13 décembre 1545 - Concile de Trente et Contre-Réforme - Herodote.net

13 décembre 1545

Concile de Trente et Contre-Réforme

Publié ou mis à jour le : 2016-05-09 12:07:56

Le pape Paul III Farnèse convoque en 1542 un grand concile oecuménique à Trente, dans les Alpes (aujourd'hui en Italie). Il débute officiellement le 13 décembre 1545. Le pape lui donne pour objectif de revigorer l'Église catholique qui va s'en trouver profondément modifiée.

La revanche catholique

Après le départ d'une partie de ses ouailles à l'appel de Luther, Calvin, Zwingli et quelques autres, le Saint-Siège a compris la nécessité d'engager une grande réforme au sein de l'Église catholique. Il y est encouragé par le nouvel ordre des Jésuites, énergique et passionné.

Le mouvement va prendre le nom de Contre-Réforme, ou Réforme catholique, par réaction à la Réforme protestante.

Le concile impose en premier lieu de strictes règles de conduite au clergé et en particulier aux évêques. Il améliore la formation des prêtres et promeut l'enseignement du catéchisme. Il confirme aussi la préséance du Saint-Siège à la tête de la hiérarchie catholique.

Le concile de Trente clarifie par ailleurs l'interprétation catholique des Saintes Écritures, en particulier le dogme de la justification ou de la grâce : à la différence des luthériens qui estiment que Dieu décide in fine de sauver ou non un homme et de lui accorder la vie éternelle, les prêtres conciliaires précisent que l'homme peut être porté aux bonnes actions salvatrices s'il dispose de la grâce et lui concèdent une certaine marge de liberté.

Le nouveau visage de l'Église

Outre ces points de doctrine, le concile de Trente rénove l'organisation du culte. À la place d'une Église médiévale épuisée, une nouvelle Église prend forme, avec ses zones d'ombre et de lumière. Elle va perdurer jusqu'à la fin du XXe siècle et au concile Vatican II.

La confession, l'un des sacrements de l'Église catholique, ne se pratique plus de façon publique. Elle devient un exercice intime, sans contact visuel ou physique entre le confesseur et le pénitent. Elle devient aussi plus fréquente. On ne se confesse plus seulement une fois l'an mais tout au long de l'année.

À la différence de l'Église médiévale qui privilégiait la dévotion, les pèlerinages et les processions, l'Église issue du concile de Trente va privilégier la confession et la prédication, caractérisées par le confessionnal et par la chaire (une estrade d'où le prêtre, lors des offices, s'adresse aux fidèles).

Le souci nouveau porté à la formation des prêtres change le visage de l'Église catholique. C'en est fini des curés et moines incultes, paillards et laxistes qui faisaient le régal des bateleurs de foire et des fabulistes au Moyen Âge. Le concile instaure des séminaires (le mot vient du latin seminare, semer ; il est synonyme de pépinière). Les nouveaux prêtres en soutane se montrent instruits, habiles à la rhétorique et rigides sur le plan des mœurs, plus respectueux que précédemment du vœu de chasteté.

Le concile réaffirme aussi le caractère sacramentel du mariage et son indissolubilité. Au risque de déplaire aux bourgeois et à l'aristocratie, il réaffirme aussi le libre consentement des époux et condamne les mariages forcés. Toutefois, il impose l'accord parental pour les femmes de moins de vingt-cinq ans et les hommes de moins de trente.

Pour prévenir la bigamie et les « mariages clandestins », il exige la présence au mariage de quatre témoins ainsi que du curé de la paroisse. Il exige aussi que tous les mariages soient enregistrés sur les registres paroissiaux, ancêtres de l'état-civil.


 
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