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René Descartes (1596 - 1650)

«Je pense, donc je suis»


Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît en français à La Haye (Provinces-Unies). Il est intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences.

L'auteur est un homme discret, quoique déjà célèbre dans tous les cercles cultivés d'Europe : René Descartes. Il n'a pas signé son ouvrage pour éviter les tracasseries de toutes sortes et surtout les foudres du Saint-Siège (quatre ans plus tôt, celui-ci a jugé Galilée)... Ne s'est-il pas donné pour devise : Larvatus prodeo (« Je m'avance masqué ») ?

Camille Vignolle
René Descartes (31 mars 1596 - 11 février 1650), portrait d'après Frans Hals, musée du Louvre, Paris

Un philosophe révolté

René Descartes est né le 31 mars 1596 en Touraine, dans un village qui porte le nom de... La Haye (comme la ville où paraîtra son ouvrage le plus célèbre, ça ne s'invente pas !).

Enfant maladif mais plein d'une insatiable curiosité, il fait ses études au collège jésuite de La Flèche.

Insatisfait par l'enseignement reçu, il se lance dans la vie parisienne sitôt sa licence de droit en poche. Dépourvu de prestance physique mais fort de sa supériorité intellectuelle, dont il a pleinement conscience, il se montre bon séducteur.

En 1618, comme débute la guerre de Trente Ans, il s'engage dans différentes armées d'Europe et découvre de la sorte le « grand livre de la vie ». Selon ses notes posthumes, il renonce à cette vie d'aventures « le 10 novembre 1619, lorsque rempli d'enthousiasme je trouvai le fondement d'une science admirable ». Il s'enferme dès lors dans son « poêle » et se livre à la spéculation scientifique et philosophique, d'abord à Paris puis en Hollande, où la liberté de pensée est mieux assurée.

René Descartes devient très vite célèbre par ses nombreuses lettres et ses travaux mathématiques. Mais cela ne lui suffit pas. Se voyant en nouvel Aristote, il se pose en fondateur de la philosophie moderne et d'une méthode de raisonnement qu'il est convenu d'appeler cartésienne (que l'on ne saurait étendre sans exagération à la culture française). C'est ainsi qu'il publie le 8 juin 1637 à La Haye (Provinces-Unies) un opuscule en français intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences.

Premier livre de philosophie écrit non en latin mais en français, le livre débute par une formule célèbre (et ironique) : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont ».

Le Discours de la Méthode pose quatre règles indispensables à la connaissance :
- se méfier de tout et en premier lieu des sens (règle du doute),
- décomposer un problème en ses différents éléments (règle de l'analyse),
- réagencer chaque élément du plus simple au plus complexe (règle de la synthèse ou induction),
- vérifier que le raisonnement n'a rien oublié (règle de l'énumération ou déduction).

Le Discours de la Méthode marque la naissance de la philosophie moderne. Avec lui, l'argument d'autorité cède la place au doute et à la méthode. Mais celle-ci est rendue possible par la certitude que chacun possède la capacité de penser le vrai.

En d'autres termes, on ne peut avoir la capacité de douter de toutes choses de façon constructive que si l'on ne doute pas de sa propre capacité à douter ! Ce que Descartes exprime dans la quatrième partie du Discours de la Méthode en une formule célébrissime : « Je pense, donc je suis » (souvent transcrite en latin : cogito ergo sum).

Femme fatale

En 1649, René Descartes, au faîte de la renommée, correspond avec la reine Christine de Suède. Celle-ci l'invite à Stockholm et lui demande régulièrement des leçons de philosophie dans la bibliothèque de son palais, à 5 heures du matin !

Le savant écrit pour elle le Traité des Passions avant de mourir d'une pneunomie, d'épuisement et de froid au bout d'un an, le 11 février 1650, à 53 ans. Sa pensée va très directement inspirer son cadet, Baruch Spinoza, lequel va d'ailleurs lui consacrer le premier de ses traités : Principes de la philosophie de Descartes (1673).


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Publié ou mis à jour le : 2017-02-26 00:32:19

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

J.P. Lafaille (06-01-201523:40:06)

"Je pense, donc je suis", célébrissime aphorisme de Descartes, qu'on a tendance à encenser comme formule choc de la "libre pensée".
Friedrich Nietzsche a énoncé un "pendant" à cette formule :
"Je suis pensé, donc il est !"
Et comme toujours, avec F. Nietzsche, à chacun de comprendre cet aphorisme pour soi-même.


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