Après la Première Guerre mondiale, la Fédération révolutionnaire arménienne a mis en place l’opération Némésis (déesse grecque de la juste colère et de la rétribution céleste) afin de châtier les responsables du génocide arménien qui avaient échappé à la justice. Plusieurs de ses membres vont ainsi assassiner des dignitaires turcs exilés, condamnés à mort par contumace.
Le 15 mars 1921, Soghomon Tehlirian, un étudiant de 25 ans dont la famille a été anéantie dans le génocide, abat ainsi à Berlin l’ex-ministre de l’Intérieur et grand vizir de l’empire ottoman, Mehmet Talaat Pacha, principal organisateur du génocide arménien et qui avait fui la Turquie à la chute du régime. Durant son procès, la responsabilité de Talaat dans le génocide est longuement évoquée et Tehlirian est acquitté par le tribunal berlinois. Le procès nourrira la réflexion du jeune juriste polonais Raphaël Lemkin qui, vingt ans plus tard, en tirera une définition juridique du génocide.
Quelques mois plus tard, le 5 décembre 1921, c’est Saïd Halim Pacha, petit-fils de Méhémet Ali et grand vizir ottoman durant le génocide arménien qui est assassiné, dans un taxi, à Rome, par un Arménien de 21 ans, Archavir Chiragian. L’année suivante, ce dernier récidivera en assassinant avec un complice deux autres responsables du génocide à Berlin. Il émigrera ensuite aux États-Unis. Les assassins des deux grands vizirs sont aujourd’hui considérés comme des héros nationaux en Arménie.










Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Aucune réaction disponible