Napoléon Bonaparte (1769 - 1821)
« Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ! »
Cette célèbre harangue, qui figure dans les Mémoires du général Gourgaud, publiées en 1823, n'a jamais été prononcée par le général Bonaparte lors de la bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798. Elle fait partie de la légende épique que le grand homme a tissée autour de lui-même. Le futur empereur s'est très tôt illustré par son art de la propagande et sa capacité à transformer le plomb en or. Ainsi de la campagne d'Égypte, désastreuse à tous points de vue, dont il a su magnifier le souvenir dans l'opinion de ses contemporains et même des historiens.
George Washington (1732 - 1799)
« I cannot tell a lie » (en anglais)
« Je ne peux pas mentir » (traduction)
George Washington s'éteint dans sa belle propriété de Mount Vernon (Virginie) le 14 décembre 1799. Héros de la guerre d'Indépendance américaine et premier Président des État-Unis, il est aussitôt élevé au rang d'un mythe national. Le prédicateur Mason Locke Weems publie en 1800 une biographie quelque peu enjolivée, Life and memorable actions of George Washington, qui est depuis lors enseignée aux écoliers américains. Ceux-ci se régalent d'anecdotes fantaisistes comme celle d'un cerisier qu'aurait abattu à la hache George Washington dans le jardin familial. Et au père qui réclamait de connaître le coupable, le jeune garçon se serait dénoncé en disant : «I cannot tell a lie» (Je ne peux pas mentir).
Emmanuel Joseph Sieyès (1748 - 1836)
« Je cherche un sabre... »
Ainsi dit Emmanuel Sieyès à qui veut l'entendre en cette année 1799. L'ex-abbé fait alors partie des cinq membres du Directoire qui gouvernent tant bien que mal la France.
Fin politique, il est persuadé que seul un général à poigne peut encore sauver le régime républicain issu de la Révolution. Il s'agit de flanquer l'exécutif d'un général auréolé de gloire pour en imposer aux parlementaires et satisfaire l'opinion lassée des palabres du «gouvernement des avocats». Son choix se portera sur Bonaparte...
Napoléon Bonaparte (1769 - 1821)
« Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée »
En présentant la Constitution qui consacre son pouvoir et installe le Consulat, le Premier Consul Napoléon Bonaparte déclare devant le Sénat, le 24 Frimaire An VII (15 décembre 1799) : « La Constitution est fondée sur les vrais principes du gouvernement représentatif, sur les droits sacrés de la propriété, de l'égalité, de la liberté. Les pouvoirs qu'elle institue sont stables et forts ». Et il conclut par les mots ci-dessus.
Ne nous méprenons pas sur leur sens. Ils signifient non pas que l'on tournerait le dos à la Révolution mais au contraire que la Révolution a achevé son oeuvre et que l'on peut désormais s'appuyer sur celle-ci pour construire l'avenir.
Pétri de culture classique, Napoléon Bonaparte a toujours eu un sens aigu de la continuité de l'Histoire. On lui prête ainsi cette formule que tout dirigeant de la France devrait avoir en permanence au cœur : « De Clovis jusqu’au Comité de salut public, je me sens solidaire de tout ».
« C'est avec des hochets que l'on mène les hommes »
Premier Consul, Napoléon Bonaparte décide en 1802 d'établir un Ordre national de la Légion d'Honneur pour récompenser les mérites des citoyens.
Le 8 mai 1802, à un membre du Conseil d'État qui l'interpelle sur le bien-fondé d'une décoration qui viole les principes révolutionnaires d'égalité et invoque l'exemple des Romains, le Premier Consul rétorque : «On nous parle toujours des Romains! Il est assez singulier que, pour refuser les distinctions, on cite l'exemple du peuple chez lequel elles étaient le plus marquées. Est-ce là connaître l'histoire ? Les Romains avaient des patriciens, des chevaliers, des citoyens et des esclaves. Ils avaient pour chaque chose des costumes divers, des moeurs différentes. Ils décernaient en récompenses toutes sortes de distinctions, des noms qui rappelaient des services, des couronnes murales, le triomphe !... Je défie qu'on me montre une république ancienne et moderne dans laquelle il n'y ait pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ; Eh bien, c'est avec des hochets qu'on mène les hommes. L'on convient qu'il nous faut des institutions ; si l'on ne trouve pas celle-là bonne, qu'on en propose donc d'autres ! Je ne prétends pas qu'elle doive sauver la République ou l'État, mais elle y jouera son rôle»...
« Viens, petite créole, te coucher dans le lit de tes maîtres ! »
Le 19 février 1802, soit à peine trois mois après le coup d'État du 18 Brumaire, le Premier Consul Napoléon Bonaparte et ses collègues, les consuls Cambacérès et Lebrun, quittent le palais du Luxembourg pour celui des Tuileries.
L'ancien palais des rois, à l'abandon depuis la chute de la monarchie, dix ans plus tôt, a été remis en état et débarrassé de souillures et graffitis révolutionnaires pour abriter la nouvelle cour consulaire. C'est un signe parmi d'autres de ce que la Révolution est finie.
Les propos ci-dessus, sans doute apocryphes, sont prêtés au Premier Consul Napoléon Bonaparte faisant à sa femme Joséphine les honneurs de la chambre à coucher du palais royal.
Bonaparte, qui avait eu quelques rares expériences amoureuses dans sa jeunesse, avait rencontré Joséphine en venant lui restituer le sabre de son défunt époux, le général-vicomte de Beauharnais, qui s'était distingué à l'Armée du Rhin en 1793, puis avait été guillotiné sous la Terreur. Il était tombé éperdument amoureux de cette femme née à la Martinique, plus âgée que lui de six ans et il l'épousa en 1796.
Joséphine, qui avait eu des relations amoureuses avec Barras, l'un des Directeurs, s'en servit pour faire obtenir un commandement à son jeune mari. En 1809, son union restant stérile, Napoléon se résigna à divorcer de Joséphine et à «épouser un ventre» en la personne de la petite-nièce de Marie-Antoinette, Marie-Louise de Habsbourg, laquelle donna naissance au roi de Rome, puis duc de Reichstadt, considéré comme Napoléon II.








