Maurice Thorez (1900 - 1964)
« Il faut savoir finir une grève »
Les élections législatives du 3 mai 1936 portent au pouvoir, en France, le Front populaire.
Dans les entreprises, c'est aussitôt l'embrasement. Les « grèves sur le tas » se multiplient dans l'attente de mesures sociales qui n'ont que trop tardé depuis l'instauration de la IIIe République.
Le gouvernement de Léon Blum restaure précipitamment la paix sociale en signant avec les représentants patronaux et syndicaux les accords Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin 1936 (l'hôtel Matignon est la résidence du président du Conseil).
Ces accords de Matignon prévoient des augmentations de salaires, l'élection de délégués ouvriers dans les usines, l'établissement de contrats collectifs et non plus individuels,...
Fort de ce succès, Maurice Thorez, secrétaire général du parti communiste, lance un appel aux grévistes le 11 juin 1936, à Paris : « il faut savoir terminer [une grève] dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées mais que l’on a obtenu la victoire sur les plus essentielles revendications ». Le travail reprend peu à peu dans les entreprises...
Adolf Hitler (1889 - 1945)
« Je vais à nouveau être prophète aujourd'hui : si la juiverie financière internationale, hors d'Europe et en Europe, devait réussir à précipiter encore une fois les peuples dans une guerre mondiale, il en résulterait, non pas la bolchevisation de la terre et la victoire de la juiverie, mais l'anéantissement de la race juive en Europe »
Hitler lance ce terrible avertissement le 30 janvier 1939, devant le Reichstag (Parlement allemand), à l'occasion du sixième anniversaire de sa prise de pouvoir. Pour la première fois, à cette occasion, le dictateur nazi exprime ouvertement son intention d'exterminer les Juifs. Auparavant, ses partisans s'en étaient tenus à l'égard des juifs allemands à des pogroms, des brimades, des violences localisées et des spoliations. Devant l'imminence d'un conflit généralisé, le dictateur avertit la communauté juive d'Europe et des États-Unis des terribles représailles auxquelles pourraient s'exposer les Juifs au cas où ils feraient obstacle à son projet politique. Obsédé par la défaite allemande de 1918, qu'il attribue à un complot de la «juiverie internationale», Hitler se promet qu'en cas de récidive, il prendrait les devants pour lui éviter de nuire à nouveau. Il tiendra hélas parole en décidant de l'extermination des juifs d'Europe.
Sir Winston Churchill (1874 - 1965)
« I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat... » (en anglais)
« Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur... » (traduction)
Ces mots saisissants sont extraits du discours de Churchill devant le Parlement britannique, le 13 mai 1940, trois jours après l'invasion de la France par Hitler et la nomination de l'orateur au poste de Premier ministre du Royaume Uni. Churchill, en fin connaisseur de l'Histoire, les a empruntés au révolutionnaire italien Giuseppe Garibaldi, qui les a prononcés pour la première fois à Rome, le 2 juillet 1849, devant ses Chemises rouges. Par son énergie et son talent oratoire, Churchill a déterminé les responsables et le peuple britanniques à lutter de toutes leurs forces contre le nazisme. -
« Never in the field of human conflict was so much owed by so many to so few » (en anglais)
« Jamais, dans l'histoire des guerres, un si grand nombre d'hommes n'ont dû autant à un si petit nombre. » (traduction)
Par cette déclaration publique du 20 août 1940, le Premier ministre Winston Churchill exprime la reconnaissance des hommes libres à l'égard de la poignée de pilotes de la Royal Air Force : ils ont repoussé les attaques de la Luftwaffe allemande et préservé l'Angleterre d'une invasion qui eut été fatale à la liberté en Europe.
À la veille du débarquement de Normandie, Churchill a un entretien orageux avec le général de Gaulle, chef de la France libre. Il lui dit à cette occasion : «Sachez-le, général ! Chaque fois qu'il nous faudra choisir entre l'Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu'il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai Roosevelt».
Ce principe allait très longtemps guider les dirigeants britanniques de l'après-guerre. -
Philippe Pétain (1856 - 1951)
« Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas... »
Le 25 juin 1940, quelques jours après l'armistice qui clôt l'invasion française, Philippe Pétain, porté à la tête du gouvernement français, précise dans un discours radiodiffusé son analyse des causes de la défaite et appelle les Français au redressement national (sous occupation étrangère !) :
«Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est une portion de France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c'est une portion de France qui renaît. N'espérez pas trop de l'État qui ne peut donner que ce qu'il reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l'avenir, sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir.
Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l'observe, à l'adversaire qui l'occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa dignité. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie».
Fils de cultivateurs du nord, Pétain cultive la nostalgie rousseauiste d'une France rurale et dans ce discours inspiré par l'intellectuel Emmanuel Berl, annonce un retour à la terre quelque peu anachronique. Des écrivains comme Jean Giono vont relayer cette nostalgie de la France rurale.
Adolf Hitler (1889 - 1945)
« Notre force tient à notre rapidité et notre brutalité. Gengis Khan a condamné à mort des millions de femmes et d'enfants, en toute conscience et d'un coeur léger. L'histoire ne se souvient que du grand fondateur d'État. Je me moque de ce que dit la faible civilisation ouest-européenne à mon propos. J'ai donné un ordre - et je fusillerai quiconque formulera une seule critique : l'objectif de la guerre ne sera pas d'atteindre une ligne donnée mais d'anéantir physiquement l'adversaire. C'est pourquoi j'ai disposé - pour l'instant seulement à l'Est - mes unités à tête de mort ; elles ont reçu l'ordre de mettre à mort sans merci et sans pitié beaucoup d'hommes, de femmes et d'enfants d'ascendance et de langue polonaises. C'est la seule manière pour nous de conquérir l'espace vital dont nous avons besoin. Qui parle encore, aujourd'hui, de l'anéantissement des Arméniens ? »
Source : Édouard Husson, Heydrich et la solution finale (Perrin, 2008, page 61).
Hitler formule cette déclaration le 22 août 1939 devant ses généraux réunis à l'Obersalzberg, dix jours avant l'attaque de la Pologne et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale ! Il annonce déjà son intention de tuer un maximum de personnes dans les territoires à conquérir pour faire de la place à des colons allemands. Les victimes désignées ne sont pas spécialement juives mais polonaises (slaves). Le souhait du Führer sera scrupuleusement exécuté par les SS (les unités à tête de mort) qui, dès l'attaque de la Pologne, procèderont à des massacres massifs de civils. Le propos montre assez que le processus génocidaire était en route dès avant que soit mise en oeuvre la Solution finale (l'extermination méthodique des Juifs.








