La guerre de 1870 (seconde partie) - La République ne fait pas de miracle ! - Herodote.net

La guerre de 1870 (seconde partie)

La République ne fait pas de miracle !

Après la défaite de Sedan, la chute de l'Empire et le siège de Paris, la guerre franco-prussienne va se jouer en province. Gambetta met sur pied plusieurs armées. Elles marchent bientôt sur Paris mais parviendront-elles à briser le siège de la capitale ?

En octobre, trois mois après le début de l'invasion, rien n'est encore perdu et de nombreux succès sont enregistrés. Tout l'enjeu est de parvenir à coordonner rapidement et avec efficacité des corps d'armées dispersés afin de libérer Paris. Encerclée par les Prussiens et leurs alliés, la capitale n'a plus aucun ravitaillement. La population est affamée et doit subir les bombardements de l'artillerie ennemie.

Dans le camp adverse, l'enjeu est tout aussi décisif. Le chancelier prussien Bismarck a besoin d'une victoire. Il doit vaincre la France pour enfin réaliser le plan grandiose auquel il a consacré l'essentiel de sa vie : créer un Reich réunissant tous les États allemands et faire de l'Allemagne une puissance sans rivale en Europe. Mais il faut maintenir l'étau sur Paris et battre les armées françaises qui montent de la province...

Général (2S) André Bourachot, colonel (er) Henri Ortholan

Aux environs d'Orléans, scène de la guerre franco-allemande de 1870, Franz Adam, 1877, musée Soumaya, Mexico.

La levée des armées

En quatre mois, la Délégation de Tours parvient à réunir 1 400 000 hommes et à constituer douze corps d’armée et quelques formations indépendantes, qu’elle encadre, arme et équipe tant bien que mal. Sans valoir, loin s’en faut, l’ancienne armée impériale, ces nouvelles troupes feront à l’occasion bonne figure sur le champ de bataille et tiendront l’envahisseur en échec à plusieurs reprises.

Garibaldi à Dijon, Sebastiano De Albertis, 1877, De Agostini Picture Library.La plupart partent renforcer essentiellement l’armée de la Loire, qui devient une très grosse formation. C’est ainsi que, dans un premier temps, un 16e corps rejoint le 15e, tous deux constituant à partir de fin octobre l’armée de la Loire. Mais d’autres armées sont réunies, comme celle du Nord, puis celle de Lyon qui deviendra le 24e corps, puis celle des Vosges, armée hétéroclite composée des unités les plus diverses, dont le célèbre condottiere Giuseppe Garibaldi prend le commandement.

Dès lors, le théâtre d’opérations en province s’étend largement au-delà de la capitale.

Tout en livrant plusieurs batailles et combats, les armées de province s’engagent dans une course de vitesse pour tenter de dégager la capitale avant que cette dernière ne soit contrainte de capituler par la famine.

De leur côté, les Prussiens et leurs alliés, dont le grand quartier général s’est installé à Versailles, sous l’autorité du général von Moltke, doivent disperser leurs efforts pour faire face à l’apparition inattendue de ces nouvelles armées françaises.

Rifle Regiment No. 108 - Bataille de Villiers (ou Champigny), 1870, Brück & Sohn, Meißen, Allemagne.

Succès et revers

Le 24 octobre, à Metz, le maréchal Bazaine capitule avec 190 000 hommes et 1 650 canons. Pendant que l’armée du Rhin prend le chemin de la captivité, les deux armées prussiennes, la 1re et la 2e, qui constituaient le corps de siège sous Metz peuvent marcher sur Paris.

Salut à la victoire, (bataille de Coulmiers), tableau de Henri Charles Étienne Dujardin-Beaumetz in Histoire générale de la guerre franco-allemande, 1870-1871, colonel Rousset, édition Jules Tallandier, 1911.Sitôt parvenue dans la capitale, la nouvelle provoque une émeute le 31, au cours de laquelle le gouvernement se retrouve temporairement prisonnier. Trochu organise alors un référendum, le 3 novembre, dont les résultats renforcent son autorité. Deux jours plus tard, il organise des élections municipales.

Puis, le 9 novembre, premier succès de la guerre, l’armée de la Loire bat le 2e corps bavarois à Coulmiers et libère Orléans le lendemain. Elle oblige alors la 2e armée prussienne (prince Frédéric-Charles) à marcher contre elle.

Pendant ce temps, la 1ère armée prussienne (général von Manteuffel) passe au-dessus de Paris pour affronter une armée du Nord constituée près d’Amiens sous les ordres du général Bourbaki à partir du 20 octobre.

Le 27 novembre, commandée provisoirement par le général Farre, l’armée du Nord livre un combat très honorable sous les murs d’Amiens, mais doit abandonner la ville. Le lendemain, l’armée de la Loire, organisée en camp retranché autour d’Orléans, voit deux de ses corps d’armée, le 18e et le 20e, placés sous l’autorité directe de Tours, battus à Beaune-la-Rolande par la 2e armée prussienne.

Le 29 novembre, la 2e armée de Paris, du général Ducrot, tente une sortie et livre une bataille de trois jours à Champigny. Pour venir à sa rencontre, l’armée de la Loire fait mouvement à son tour, livre un combat heureux à Villepion le 1er décembre, mais se fait battre le lendemain à Loigny et se retrouve coupée en deux le soir-même.

Une partie abandonne Orléans le 5 et traverse la Loire pour rejoindre la Sologne, l’autre partie bat en retraite vers l’Ouest. Le lendemain, Tours réorganise l’armée de la Loire en une 1re armée de la Loire, formée des corps qui ont traversé la Loire, confiée au général Bourbaki, l’autre en une 2e armée de la Loire confiée au général Chanzy. Le 8 décembre, conséquence de la défaite de Loigny, la Délégation se transporte de Tours à Bordeaux.

Bombardement à Paris, Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, fin XIXe siècle, Paris, musée Carnavalet.

Paris sous les bombes

Après la sortie manquée de Champigny, la garnison de Paris en tente une nouvelle le 21 décembre, une fois de plus au Bourget, qui échoue tout autant, et une dernière à l’ouest de Paris, le 19 janvier 1871, avec les mêmes résultats.

Or, entretemps, les Prussiens, étant parvenus à acheminer leur artillerie de siège sous les murs de la capitale, entreprennent de la bombarder à partir du 6 janvier 1871. Ce bombardement durera jusqu’au 26 janvier. Il fait quelques centaines de victimes et ne provoque pas de dégâts considérables. En revanche, la population souffre de plus en plus du froid et de la famine.

Le Général Faidherbe au combat de Biefviller-lès-Bapaume, 3 janvier 1871,  Charles Édouard Armand-Dumaresq, 1883, Hôtel de Ville, Bapaume, Pas-de-Calais.


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Les pertes de la guerre
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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