La « Belle Époque » - La France en effervescence - Herodote.net

La « Belle Époque »

La France en effervescence

« Belle Époque », vraiment ? Cette expression a été inventée par les Français des années 1920 pour qualifier avec un soupçon de nostalgie la période d'une vingtaine d'années qui précède la Grande Guerre 14-18. Mérite-t-elle son nom ? Sans aucun doute si l'on considère l'effervescence artistique, intellectuelle et scientifique qui agite le pays et, dans des proportions diverses, le reste de l'Europe.

Camille Vignolle
Une soirée au Pré-Catelan (Henri Gervex, 1909, musée Carnavalet, Paris)

Relative pauvreté, misère morale

L'époque devra son surnom à une bourgeoisie opulente, qui vit de ses rentes, jouit intensément des progrès et des créations culturelles de son temps et voyage beaucoup - sans passeport -. Cette « classe de loisir » est forte d'un million de personnes environ sur 40 millions d'habitants.

Mais en dépit d'une économie qui a repris sa croissance après 1896 et la fin d'une longue dépression (1873-1892), les autres Français supportent encore des conditions de vie précaires, aggravées par l'incertitude du lendemain.

Le monde ouvrier est sorti de la misère et bénéficie de quelques lois sociales comme le repos dominical (1907) ou les retraites ouvrières (1910) mais il supporte encore des journées de travail éprouvantes dans la crainte du chômage. Dans beaucoup de campagnes, rien n'a vraiment changé depuis l'Ancien Régime. Dans les régions périphériques, la population use encore du patois ou de la langue traditionnelle (breton, languedocien, gascon, basque...).

L'alcoolisme progresse comme jamais, favorisé par la loi du 17 juillet 1880 qui instaure la liberté de commerce des débits de boisson. On en vient à compter un million de « bouilleurs de cru » (paysans habilités à distiller l'alcool à partir de fruits). Cela va de pair avec une recrudescence de la violence.

Il n'empêche que les Français jouissent aussi d'une démocratie solide. Ils se flattent même d'avoir la seule République du continent européen (à part la Suisse). Les institutions républicaines, l'enseignement laïque et également les chemins de fer ont considérablement renforcé la cohésion nationale et le sentiment d'appartenance à une patrie commune. 

Bien qu'affectés par une natalité très faible, les Français ne craignent pas, pour la gloire de la Nation, d'aller coloniser les dernières contrées « sans maître », en Afrique et en Asie. C'est une forme de revanche sur la cruelle défaite de 1870-1871, face aux Prussiens, qui leur a valu de perdre l'Alsace-Lorraine...

Par-dessus tout, ils cultivent avec quelque raison le sentiment d'être à la pointe de la civilisation...


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L'Art nouveau à Vichy
Publié ou mis à jour le : 2019-08-24 18:50:09

 
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