Options de lecture

Citations et Mots d'Histoire

Le temps des Révolutions

Pierre Joseph Proudhon    (1809 - 1865)

« Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu »

On peut lire dans Idée générale de la révolution au XIXe siècle (1848), un ouvrage du théoricien socialiste et révolutionnaire Pierre Joseph Proudhon : «Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est sous prétexte d'utilité publique et au nom de l'intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !» Après l'avènement de la IIe République française en février 1848, la Proudhon est élu député. Mais la rue se soulève en juin contre le gouvernement et celui-ci riposte avec brutalité. A la tribune de l'Assemblée, Proudhon prend la défense des révoltés, ce qui lui vaut un blâme. En décembre 1848, le prince Louis-Napoléon Bonaparte étant élu président de la République, Proudhon s'élève contre lui. Il paie son opposition par la prison et de l'exil en Belgique.


Karl Marx    (1818 - 1883)

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Cette formule figure en exergue du Manifeste du parti communiste, un opuscule publié en 1848 par le philosophe Karl Marx et son riche ami Friedrich Engels. Karl MarxKarl Marx a consacré le reste de sa vie à développer la thèse présentée dans ledit Manifeste. Selon cette thèse, l'Histoire serait jusqu'à ce jour fondée sur la lutte des classes : esclaves contre maîtres, serfs contre seigneurs, ouvriers contre patrons; heureusement, les ouvriers doivent mettre un terme à cette fatalité grâce à leur révolte sous l'égide des communistes. Marx a publié peu avant sa mort son œuvre majeure en trois épais volumes, Das Kapital. Cette œuvre touffue a été autant commentée que peu lue. C'est ainsi que Louis Althusser, auteur de Lire le Capital, affirme dans son autobiographie posthume (L'Avenir dure longtemps, 1992) n'en avoir lu que le Livre I... mais sans doute s'agit-il d'une provocation !


« Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, la cupidité (Eigennutz). Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son dieu ? L'argent »

Adepte du scientisme athée, en vogue à son époque, Karl Marx a participé à la diffusion de l'antisémitisme moderne dans sa version de gauche (*), en dénonçant dans la bourgeoisie juive le fer de lance du «cosmopolitisme». Ce petit-fils de rabbin a ainsi publié en 1843 un opuscule assez méconnu (et pour cause), la Question juive, où l'on peut lire les lignes ci-dessus.


Maréchal de Mac-Mahon    (1808 - 1893)

« J'y suis, j'y reste ! »

Le général Maurice de Mac-Mahon s'était acquis la gloire pendant la guerre de Crimée, en emportant après un combat acharné la tour Malakoff, qui défendait la citadelle de Sébastopol. Le général Pélissier, commmandant du corps expéditionnaire français, ayant appris que la position était minée, lui avait enjoint à cinq reprises de renoncer mais le général n'avait pas craint de lui désobéir et avait remporté la mise.

Plus tard, ayant gagné son bâton de maréchal, Mac-Mahon fut fait prisonnier avec son armée et son empereur à Sedan. Après la chute du Second Empire, il fut désigné le 24 mars 1873 par l'Assemblée nationale pour succéder à Adolphe Thiers comme président de la République. En novembre 1873, lors d'un débat à l'Assemblée en vue de prolonger son mandat, un député rappela l'épisode de Malakoff en ces termes : « Faites aujourd'hui pour la France ce que Mac-Mahon, il y a seize ans, fit pour l'armée. C'était à Malakoff ; le premier, il entre dans la citadelle, elle est minée, elle va l'ensevelir sous ses ruines, n'importe ! Il se jette sur le télégraphe et il écrit à son chef cette parole sublime dans sa simplicité : J'y suis, j'y reste ! » Ainsi naît une (belle) légende.

Légitimiste, royaliste et conservateur, le président Mac-Mahon était aussi d'une insondable naiveté. On cite volontiers son exclamation devant une inondation dans la vallée de la Garonne : « Que d'eau  ! Que d'eau ! » Incapable d'imposer à l'Assemblée un gouvernement de son choix et sommé de « se soumettre ou se démettre », il choisit la première solution, réduisant la fonction présidentielle à l'impuissance.


Émile Ollivier    (1825 - 1913)

« Nous l'acceptons le cœur léger... »

Émile Ollivier (2 juillet 1825, Marseille - 20 août 1913, Saint-Gervais-les-Bains), photo d'Étienne CarjatFils d'un député marseillais de la Seconde République, Émile Ollivier est lui-même élu au Corps législatif en 1857, sous le Second Empire, dans le « groupe des Cinq », qui désigne les députés républicains de l'assemblée.

Émile Ollivier est le rapporteur de la loi qui abolit le délit de coalition et instaure le droit de grève (25 mai 1864). Il se rallie peu après au principe d'un empire parlementaire et devient le chef du « tiers parti ». Cela lui vaut d'être appelé à la tête du gouvernement par Napoléon III le 2 janvier 1870.

Six mois plus tard, il peut affirmer avec sérénité à la tribune de l'assemblée : « À aucune époque, le maintien de la paix n'a été plus assuré qu'aujourd'hui ! De quelque côté que l'on tourne les yeux, on ne découvre aucune question qui puisse révéler le danger » Malheureuse prédiction.

Une dépêche d'Ems habilement caviardée par Bismarck met le feu aux poudres. Le 15 juillet 1870, obligé de justifier devant les députés la prochaine déclaration de guerre de la France à l'Allemagne, Émile Ollivier s'embrouille : « Oui, de ce jour commence pour les ministres, mes collègues, et pour moi, une grande responsabilité... Nous l'acceptons le cœur léger... » Sous les huées, l'orateur tente de se reprendre : « Oui, d'un cœur léger... Je veux dire d'un cœur que le remords n'alourdit pas, d'un cœur confiant... » Mais rien n'y fait et le mot désormais lui collera à la peau. Obligé de démissionner le 9 août 1870 suite aux premiers échecs militaires, il ne reviendra plus à la politique.


Henri Rochefort    (1830 - 1913)

« La France contient, dit l'Almanach impérial, trente-six millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement »

La Lanterne d'Henri RochefortCe trait d'humour a été publié le 30 mai 1868 dans le premier numéro de La Lanterne, un hebdomadaire d'opposition fondé par le journaliste et pamphlétaire Henri Rochefort, de son vrai nom Victor Henri de Rochefort-Luçay.

Rejeton d'une famille de marquis ruinée par la Révolution, il fait ses débuts au Figaro, un hebdomadaire puis quotidien fondé en 1854 par Jean Hippolyte Cartier de Villemessant. Il en est exclu en raison de la violence de ses articles à l'égard du gouvernement impérial de Napoléon III.

Profitant de la libéralisation du régime et de la loi de la presse de 1868 qui supprime l'autorisation préalable de paraître, il fonde donc La Lanterne. Le premier numéro est un succès. Il est tiré à 50 000 exemplaires.

Actualités de l'Histoire

Histoire & multimédia

Nos livres d'Histoire

Récits et synthèses

Jouer et apprendre

Frise des personnages