Options de lecture

Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Victor Hugo    (1802 - 1885)

« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là »
Source : Les Châtiments

Après l'échec de la IIe République et le coup d'État du prince Louis-Napoléon Bonaparte, en 1851, Victor Hugo s'exile volontairement à Bruxelles puis dans les îles anglo-normandes. Il s'affiche alors en opposant irréductible et publie un recueil poétique au titre virulent : Les Châtiments. Le dernier vers du poème Ultima verba est on ne peut plus explicite : «Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là». Pour rabaisser l'empereur, le poète ne craint pas de sublimer dans La Légende des Siècles (1859) le souvenir de son oncle, Napoléon 1er, fossoyeur de la Révolution et conquérant insatiable. Il se montre néanmoins en harmonie avec l'esprit social du Second Empire en publiant Les Misérables (1862), l'une des plus belles fresques romanesques qui soient. Quand la défaite de Sedan ouvre la voie à la IIIe République (1870), le vieux poète devient le chantre de celle-ci.


« Dans notre législation, la femme ne possède pas, elle n'este pas en justice, elle ne vote pas, elle ne compte pas, elle n'est pas. Il y a des citoyens, il n'y a pas de citoyennes. C'est là un état violent, il faut qu'il cesse »

Ces lignes témoignent comme beaucoup d'autres de l'extraordinaire capacité de Victor Hugoà exprimer et parfois anticiper les aspirations les plus élevées de son temps. Elles sont extraites d'une lettre adressée à une association féministe, par laquelle le poète s'excuse de ne pouvoir répondre à une invitation à leur assemblée générale.


« Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la »

Dès 1849, au Congrès de la Paix, Victor Hugo engage les Européens à « apporter la civilisation » au reste du monde (note). Il renouvelle son exhortation trente ans plus tard en plaidant pour la colonisation de l'Afrique, à l'unisson de la gauche républicaine.

C'est ainsi que le 18 mai 1879, il préside un banquet de 120 personnes pour commémorer l'abolition de l'esclavage. À sa droite se tiennent Victor Schoelcher, rédacteur du décret d'abolition de 1848, et Emmanuel Arago, fils du savant qui l'a signé en qualité de ministre de la Marine. À sa gauche Adolphe Crémieux et Jules Simon.

Le vieux poète conclut son discours par ces mots  :
« Refaire une Afrique nouvelle, rendre l'Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L'Europe le résoudra.
Allez, Peuples ! emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui ? à personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes. Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité.
Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez ; et que, sur cette terre, dégagée des prêtres et des princes, l'Esprit divin s'affirme par la paix et l'Esprit humain par la liberté »
(le discours a été reproduit dans son intégralité dans le journal Le Rappel du 20 mai 1879).


Napoléon III    (1808 - 1873)

« L'empire, c'est la paix »

Fils de Louis Bonaparte, frère de Napoléon 1er, et de Hortense de Bauharnais, Louis-Napoléon Bonaparte a grandi en Thurgovie (Suisse orientale) et tenté un pronunciamento à Strasbourg le 30 octobre 1836 en vue de restaurer l'Empire de son oncle. Arrêté, il est interné au fort de Ham, en Picardie, d'où il réussit à s'évader. Il est élu le 10 décembre 1848 premier président de la République française. Empêché par la Constitution de la IIe République de se représenter, il commet le 2 décembre 1851 un coup d'État qui lui donne tous les pouvoirs pour dix ans. Il ne lui reste plus qu'à préparer l'opinion à une restauration de l'Empire. C'est ce qu'il fait au cours de plusieurs tournées en province... Mais les chancelleries, qui ont accueilli avec faveur le coup d'État, craignent que le Prince-Président, en prenant le titre d'empereur, n'ait la tentation de renouer avec la politique de conquêtes de son oncle. En vue de rassurer chacun, Louis-Napoléon déclare lors d'un voyage à Bordeaux, à la chambre de commerce, le 9 octobre 1852 : «Certaines personnes disent : L'empire, c'est la guerre. Moi, je dis : L'empire, c'est la paix. Des conquêtes, oui : les conquêtes de la conciliation, de la religion et de la morale». Après bien des hésitations, Louis-Napoléon instaure officiellement l'Empire le 2 décembre 1852 et prend pour nom de règne Napoléon III. Il sera détrôné pour une guerre de trop...


Aristide Boucicaut    (1810 - 1877)

« Chez Boucicaut, on livre à domicile aussi loin qu'un cheval peut aller dans Paris »

Aristide Boucicaut était le fils d'un chapelier de l'Orne. Il commença à vendre des laines et cretonnes puis se rendit à Paris où il fut commis «Au Petit Saint Thomas». Il fit connaissance d'une jeune crémière du nom de Marguerite Guérin qu'il épousa et associa dès lors à toutes ses affaires. Aristide BoucicautReprenant une petite enseigne de la rue du Bac, «Le Bon Marché», il la développa en appliquant des idées révolutionnaires (produits en exposition, prix affichés et non négociés, etc). Ce fut le premier des Grands Magasins parisiens, témoignages de l'incroyable essor économique et industriel de la France sous le Second Empire. Boucicaut posa en 1869 la première pierre d'une «cathédrale du commerce pour un peuple de clients» selon le mot d'Émile Zola. Dans Au bonheur des dames, le romancier met en scène ce théâtre de la consommation, en contrepoint à la vie obscure des serveuses et modistes du temps. Boucicaut fut aussi le promoteur d'idées et de réalisations sociales très en avance sur son temps. Son personnel l'avait d'ailleurs surnommé «Le Juste». Il est le fondateur d'un hôpital parisien qui porte son nom (aujourd'hui fermé).


Pierre Joseph Proudhon    (1809 - 1865)

« La propriété, c'est le vol ! »

Cet aphorisme est tiré d'un mémoire de Pierre Joseph Proudhon : Qu'est-ce que la propriété ? ou Recherches sur le principe du droit et du gouvernement (1840). En première page de cette publication, la première d'une longue série, le philosophe écrit : «Si j'avais à répondre à la question suivante : Qu'est-ce que l'esclavage ? et que d'un seul mot je répondisse : c'est l'assassinat, ma pensée serait d'abord comprise (...). Pourquoi donc à cette autre demande : Qu'est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : c'est le vol ! sans avoir la certitude de n'être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ?».

Actualités de l'Histoire

Histoire & multimédia

Nos livres d'Histoire

Récits et synthèses

Jouer et apprendre

Frise des personnages