Toute l'Histoire en un clic
Herodote Facebook Herodote Twitter Herodote Youtube
Ami d'Herodote.net
>
Clemenceau
Georges Clemenceau âgé
• 18 mars 1871 : la Commune de Paris
• 20 mars 1893 : le scandale de Panama
• 13 janvier 1898 : l'Affaire Dreyfus
• 9 décembre 1905 : séparation des Églises et de l'État
• 10 mars 1906 : la catastrophe de Courrières
• 19 juin 1907 : la révolte viticole
• 2 août 1913 : les brigades du «Tigre»
• 17 novembre 1917 : un gouvernement pour faire la guerre
• 28 juin 1919 : le traité de Versailles
• 19 février 1919 : attentat contre le «Tigre»
• 17 janvier 1920 : échec à l'élection présidentielle
Toute l'Histoire en un clic
Publicité

Georges Clemenceau

Dans l'intimité du « Tigre »


À Paris, sur la colline du Trocadéro, au 8, rue Benjamin Franklin, un immeuble haussmannien cache l'appartement de cinq pièces où le « Tigre » vécut les trente-cinq dernières années de sa vie, dans la seule compagnie de sa cuisinière et de son valet.

Il s’y installa en 1896, peu après l’affaire de Panama, à la suite de laquelle il perdit son siège de député et c'est là qu'il rendit son dernier soupir le 24 novembre 1929, à 88 ans.

Dans l'intimité du « Tigre » avec Jean-Noël Jeanneney

Jean-Noël Jeanneney est historien, homme de lettres et de radio, ancien secrétaire d'État... et également petit-fils de Jules Jeanneney, proche collaborateur de Georges Clemenceau et sous-secrétaire d'État à la Guerre dans son cabinet.

Il préside la Fondation du musée Clemenceau et c'est à ce titre qu'il nous a reçus le 6 novembre 2017 dans l'appartement parisien du « Tigre » pour nous en faire la visite.

Un lieu de mémoire et d'Histoire

Grâce à James Stuart Douglas, un milliardaire américain grand admirateur du « Tigre », qui racheta l'immeuble tout entier et en fit une fondation privée, on peut encore voir le lieu dans l'état précis où il était au moment de sa disparition. C'est un appartement bourgeois somme toute modeste, sans luxe ostentatoire, rempli des cinq mille ouvrages de la bibliothèque de Clemenceau et de ses collections de bibelots...

Le bureau de travail de Georges Clemenceau dans son appartement parisien

On mesure ici la passion de Georges Clemenceau pour la peinture de ses amis Édouard Manet... et surtout Claude Monet, mais aussi pour l'art japonais, représenté par de nombreux objets d'art et bibelots disposés autour de son bureau, notamment des kogos ou boîtes à encens destinées à accompagner la cérémonie du thé. Le « Tigre » en collectionna jusqu'à trois mille dont il fit don en 1908 au musée d'Ennery, une annexe du musée Guimet, sur l'avenue Foch.

Le musée Clemenceau (8, rue Benjamin Franklin, Paris)Dans le salon où il reçut toutes les sommités de son temps, des gravures attestent aussi de son goût pour la Grèce antique. Rappelons qu'il écrivit une biographie de Démosthène à la fin de sa vie.

Cet appartement est un lieu magique où bruisse l'Histoire de France et du monde : Affaire Dreyfus, « Belle Époque », séparation des Églises et de l'État, Grande Guerre, traité de Versailles...

C’est de là que, devenu journaliste, Georges Clemenceau suivit l’affaire Dreyfus, rédigeant pour la défense de celui-ci 665 articles (près de 3300 pages) entre 1899 et 1903 !

C’est ici qu’il continua à habiter résolument lorsqu’il fut  par deux fois nommé président du Conseil, en charge du ministère de l’Intérieur entre octobre 1906 et juillet 1909, puis des Armées entre novembre 1917 et janvier 1920.

Georges Clemenceau chez lui (8, rue Benjamin Franklin, Paris) à l'époque de l'Affaire Dreyfus Il refusa à chaque fois d’habiter dans les palais officiels car, disait-il « je ne veux pas vivre en meublé ». C’est là aussi qu’il se retira après avoir quitté la vie politique en 1920 et travailla notamment à ses dernières œuvres.

Et sans doute là aussi qu'il reçut quelques-unes de ses nombreuses relations féminines quoique la chambre et le lit n'aient rien pour exciter les sens.

L'appartement donne de plain-pied sur un coquet jardinet, avec vue sur la Tour Eiffel. La visite se prolonge à l'étage supérieur, au musée Clemenceau, où une exposition permet de marcher sur les traces de l'homme d'État, de son enfance vendéenne à sa carrière à multiples rebonds.

On peut voir sa boîte de pistolets avec laquelle il livra plusieurs duels. Sportif, prenant soin de sa ligne mais ne ménageant pas ses efforts, il pratiquait l'escrime et c'était aussi un bon cavalier, ce qui lui valut de séduire aux États-Unis une collégienne qui devint son épouse et lui donna trois enfants... avant de finir seule et répudiée.

Mais partout, dans l'appartement comme dans l'exposition, tout démontre la première passion du « Tigre » : l'écriture ! Resté fidèle à la plume d'oie, il noircissait du papier comme personne. Il lui arriva ainsi, pendant les années difficiles consécutives à l'affaire Panama, de publier une revue dont il écrivait tous le contenu. Mais son rêve inabouti fut la littérature. Quelques romans et une pièce de théâtre, Le voile du Bonheur (1901), ne lui ont pas suffi à accéder à la gloire littéraire.

Les kogos ou boîtes à encens de Georges Clemenceau sur sa table de travail (musée Clemenceau)

Racines vendéennes

Maison natale de Georges Clemenceau à Mouilleron-en-Pareds (Vendée)Georges Clemenceau est né à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, dans la maison de ses grands-parents maternels, sise rue de la Chapelle (!). À proximité se trouve aussi la maison natale du maréchal Jean de Lattre de Tassigny.

Mais le « Tigre » a passé la plus grande partie de son enfance dans le château du grand-père paternel, L'Aubraie, près de la Féole. C'est aussi dans ce château que vécurent plus tard sa femme et ses trois enfants, Madeleine, Thérèse et Michel, pendant que lui oeuvrait à Paris.

L'Aubraie (Vendée), château de la famille de Georges ClemenceauSon père lui ayant donné sa part d'héritage par anticipation en vue de combler les dettes de ses journaux, Clemenceau perdit tout droit sur le château, lequel appartient aujourd'hui à la famille de son frère. 

Lui-même, en 1920, à la fin de sa vie, loua une modeste maison face à l'océan, à Saint-Vincent-sur-Jard, au lieu-dit Bélébat. Il la réaménagea avec son ami Claude Monet pour en faire sa maison de campagne. C'est aujourd'hui un musée à sa gloire. Enfin, c'est à Mouchamps, dans le petit bois du Colombier, près de son père, qu'il a demandé à être inhumé et qu'il repose depuis lors (en position allongée comme il se doit !).

André Larané
Georges Clemenceau et Claude Monet à Bélésbat, Saint-Vincent-sur-Jard(Vendée)

Publié ou mis à jour le : 2017-11-15 23:37:01

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Maurice (17-11-201713:00:25)

A propos de la tentative d'assassinat de Clémenceau il est précisé à la fin que Cottin, après avoir purgé sa peine, est mort lors de la guerre d'Espagne tout comme Villain l'assassin de Jaurès. Deux allumés dangereux certes et rien, rien, n'excuse leurs gestes, mais puisqu'un parallèle est fait (?) entre ces 2 personnages, il n'est pas inutile de préciser que le premier luttait dans les brigades internationales et le second chez les franquistes.

frederic houmeau (16-11-201711:32:07)

Toute hagiographie est par essence une imposture Mr Jeanneney. Voila ce que l'on peut lire dans une encyclopédie américaine : "Though Clemenceau had many mistresses, when his wife took as her lover a tutor of their children, he had her put in jail for two weeks and sent her back to the United States on a steamer in third class. He divorced her, obtained custody of their children and had her stripped of her French nationality." Ce n'est pas glorieux et cela lève un coin du voile : Clemenceau - à ... Lire la suite

marie (10-11-201710:37:24)

La photo de St-Vincent-sur-Jar ne me semble pas correspondre à la réalité : lorsque j'y suis passée, le jardin m'a tout de suite fait penser à une toile de Monet, et c'est ensuite, au cours de la visite, que j'ai appris que Clémenceau et Monet , étaient amis ; mais peut-être les années qui passent ....

M.Cherbonneau (10-11-201709:29:39)

N'oubliez pas qu'il était médecin de formation. Il avait son dispensaire à Montmartre, 23 rue des Trois frères. Il exerça pendant vingt ans, au service des gens du quartier.Il est un pionnier de la médecine du travail.

Jacques (10-11-201410:32:23)

Merci de tous ces articles sur Clemenceau, un des plus grands hommes de notre histoire, grâce auxquels notre pays existe encore.


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

Quelle relique a abrité la Sainte Chapelle de Paris ?

Réponse
Publicité