qui l’ont été vraiment avaient très bonne conscience puisqu’ils l’étaient comme les autres ». Mais dans le même temps, comme pour accréditer la thèse du film, le souvenir de la Milice revint en force avec la grâce malencontreuse accordée à l'ex-milicien Paul Touvier par le président Pompidou le 23 novembre 1971.

Confortée par le livre de Paxton, cette image glauque de la France sous l’Occupation va imprégner dès lors toute la filmographie française, jusque-là plutôt centrée sur la France résistante. Elle va conduire aussi à la déclaration du président Jacques Chirac du 16 juillet 1995, deux mois après son élection, lors de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français… » Jusque-là, rien à dire, il s’agit d’un fait objectif. Et puis, il y a la phrase malheureuse qui est la seule que l’on va en définitive retenir de ce discours plutôt bien enlevé dans l’ensemble : « La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »

Robert Badinter, l’ancien garde des sceaux de François Mitterrand, interrogé par Jacques Semelin le 28 avril 2021, s’en indigne : « Le discours de Chirac est plein d’émotion, littérairement accompli, nommant avec des mots forts la souffrance des Juifs, leur persécution et leur déportation. Mais sur le plan juridique et politique, il ne résiste pas à l’analyse ». Il y manque deux mots : « de Vichy », car c’est de « la France de Vichy » qu’il eut fallu parler et non de la France tout court car celle-là, dans les villages et les villes, protégeait tant bien que mal les juifs ; c’était aussi bien évidemment celle-là qui à Londres et Bir Hakeim, menait le combat contre le Mal.

Christine Albanel, qui a rédigé le discours et sera plus tard ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy, est interrogée à son tour par Jacques Semelin : « Tout discours a ses règles d’écriture. Il aurait été plus exact de parler du gouvernement de Vichy, admet-elle. Mais comme ce mot Vichy revenait souvent dans le texte, j’ai voulu éviter une nouvelle répétition pour une question de style ». Une question de style, voilà à quoi tient l’Histoire…

Jouant la surenchère, une délégation d’évêques français déclara le 30 septembre 1997 à Drancy que « devant l'ampleur du drame et le caractère inouï du crime, trop de pasteurs de l'Église ont, par leur silence, offensé l'Église elle-même et sa mission. (…) Nous confessons cette faute. Nous implorons le pardon de Dieu et demandons au peuple juif d'entendre cette parole de repentance ». C’était tenir pour nul et non avenu la participation d’un grand nombre de fidèles catholiques et de clercs à la protection des Juifs, telle que l’ont montrée Serge Klarsfeld et Jacques Semelin.

C'est ainsi que s'est construit l'image d'une France « moisie »... Jusqu'à quand tiendra-t-elle ?...

L'enquête que l'on veut ignorer

Un an après la sortie du livre d’Alain Michel, Vichy et la Shoah, le travail de Jacques Semelin a donné lieu à la publication d’un ouvrage de près de mille pages, avec le soutien de l’éditeur Jean-Claude Guillebaud : Persécutions et entraides dans la France occupée. Comment 75% des juifs en France ont échappé à la mort (Les Arènes/Le Seuil, Paris, 2013).

À la grande déconvenue de l’auteur, le livre a été quasiment ignoré par les médias, à l’exception de La Croix et du Figaro. Le Monde, par exemple, lui a consacré seulement une notule, alors que le livre de notre ami Alain Michel a donné lieu à un très vif débat sur le rôle de Vichy dans la Shoah dont Herodote.net s’est fait l’écho. Les journalistes ont-ils été rebutés par les mille pages du livre de Jacques Semelin ? Peut-être.

Afin de lever l'obstacle, le chercheur a sorti en 2018 une version abrégée et illustrée de son livre, en 356 pages seulement (!) : La survie des juifs en France, 1940-1944 (CNRS, 2018), avec une préface de Serge Klarsfeld, l'inspirateur du Mémorial de la Shoah. Il relate l'environnement globalement bienveillant dont ont bénéficié les Juifs, en dépit de l'occupation allemande et des mesures d'exclusion menées par Vichy.

C'est un phénomène que Serge Klarsfeld lui-même avait observé quand il avait publié Vichy-Auschwitz en 1983. Il concluait son livre par ce paragraphe : « Les Juifs de France garderont toujours en mémoire que, si le régime de Vichy a abouti à une faillite morale et s'est déshonoré en contribuant efficacement à la perte d'un quart de la population juive de ce pays, les trois quarts restants doivent essentiellement leur survie à la sympathie sincère de l'ensemble des Français ainsi qu'à leur solidarité agissante à partir du moment où ils comprirent que les familles juives tombées entre les mains des Allemands étaient vouées à la mort. » Le mot capital dans ce paragraphe est ensemble !

Cela dit, Jacques Semelin prévient le lecteur : « Pour autant, il ne s'agit aucunement d'une histoire rose des juifs de France. L'occupant et Vichy font de ceux qu'ils persécutent des individus déclassés, acculés à une vie souvent misérable. Et le danger de l'arrestation plane sur eux jusqu'à la fin. Encore une fois, n'oublions jamais tous ceux qui ont été pris puis déportés sans retour. » Si beaucoup de juifs ont heureusement survécu, grâce à leur capacité de résilience, grâce aussi à un milieu rural favorable, grâce enfin au soutien des Français, ils n'en furent pas moins chassés des emplois publics et très souvent spoliés de leurs biens.

Le croira-t-on ? La nouvelle édition n’a pas eu plus d’écho que la première édition ! Explication probable : comme le travail de Serge Klarsfeld, elle vient trop ouvertement contredire l'image d'une France massivement antisémite et  « moisie » dont se repaissent les médias depuis un demi-siècle.

Dans les coulisses de l'enquête

Jacques Semelin vient donc de tenter un troisième essai avec Une énigme française, dans lequel il raconte son enquête. Le livre se lit plus comme un roman d'aventures que comme un travail d'universitaire.

En conformité avec les travaux les plus récents comme ceux de l'historien Laurent Joly (L'État contre les Juifs, Grasset, 2018), Serge Klarsfled et à sa suite Jacques Semelin confirment que les persécuteurs actifs des Juifs étaient minoritaires, voire très minoritaires.

Faisant fi des idées convenues, Laurent Joly a par exemple montré que les lettres de dénonciation qui visaient des Juifs se comptaient au nombre de 3 000 environ, un nombre excessivement bas, équivalent au nombre de « Justes » officialisés par Yad Vashem. Songeons avec Jacques Semelin qu'il suffit d'une lettre pour envoyer une famille à Auschwitz mais qu'il faut la solidarité et à tout le moins la discrétion de tout un village ou tout un quartier pour protéger cette famille pendant tout le cours de l'Occupation. Cela permet de mesurer le haut niveau de santé mentale et morale de la population française dans ces années sombres.

Pour ses recherches, Jacques Semelin s'est appliqué à interroger les juifs qui n'avaient pas été déportés sur la façon dont ils avaient vécu l'Occupation. C'est un travail d'enquête qui n'avait jamais encore été fait, les chercheurs s'étant jusque-là intéressés seulement aux survivants de la déportation. L'historien s'est chaque fois heurté à la surprise de ses interlocuteurs. « Je n'ai pas grand-chose à vous dire » était la première réaction de ces octogénaires qui gardaient mauvaise conscience d'avoir traversé l'Occupation sans encombre. Mais que de surprises quand ils en venaient à se confier !

Le Vieil homme et l'enfant (Claude Berri, 1967)Le premier, Adryen Bornstein, né en 1938 au foyer d'un ingénieur de l'armement né à Varsovie, raconte comment sa famille a dû se replier dans sa maison de campagne dans l'Indre : « Là, je n'ai que de bons souvenirs », confie-t-il à la stupéfaction de l'enquêteur. Denis Lindon (frère de l'éditeur Jérôme Lindon) lui confie sur le même ton : « Vous savez, je n'ose pas le dire... (silence...) J'ai passé à Blot-l'Église (Puy-de-Dôme) ce qui fut peut-être l'une des plus belles années de mon existence ». Il est vrai que ces témoins avaient alors l'âge de l'innocence et échappaient pour partie à l'angoisse qui devait oppresser les adultes. Madeleine Scherman, qui est restée à Paris, raconte : « Je circulais avec mon étoile, sans jamais être vraiment inquiète, même le jour où je me suis retrouvée assise dans le métro entre deux soldats allemands, ils ne me prêtèrent d'ailleurs aucune attention  ».

Les témoins disent aussi n'avoir pas subi des formes d'antisémitisme à la campagne, au moins avant 1944. Les villageois, la maréchaussée et le maire, même s'ils affichaient des opinions maréchalistes et antisémites, ignoraient à quoi pouvait ressembler un juif. Ils n'en avaient cure et, comme le note Simone Veil, s'ils avaient des soupçons sur l'origine des enfants placés dans les fermes par la protection sociale de l'enfance, du fait de leur accent étranger, ils faisaient mine de n'en rien voir. Le film autobiographique de Claude Berri, Le vieil homme et l'enfant, illustre bien cette situation. Il est vrai qu'il a été réalisé en 1967, avant Le Chagrin et la Pitié.

Jacques Semelin note aussi une forme de schizophrénie dans l'administration. Elle évince les juifs des fonctions publiques et parfois prête son concours aux rafles et aux  arrestations. Mais dans le même temps, elle continue de verser des pensions aux veuves de guerre juives. Elle verse aussi des allocations sociales à des réfugiés juifs, apprend Jacques Semelin.

Elle ne fait pas non plus d'objection à ce que les enfants juifs continuent de fréquenter l'école publique, un cas unique dans l'Europe nazie à l'exception du Danemark. Comment ne pas évoquer à ce propos le souvenir qui a arraché des larmes à l'historien Pierre Nora : « Pour mes parents, le plus important était mes résultats scolaires. Nous vivions pourtant constamment dans la peur : je me souviens qu'un jour un homme est entré dans ma classe et a lu mon nom sur une liste qu'il tenait dans ses mains. Pensant qu'on venait m'arrêter, j'ai manqué de m'évanouir. C'était en fait un employé du lycée qui venait me donner les félicitations du conseil de classe... »

« Tout se passe comme si la main droite de Vichy ignorait ce que faisait au même moment sa main gauche », opine Jacques Semelin. Cela peut se comprendre si l'on se rappelle que l'entourage de Pétain était constitué certes d'absolues ordures (Darquier de Pellepoix,  Commissaire général aux questions juives), mais aussi et surtout de personnalités politiques de la IIIe République, souvent issues de la gauche et venues à la Collaboration par pacifisme. Le jeune François Mitterrand lui-même, qui travailla à Vichy et s'engagea à partir de 1942 dans la clandestinité, avait comme beaucoup de jeunes bourgeois, avant la guerre, manifesté contre les étrangers et les juifs polonais. Mais son antisémitisme s'arrêtait là.

Jacques Semelin rappelle avec Serge Klarsfeld que, plus d'une fois, l'occupant et le gouvernement de Vichy lui-même ont dû annuler, qui une rafle, qui une loi de dénaturalisation des Israélites, par crainte de se heurter à l'opinion publique, aux agents de la force publique ou au clergé catholique. Aurait-il été possible de faire beaucoup mieux ?... Le débat reste ouvert et c'est tant mieux.

S'il fallait retenir quelque chose d'Une énigme française, c'est que ce livre nous démontre et nous rappelle que l'Histoire est une matière vivante et passionnante, avec infiniment de nuances, et qu'il importe de l'aborder sans parti pris et sans jugement. 

André Larané

Le film documentaire ci-dessous, Mémoires de civils, présente « l'Occupation racontée par nos grands-parents ». Il a été réalisé en 2013 par Aladin Farré pour Herodote.net :

La France sous l'Occupation, écartelée en pas moins de six zones !

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Envahie en six semaines par les armées hitlériennes en mai-juin 1940, la France se résigne à l'occupation de la plus grande partie de son territoire.
Par la convention d'armistice du 22 juin 1940, le gouvernement du Maréchal Pétain, établi à Vichy, se voit reconnaître une autonomie de façade sur le reste du territoire : c'est la « zone libre ». Celle-ci est à son tour envahie par la Wehrmacht le 11 novembre 1942, suite au débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord, ce qui réduit à presque rien les marges de manoeuvre du gouvernement de Vichy.
Les troupes allemandes chargées du maintien de l'ordre dans la zone d'occupation se montent à l'automne 1941 à 80 000 hommes. Elles sont rattachées au Militärbefehlshaber in Frankreich (« commandement militaire en France », MBF). Il s'y ajoute 320 000 soldats pour la surveillance des côtes ainsi que des troupes chargées de la répression, les Landesschützen. Ces effectifs vont dépasser les 600 000 hommes en novembre 1942, avec l'occupation de l'ensemble du territoire, et le million en 1944, à la suite du débarquement de Normandie.


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La Shoah
Publié ou mis à jour le : 2022-02-01 08:36:52

 
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