Démocratie américaine - Le président, les élections et les partis - Herodote.net

Démocratie américaine

Le président, les élections et les partis

Les États-Unis se présentent à leur naissance comme une fédération de treize États autonomes, jaloux de leurs prérogatives, bien que leurs élites partagent la même culture et les mêmes idéaux.

La Constitution, adoptée le 17 septembre 1787, se montre respectueuse de ce fédéralisme. Elle instaure une stricte séparation des pouvoirs :
- pouvoir législatif : la Chambre des représentants et le Sénat sont en charge de la rédaction des lois,
- pouvoir exécutif : un président est en charge de leur exécution,
- pouvoir judiciaire : la Cour Suprême veille au respect de la Constitution dans les décisions législatives, exécutives et judiciaires.

Le premier président, George Washington, est élu par acclamations. Mais très vite, sous sa présidence, apparaissent des clivages idéologiques entre les Pères fondateurs de la Constitution. Il s'ensuit l'apparition des premiers partis politiques. 

À la Maison Blanche, les successeurs de Washington étendent peu à peu leurs prérogatives. C'est la conséquence des crises et des guerres qui nécessitent une réaction rapide et ne supportent pas la lenteur des procédures d'assemblée.

C'est ainsi que, sans rien toucher ou presque à la Constitution, le pouvoir central, établi à Washington, se renforce progressivement cependant que les présidents accroissent peu à peu leur autorité jusqu'à devenir aujourd'hui le pivot de la vie politique nationale et de la diplomatie mondiale.

Les procédures électorales concernant le président et son vice-président n'en finissent pas par ailleurs de se complexifier, au point que peu de citoyens américains peuvent se targuer de bien les connaître.

Investiture le 30 avril 1789 de George Washington, premier président des États-Unis, Encyclopedia Britannica, 1899.

Les partis à l'époque des pionniers

Au début du XIXe siècle, la vie politique étasunienne est animée par deux grands partis, l'un dénommé Parti républicain-démocrate (Democratic-Republican party), l'autre Parti Fédéraliste. Ces partis n'ont rien à voir avec les partis contemporains ; ils ne se classent pas non plus, comme les partis français et européens, à « droite » ou à « gauche ». Ce sont des coalitions d'intérêts avec, au sein de chacun d'eux, une aile droite, une aile gauche et un centre (il en va toujours ainsi pour leurs héritiers contemporains).

– Les Fédéralistes (première époque)

Dès la présidence de George Washington, les fédéralistes, guidés par le Secrétaire du Trésor Alexander Hamilton, préconisent un renforcement du pouvoir fédéral au détriment des États. 

– Les républicains-démocrates (première époque)

Les républicains-démocrates ont un leader immense en la personne de Thomas Jefferson, auteur de la Déclaration d'indépendance. Issus des milieux aisés, ce sont des adeptes des Lumières. Ils préconisent une fédération aux liens très lâches, pacifique et ouverte et se montrent d'ardents défenseurs de la liberté individuelle.

Les républicains-démocrates vont rester au pouvoir sans discontinuer de 1801 à 1825 sous les présidences successives de Jefferson, Madison et Monroe, pendant l'ère dite « des bons sentiments ».

Au milieu du XIXe siècle s'effacent les fédéralistes. Émergent les deux grands partis actuels, dérivés des républicains-démocrates : les Démocrates et les Républicains (rien à voir avec les partis de la première époque)...

Investiture de James Buchanan le 4 mars 1857, photographie de John Wood. Il s’agit de la première photographie d’un tel événement.

Mr Président

Réunis à Philadelphie, en 1787, pour donner au pays une Constitution fédérale, les conventionnels ont inventé la fonction de président (du mot latin praesidere qui signifie s'asseoir devant). En même temps que le président est élu un vice-président.

Le président des États-Unis doit être citoyen américain de naissance, avoir 35 ans révolus et résider sur le territoire national depuis au moins quatorze ans.

Il a des pouvoirs très étendus. Il est tout à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. Mais il reste en permanence sous la surveillance sévère du Congrès et de la Cour suprême.

Une élection complexe

Désireux de garder la mainmise sur le choix du président et de limiter son pouvoir de nuisance, méfiants également à l'égard du vote populaire, les délégués de la Convention de Philadelphie ont imaginé une élection très complexe à deux niveaux :

1– les citoyens élisent dans chaque État des electors (« grands électeurs ») en nombre égal au nombre de sénateurs et de représentants de l'État au Congrès (aujourd'hui, cela fait un total de 538 personnes, y compris les trois electors du district fédéral de Washington. La majorité absolue est de 270 voix).

2– les grands électeurs n'ont mandat que pour une élection. Ils se réunissent à leur tour le lundi qui suit le deuxième vendredi de décembre pour choisir le futur président.

3– le président élu entre en fonction au début de l'année suivante (autrefois le 4 mars, maintenant le 20 janvier).

Les primaires

Dans les premiers temps, les grands électeurs de chaque État votaient comme ils l'entendaient, ce qui favorisait la multiplication des candidatures au sein d'un même parti et pouvait entraîner l'échec d'un favori (par exemple Andrew Jackson en 1824).

À la veille des élections de 1832, le parti whig et le parti démocrate instaurent chacun de leur côté une convention nationale afin qu'un seul candidat porte leurs couleurs.

En 1901, la Floride inaugure le fameux système des « primaires ». Les deux grands partis donnent la parole à leurs sympathisants et, par un vote à bulletin secret, les appellent à choisir les délégués de leur État.

Publié ou mis à jour le : 2016-10-23 14:50:16

 
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