Venise - Un empire maritime entre Occident et Orient - Herodote.net

Venise

Un empire maritime entre Occident et Orient

Célébrée aujourd’hui pour ses canaux, ses ponts, ses églises et ses palais d'une beauté sans équivalent, Venise n’a pas toujours vécu du tourisme.

Elle est née dans une lagune de la mer Adriatique, à l'abri des invasions et des tempêtes, sur cent vingt îlots consolidés par des forêts de pilotis. Elle n'a pas tardé à imposer ses lois aux cités de la mer Adriatique, longtemps surnommée le « golfe de Venise »,  mais, contrairement à toutes les autres villes de la chrétienté médiévale, elle n'avait pas d'arrière-pays. 

Ses revenus provenaient pour l'essentiel du commerce maritime et du négoce international, de la mer Baltique à... la mer de Chine. Venise entra de la sorte dans le club très fermé des « villes-monde », selon l'expression de l'historien Fernand Braudel.

Au croisement des routes marchandes entre l'Occident, Byzance et le monde islamique, la « Sérénissime République » s'est constituée de la sorte une colossale fortune pendant près de dix siècles avant que la découverte de l'Amérique ne ruine son commerce... 

Soline Schweisguth

Plan de Venise, par Georg Braun et Franz Hogemberg, publié en 1572, probablement gravé par Bolognino Zaltieri en 1565, Paris, BnF Gallica. L'agrandissement montre la carte de Venise réalisée par Mattheus Merian en 1650.

Une cité entre terre et mer

D'après les chroniques médiévales, Venise aurait été fondée le 25 mars 421 sur une lagune de la mer Adriatique, entre les estuaires du Pô et du Piave, hors de portée des hordes hunniques. Belle légende que les Vénitiens s'approprièrent par la suite pour souligner leur refus de se soumettre à un peuple étranger !

À vrai dire, la ville est plus sûrement née au siècle suivant, quand les habitants des régions avoisinantes sont venus grossir la population de pêcheurs de la lagune pour échapper aux Lombards, de rudes barbares qui avaient envahi la plaine du Pô. Ces réfugiés allaient préparer la fortune de la cité lacustre en développant  dans un premier temps l'exploitation du sel, en creusant aussi des canaux de drainage et en assainissant les îlots.

Après l’invasion des Lombards en 568, pas moins de douze villes furent créées dans la lagune, à l'abri des envahisseurs (Grado, Bibiano, Caorle, Jesolo, Heraclea, Torcello, Murano, Rialto, Malamocco, Poveglia, Chioggia et Sottomarino). Elles allaient former le noyau de l'État vénitien. 

Deux siècles plus tard, en 810, une nouvelle menace se fit jour avec l'irruption des Francs menés par Pépin d’Italie (fils de Charlemagne et roi d’Italie). Les Vénitiens se réfugièrent alors sur l’île de Rialto et se placèrent sous la protection de l'empereur de Constantinople Nicéphore. Faute de pouvoir les attaquer, Pépin dut renoncer à les soumettre. La géographie de Venise était devenue son principal atout !

Le pont du Rialto, Luca Carlevaris. Le Fabriche e vedute di Venezia, 1705, Paris, BnF Gallica. L'agrandissement montre le tableau de Francesco Guardi, Le Pont du Rialto à Venise, 1760,Toulouse,  musée des Augustins.

Profitant de son accès direct à la mer Adriatique, Venise se spécialisa rapidement dans le commerce maritime entre l'Orient et l'Occident.

Cette activité était pratiquée sans réticence aucune par les plus hauts responsables, y compris les doges, chefs élus de la cité. Ainsi, le testament du doge Justinien Parteciaco rédigé en 829 montre qu'il possédait des terres mais aussi des navires marchands.


Publié ou mis à jour le : 2019-10-10 18:53:11

 
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