1561 à 1598

Huit guerres de religion

En 1519, en pleine Renaissance, commencent les prédications de Luther. Pendant les 40 années qui suivent, de nombreux Français des classes aisées se rallient à la religion « réformée » (on dira plus tard « protestante »).

La France connaît dans cette période quelques poussées de haine et de violence mais rien qui ressemble à une guerre civile. Sous le règne de François Ier, cela va de l'affaire des placards (1534) à la répression des pacifiques Vaudois, dans les Alpes (1545). Sous le règne de son fils Henri II, quelques centaines de personnes sont aussi livrées au bourreau sous l'inculpation d'hérésie.

Les choses se gâtent après la mort tragique du roi Henri II, en 1559. Le défunt n'a que de jeunes enfants pour lui succéder et sa veuve Catherine de Médicis assure la régence. Les protestants français veulent tirer avantage de cet affaiblissement de la monarchie. Il va s'ensuivre une intensification des troubles et, pendant près de quarante années (1561-1598), une succession de guerres civiles entrecoupées de trêves. Chroniqueurs et historiens en identifieront huit. C'est seulement à partir de 1596 qu'on les appellera « guerres de religion » ou « de religions »...

André Larané
Menaces sur la dynastie

Disciples de Calvin plutôt que de Luther, surtout implantés dans le Midi, les protestants sont seulement deux millions sur seize millions d'habitants mais ils ont avec eux le tiers de la noblesse française. Certains de ces protestants sont séduits par le modèle de république oligarchique dont leurs coreligionnaires hollandais donnent l'exemple. Ils songent à l'acclimater en France.

Ils ont avec eux deux grandes familles du royaume :

• Les Bourbons, représentés par Antoine de Bourbon, devenu roi de Navarre du fait de son mariage avec Jeanne d'Albret, et son frère, le prince Louis II de Condé (un troisième frère, Charles de Bourbon, est archevêque de Rouen et demeure bien entendu catholique),
• Les Montmorency, qui se disent « premiers barons de la chrétienté » ! Tandis que le vieux connétable Anne de Montmorency est resté catholique, ses deux neveux, l'amiral Gaspard de Coligny et le lieutenant-général d'infanterie François d'Andelot, de grands soldats comme lui, sont passés à la Réforme. Un troisième, le cardinal Odet de Châtillon, en prend le chemin.

De leur côté, les nobles catholiques, dont la famille lorraine des Guise, aspirent à imposer leurs volontés à la famille royale. Le duc François de Guise, dit le Balafré, populaire du fait qu'il a rendu Calais à la France, est l'oncle de la reine Marie Stuart, épouse du jeune François II (15 ans). Il lui revient de diriger le gouvernement avec son frère Charles, cardinal de Lorraine.

Cela déplaît à Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et à son frère Louis de Condé, très proches du trône mais tenus à l'écart du fait qu'ils sont réformés ou protestants.

À leur instigation, des conjurés protestants tentent à Amboise, en 1560, d'enlever le roi. Il va s'ensuivre pendant plus de trois décennies, de 1561 à 1598, une alternance de massacres et de trêves qui mettra principalement aux prises les gentilshommes (ou nobles) des deux religions...

La famille royale est ballotée entre les deux camps et menacée par l'un autant que par l'autre.

Le peuple pâtit indirectement de ce long conflit du fait de massacres occasionnels et d'une mauvaise administration. Il s'ensuit la mort violente de près de deux millions de personnes, soit un dixième de la population, victimes des troubles, davantage du fait des famines, des maladies et des disettes que des guerres proprement dites.

Notons que les réformes protestantes de Luther, Calvin ou encore Zwingli sont le prétexte à des guerres intestines dans plusieurs pays européens.
• En Suisse, les cantons se déchirent en fonction de leurs options religieuses.
• En Angleterre, le roi Henry VIII jette les bases de l'église anglicane, dont il s'érige en chef suprême.
• Dans les Pays-Bas, la Réforme protestante devient un outil d'émancipation de la bourgeoisie à l'égard de la monarchie espagnole.
• Le plus grave survient dans le Saint Empire romain germanique au siècle suivant avec la guerre de Trente Ans qui met aux prises princes et souverains de presque toute l'Europe.

En France même, on distingue huit guerres de religion :

– Première guerre de religion (1561-1563) :

L'échec du colloque de Poissy (1561) et le rejet par les catholiques de l'Édit de Janvier (ou édit de Saint-Germain) entraînent le 1er mars 1562 le massacre des protestants de Wassy par le duc François II de Guise et ses hommes. Un carnage sans motif qui fait 74 victimes parmi les fidèles. C'est le début de la première guerre de religion.

Catherine de Médicis appelle le prince de Condé à la rejoindre à Fontainebleau pour la protéger ainsi que le roi. Mais le chef réformé préfère quitter Paris pour Meaux, ville huguenote, abandonnant la cour aux chefs catholiques. C'est désormais à qui s'emparera d'un maximum de villes, avec l'aide des étrangers, les Anglais et les Allemands côté réformé, les Espagnols côté catholique.

Massacres, viols, pillages, les deux camps rivalisent de cruauté. En Languedoc et Guyenne, le chef catholique Blaise de Monluc sème la terreur sur son passage : « Un pendu étonne plus que cent tués », dit-il.

Antoine de Bourbon, qui a rejoint les catholiques à la demande de Catherine de Médicis et pris la tête de l'armée royale, est mortellement blessé d'un boulet d'arquebuse alors qu'il s'était retiré pour satisfaire un besoin naturel, lors du siège de Rouen. Après cette mort peu glorieuse, voilà que son frère Louis II de Condé, chef des réformés, est capturé à Dreux.

Le 18 février 1563 vient le tour du duc François II de Guise. Il est assassiné par traîtrise par un jeune hobereau protestant, Jean de Poltrot de Méré, lors du siège d'Orléans. Le meurtrier est écartelé tel un régicide et les extrémistes catholiques auront son acte en mémoire lors de la Saint-Barthélemy.

– Bienheureuse accalmie (1563-1567) :

L'éviction des principaux chefs des deux camps permet à la régente Catherine de Médicis de reprendre l'initiative. Le 19 mars 1563, elle met un terme à la guerre en signant avec les protestants l'édit d'Amboise. Il autorise le culte réformé en certains lieux comme les maisons des seigneurs hauts justiciers (seigneurs qui ont le droit de rendre la justice).

Réunissant leurs forces, catholiques et réformés s'en vont reprendre Le Havre aux Anglais, qui avaient profité des désordres pour s'emparer du port.

Michel de l'Hospital, que Catherine de Médicis a nommé à la fonction de chancelier (garde des sceaux) le 30 juin 1560, profite de l'accalmie pour réformer l'administration et renforcer l'autorité du roi. Celui-ci, à l'initiative de sa mère, entreprend un grand voyage à travers le royaume. Pendant neuf cents jours, avec ses frères, son cousin Henri de Navarre et toute la cour, il va aller de ville en ville. Une opération de relations publiques sans précédent, très instructive au demeurant pour les princes, en particulier le futur Henri IV.

Catherine de Médicis profite du passage de la cour à Bayonne, en juillet 1565, pour aller à la rencontre de sa fille Isabelle, qui a épousé le roi d'Espagne Philippe II. Les deux femmes s'entretiennent longuement en secret et on les suspectera plus tard d'avoir conçu à ce moment le projet d'une élimination de tous les protestants !...

Pas rassurés pour un sou, les bourgeois catholiques des grandes villes, à commencer par Toulouse, constituent des ligues locales et des confréries du Saint-Esprit pour entretenir la foi catholique tout en se gardant d'intervenir dans les affaires politiques.

La montée de l'intolérance va consacrer l'échec de la politique de conciliation et entraîner le renvoi du chancelier.

– 2ème guerre de religion (1567-1568) :

La reprise de la guerre est provoquée par la noblesse protestante qu'inquiète le rapprochement de la France avec l'Espagne de Philippe II, farouche chef de file de la Contre-Réforme catholique. Ils s'alarment des longs entretiens entre Catherine de Médicis et sa fille, la reine d'Espagne, à Bayonne, ainsi que du recrutement de 6000 Suisses pour renforcer l'armée royale.

Un soulèvement général est décidé pour la Saint-Michel, le 29 septembre 1567. Cette « Michelade » débouche sur la prise de plusieurs villes, au prix de nombreux massacres de catholiques, comme à Nîmes, où une centaine de personnes sont tuées dans la cour de l'évêché où elles s'étaient réfugiées.

Les protestants tentent qui plus est d'enlever Charles IX et sa mère à Meaux mais ils sont finalement défaits à Saint-Denis le 10 novembre 1567. Le vieux connétable Anne de Montmorency (74 ans), qui a fait les guerres d'Italie, trouve la mort en repoussant le prince de Condé lors de cette bataille.

La morale de l'histoire appartient au maréchal de Vieilleville qui dit au roi : « Votre Majesté n'a point gagné la bataille, encore moins le prince de Condé, mais c'est le roi d'Espagne. Car il est mort de part et d'autre assez de vaillants capitaines et de braves soldats français pour conquérir la Flandre et tous les Pays-Bas » (note).

Épuisés, les belligérants signent la paix de Longjumeau, le 23 mars 1568, qui renouvelle la paix d'Amboise conclue cinq ans plus tôt.

– 3ème guerre de religion (1568-1570) :

La guerre reprend après que la régente Catherine de Médicis bascule dans le camp catholique et menace d'arrêter les chefs protestants Condé et Coligny.

Les princes se regroupent à La Rochelle où ils sont rejoints par Jeanne d'Albret et son fils Henri de Navarre, futur Henri IV, qui s'est échappé de la cour. Irritée, la reine engage la guerre par l'édit de Saint-Maur, le 25 septembre 1568, qui interdit purement et simplement le culte réformé !

La noblesse catholique remporte une première victoire sur les protestants à Jarnac le 13 mars 1569. Elle se solde par la mort du prince de Condé, victime d'une perfidie de l'adversaire. Le jeune roi de Navarre Henri III (15 ans) devient du coup le représentant du camp protestant !

Après une autre victoire catholique à Moncontour le 3 octobre 1569, Coligny refait son armée et ravage la Guyenne, le Languedoc et jusqu'à la Bourgogne, histoire de montrer la capacité de nuisance des protestants. Expert en « belles retraites », il supplée à l'infériorité numérique par des attaques sur les arrièges-gardes ennemies et des prises de villes par surprise, par exemple à la faveur des carnavals du Mardi gras !

Cela lui permet d'obtenir la paix avantageuse de Saint-Germain le 8 août 1570, qui accorde l'amnistie aux protestants et l'exercice du culte dans deux villes par province.

Pour la première fois, les protestants se voient aussi accorder quatre places de sûreté : La Charité, La Rochelle, Cognac, Montauban. C'est un coup de canif porté à l'autorité royale, celle-ci ne s'exerçant pas - ou guère - sur ces places. Les catholiques s'en indignent et le duc d'Albe, un Espagnol, dénonce « la paix du diable ».

– 2e accalmie (1570-1572) :

En attendant, le chef des protestants, l'amiral Gaspard de Coligny, se rapproche du roi jusqu'à faire une entrée acclamée à la cour en octobre 1571. Devenu le principal conseiller de Charles IX, il tente d'entraîner la monarchie dans une guerre avec le roi d'Espagne, alors en conflit avec ses sujets calvinistes de Hollande.

Catherine de Médicis accepte ou feint d'accepter la guerre contre l'Espagne mais l'opinion publique, c'est-à-dire la petite bourgeoisie des villes, s'émeut et menace de se livrer aux Guise, champions de la cause catholique. Il est vrai que les Espagnols viennent de détruire la flotte turque à Lépante et le prestige de leur roi Philippe II est au plus haut dans les milieux catholiques.

Selon une clause secrète de la paix de Saint-Germain, la reine-mère organise le 18 août 1572 le mariage de sa fille Margot et de son cousin, le roi Henri III de Navarre, lequel vient de perdre sa mère Jeanne d'Albret, dix ans après son père. Les deux époux ont l'un et l'autre 19 ans. La cérémonie se déroule devant Notre-Dame et dans la ville, les troupes protestantes plastronnent, à la grande irritation de la bourgeoisie, passionnément catholique.

– 4ème guerre de religion (1572-1573) :

Après le mariage, pour couper court à un renversement de la dynastie des Valois au profit des Guise, Catherine de Médicis se résout à prendre la tête de la lutte contre les protestants. C'est ainsi que, le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, elle ordonne le massacre d'une vingtaine de chefs protestants et de Coligny en particulier.

Mais tout dérape quand la population catholique de la ville s'en mêle. On dénombre plusieurs milliers de morts à Paris et dans toute la France, avec des horreurs qui dépassent l'imagination ; une péripétie sans importance à l'aulne de l'époque... Henri de Navarre, prince de sang, est toutefois soigneusement épargné. Il va demeurer à la cour, feignant la soumission et se jetant à corps perdu dans les plaisirs les plus frivoles.

La guerre reprend, brève mais violente, marquée surtout par le siège de La Rochelle, place forte protestante. Le royaume frôle l'éclatement. Les villes à majorité protestante du Midi se constituent en Union calviniste et envoient des représentants à Millau, au pied des Cévennes. Leur assemblée met en place des structures de gouvernement autonomes, auxquelles, d'ailleurs, participent les catholiques modérés. On peut craindre la constitution d'une République calviniste comme dans les Pays-Bas...

Cette quatrième guerre se termine le 24 juin 1573 par la paix de La Rochelle qui accorde aux réformés la liberté de conscience. Le culte est autorisé en public à Nîmes, La Rochelle et Montauban.

– 5ème guerre de religion (1574-1576) :

Charles IX meurt le 30 mai 1574 et lui succède son frère Henri, duc d'Anjou, qui avait été l'année précédente élu roi de Pologne grâce aux intrigues de sa mère Catherine de Médicis ! Henri quitte en cachette son pays d'adoption pour prendre sa place sur le trône de France sous le nom d'Henri III. Intelligent mais indécis, il ne peut empêcher la reprise des hostilités.

La 5ème guerre est marquée par la victoire d'Henri de Guise à Dormans. Le duc reçoit à cette occasion une blessure qui lui vaudra (comme à son père François !) le surnom de Balafré. Cette guerre se signale aussi par l'exécution, le 26 juin 1574, du chef protestant Gabriel de Lorges, comte de Montgomery.

Elle se conclut le 6 mai 1576 par la paix de Beaulieu-lès-Loches. On l'appelle aussi paix de Monsieur car elle est inspirée par le jeune frère du roi Henri III, le duc François d'Alençon, dit Monsieur, en froid avec son frère et sa mère. Ce prince est le chef du tiers-parti, le parti des Politiques ou Malcontents, autrement dit de ceux, pas très nombreux, qui placent l'intérêt national au-dessus des querelles religieuses.

– 3e accalmie (1576) :

La paix de Beaulieu-lès-Loches apparaît très favorable aux protestants. Elle leur offre la liberté de culte dans Paris et les villes closes, ainsi que des chambres de justice mi-partites (catholiques et protestantes), huit places fortes réservées aux protestants et la condamnation de la Saint-Barthélemy.

Elle permet aussi à Henri III de Navarre, qui s'est enfui de la cour, d'obtenir le gouvernement de la Guyenne (la province dont Bordeaux est la capitale). Sitôt dans sa province, avec le titre de gouverneur en poche, le roi de Navarre en profite pour repasser au calvinisme, la religion de sa mère et de sa soeur Catherine de Bourbon. Il prend la tête de l'Union calviniste.

De dépit, les ligues locales formées par les bourgeois catholiques du Nord s'unissent et se rapprochent des gentilshommes catholiques et de la famille des Guise.

Le mouvement est lancé par Charles d'Humières, qui, en novembre 1576, refuse de livrer la citadelle de Péronne au prince de Condé, un chef protestant que le roi a nommé gouverneur de Picardie.

Il aboutira le 12 mai 1577 à la fondation d'une Sainte Ligue « au nom de la Sainte Trinité pour restaurer et défendre la Sainte Église catholique apostolique et romaine ». Le duc Henri de Guise, dont la balafre a accru la popularité, en prendra la tête avec ses frères, le cardinal de Lorraine et le duc de Mayenne.

– 6ème guerre de religion (1576-1577) :

En attendant, le nouveau roi Henri III, troublé, réunit les états généraux à Blois le 6 décembre 1576 et remet en cause de la paix de Beaulieu. C'est à nouveau la guerre.

Les Guise l'emportent sur leurs ennemis à La Charité et Issoire. Cette guerre se clôt par la paix de Bergerac du 17 septembre 1577, qui corrige les dispositions de la paix de Beaulieu en autorisant le culte catholique dans les villes protestantes. La Ligue catholique et l'Union calviniste rivale sont officiellement dissoutes. Mais cette première « paix de pacification » est mal appliquée...

– 7ème guerre de religion (1580) :

La paix de Bergerac est suivie de sept années de paix relative, à peine interrompue par la « Guerre des Amoureux ».

Le protestant Henri III de Navarre (futur Henri IV) et sa femme Marguerite de Valois (la reine Margot) mènent joyeuse vie à Nérac avec l'« escadron volant » de jolies femmes qui entoure la reine et les gentilshommes du roi de Navarre. Le roi Henri III répand des rumeurs sur l'immoralité de la cour de Nérac. Furieuses, Marguerite et ses suivantes poussent leurs galants à reprendre la guerre et les pillages.

Cette guerre localisée et brève se termine par la prise de Cahors et la paix signée au château de Fleix (près de Bergerac), le 26 novembre 1580, qui confirme celle de Bergerac, trois ans plus tôt.

– Accalmie précaire (1580-1584) :

Tout bascule le 10 juin 1584 avec la mort prématurée à 30 ans de Monsieur, duc d'Anjou et ex-duc d'Alençon, plus jeune fils de Catherine de Médicis et Henri II ! Henri de Navarre (un protestant « hérétique relaps » !) devient désormais l'héritier légitime du roi de France Henri III, ce dernier n'ayant pas de garçon pour lui succéder sur le trône.

Le duc d'Épernon, l'un des mignons du roi, se rend à Pau pour tenter de convaincre Henri de Navarre de se convertir une nouvelle fois au catholicisme en vue de faciliter le ralliement de la majorité catholique. Le Béarnais s'y refuse, non sans justesse, car ce nouveau revirement opportuniste le déconsidèrerait auprès de tous.

Révulsés par la perspective d'un roi protestant, les catholiques les plus durs constituent une nouvelle ligue qui n'a rien de comparable à la précédente. Cette Sainte Ligue, toute entière vouée aux Guise et bénéficiant du soutien actif de l'Espagne de Philippe II, cache mal son projet de remplacer sur le trône de France les Valois par les Guise ! Officiellement, elle soutient les droits à la couronne du cardinal de Bourbon, un vieil imbécile de 61 ans, oncle d'Henri de Navarre.

– 8ème guerre de religion (1585-1598) :

Cette ultime guerre éclate après qu'Henri III et sa mère ont signé à contrecoeur le traité de Nemours du 7 juillet 1585 avec la Sainte Ligue et révoqué les concessions aux protestants. Elle est dite des trois Henri, parce qu'elle met au prises Henri de Guise, Henri de Navarre et le roi Henri III.

Les opérations se déroulent surtout dans le Midi. Traqué comme un gibier et obligé de composer avec des forces aguerries mais très inférieures en nombre aux catholiques, Henri de Navarre délaisse les batailles rangées pour les coups de main et les attaques surprise de villes, selon la technique mise au point par Coligny quinze ans plus tôt.

Mais le 20 octobre 1587, miracle ! Il vainc à plate couture les catholiques dans une bataille conventionnelle, à Coutras, occasionnant la mort de 2000 catholiques et en particulier du duc de Joyeuse, favori et mignon du roi Henri III.

Discrédité aux yeux des ligueurs par sa défaite de Coutras, le roi de France est chassé de Paris le 12 mai 1588 par la journée des Barricades (mot nouveau forgé à partir des barils utilisés pour l'occasion). Le roi convoque des états généraux à Blois et, feignant de vouloir se réconcilier avec le duc de Guise, l'invite à l'y rejoindre. Il le fait alors assassiner le 23 décembre 1588.

Il s'ensuit un soulèvement de Paris et des grandes villes catholiques, essentiellement dans le Nord du royaume. Le Conseil des Seize (autant que de quartiers à Paris) donne au duc de Mayenne, frère du duc de Guise, le titre de lieutenant général du royaume. Il s'agit ni plus ni moins d'un renversement de la dynastie des Valois avec en ligne l'accession au trône d'un Guise. Les troupes espagnoles d'Alexandre Farnèse campent à Paris et Rouen.

Catherine de Médicis décède le 5 janvier 1589 dans l'indifférence générale. Il est vrai que la « reine noire » a depuis longtemps laissé la main. Elle n'aura pas à connaître la mort brutale de son dernier fils... En attendant, celui-ci, lucide, se rallie à son cousin. Le 30 avril 1589, les deux hommes se retrouvent dans les jardins de Plessis-lès-Tours et concluent une alliance contre la Ligue. Fait inouï. Henri de Navarre tombe à genoux devant son cousin et le roi catholique ceint l'écharpe blanche des protestants.

Leurs deux armées, unies, font le siège de Paris. La victoire semble à leur portée. Mais voilà qu'Henri III est poignardé à Saint-Cloud, le 1er août 1589, par le moine Jacques Clément. Avant de rendre l'âme, il fait jurer à ses nobles, sur son lit de mort, de reconnaître Henri de Navarre pour nouveau roi, sous le nom d'Henri IV.

La situation redevient critique. Le nouveau roi, qui disposait précédemment de quarante mille hommes pour le siège de Paris, en perd les deux tiers, les catholiques faisant massivement défection.

Henri IV prend le chemin de la Normandie, dans l'espoir de faire la jonction avec ses alliés anglais. Sur le chemin, à Arques, près de Dieppe, le 21 septembre 1589, il se heurte à l'armée du duc de Mayenne, soit 30 000 hommes, lui-même n'en disposant que de 12 000 ! Mais son habileté tactique et la détermination de ses hommes lui valent la victoire.

Ayant renforcé ses troupes avec les renforts anglais envoyés par Elizabeth Ière, il entreprend l'occupation de la Normandie. Tandis qu'il fait le siège de Dreux, voilà que Mayenne vient une nouvelle fois à sa rencontre avec des forces très supérieures en nombre. L'affrontement se produit à Ivry, près de Chartres, le 14 mars 1590 (« ralliez-vous à mon panache blanc »). Le courage du roi et de ses hommes fait merveille. C'est la victoire. Éclatante.

Le roi remet le siège devant Paris. La population est livrée à la famine, tant et si bien qu'Henri IV, compatissant, autorise la sortie de plusieurs milliers de malheureux en août 1590. Mais tout cela ne fait pas avancer ses affaires et son ami Maximilien de Béthune, futur duc de Sully, par ailleurs protestant indéfectible, lui fait comprendre que le moment est venu pour lui de revenir à la foi catholique, au nom de la raison d'État.

Henri IV abjure la foi protestante le 25 juillet 1593 devant la basilique de Saint-Denis, se fait sacrer à Chartres et entre à Paris après avoir acheté la complicité du gouverneur Brissac.

Le duc de Mayenne lui fait sa soumission après sa défaite à Fontaine-Française le 5 juin 1595. Enfin, l'Édit de Nantes du 30 avril 1598 consacre la paix religieuse en faisant une place aux protestants. Avec la paix de Vervins, le 2 mai de la même année, les Espagnols quittent le pays. La France peut enfin se remettre sur pied et réparer ses plaies.

Publié ou mis à jour le : 2019-09-02 06:40:43

 
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