Mirabeau (1749 - 1791)
« Quand je secoue ma terrible hure, il n'y a personne qui osât m'interrompre »
Corrompu et jouisseur, le visage enlaidi par la vérole, Mirabeau n'en jouit pas moins d'une très grande popularité due à son talent d'orateur. «Quand je secoue ma terrible hure, il n'y a personne qui osât m'interrompre», dit-il, comparant sa tête à celle d'un sanglier. Il n'a pas de scrupule à mettre son talent d'orateur, sa popularité et son intelligence politique au service du roi après la séance fameuse du Jeu de Paume... en se gardant bien de le faire savoir au peuple à ses collègues députés qui lui font confiance. Il écrit à Louis XVI le 10 mai 1790 : «Je promets au roi loyauté, zèle, activité, énergie et un courage dont peut-être on est loin d'avoir une idée». Il lui suggère d'organiser un parti à sa dévotion au sein de l'Assemblée, voire de corrompre certains adversaires. Dans la pire des éventualités, il envisage un coup de force, le roi s'éloignant de Paris et y revenant avec des troupes pour dissoudre l'Assemblée. Mais Mirabeau meurt trop tôt pour mener ses projets à leur terme. S'illusionnant sur son honnêteté, l'Assemblée lui décerne, trois jours après sa mort, le 5 avril 1791, l'honneur d'être inhumé en l'église Sainte Geneviève, transformée pour l'occasion en Panthéon des gloires nationales. Il en sera exclu le 21 septembre 1794, après qu'auront été découvertes les preuves de sa duplicité.








