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Kennedy

Une famille, un président, un mythe


André Kaspi (André Versaille, 352 pages, 24 euros,  2013)

Kennedy

Un président doué, une famille exemplaire, une Amérique sensibilisée aux forceps à l’instauration des droits civiques… Le président des États-Unis assassiné à Dallas le 22 novembre 1963 a été élevé au rang d’icône politique.

L'historien André Kaspi, qui n'en est pas à son coup d'essai, vient de publier une biographie de John Fitzgerald Kennedy axée sur sa personnalité. C'est une pierre de plus au chantier de la démystification Kennedy. Le spécialiste de l’histoire des États-Unis rétablit ici de nombreuses vérités. Sans fioritures, il inscrit le parcours de l’homme politique au sein de son histoire familiale, personnelle – qui fut pour beaucoup dans son accession au pouvoir – tout en le remettant dans le contexte de l’époque.

Une présidence «de mille jours», décrochée de justesse face à Richard Nixon le 20 janvier 1961, où ni l’argent ni le programme politique n’ont joué de place décisive. Une présidence marquée à l’international par la montée du communisme, notamment en Amérique Latine, la crise de Berlin, l’embargo sur Cuba, la défaite de la Baie des Cochons et la guerre du Vietnam.

Sans exercer d’influence profonde sur la politique étrangère des États-Unis, Kennedy eut à cœur le rôle de son pays dans le concert des nations.

À l’échelle nationale, si le président entame une «guerre contre la pauvreté», sensible aux frémissements qui annoncent le changement dans les rapports sociaux, interraciaux, le rôle des femmes, la santé, l’enseignement…, il agit en politicien expérimenté, avec lenteur et prudence.

Sportif, héros de guerre, jeune et séduisant, Kennedy est un homme de l’action, de la «vigueur», qui sait s’entourer et surtout écouter.

Le président démocrate est la coqueluche des médias, qu’il utilise à son avantage. En constante représentation, il manie à la perfection les ficelles de la popularité, pratiquant souvent l’humour. Kennedy est «un homme qui n’est jamais surpris mais s’efforce de surprendre». Tout n’est pas que verni. À l’aube de «l’assassinat du siècle», ce self made man de l’intellect a gagné ses galons de président à force de lutte constante et il laisse, en 1963, une Amérique plus riche qu’en 1961.

Entretenu puis décrié, le mythe Kennedy a tiré sa force du choc de la jeunesse avec la mort. Selon André Kaspi, il s’y cache derrière un «homme d’État ambivalent, cultivé et curieux de tout, qui a laissé à son pays un héritage ambigu», et qui avait acquis, à 46 ans, une maturité qui impressionnait déjà ses contemporains.

Camille Barbe


Publié ou mis à jour le : 10/06/2016 09:42:47

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