Animal

Un compagnon de toujours

Au début, tout allait bien, toutes les créatures vivaient en paix dans les jardins de l'Éden. Puis Ève eut la mauvaise idée de goûter le fruit défendu et tout s'écroula : l'harmonie primitive disparut, et l'homme et l'animal se retrouvèrent en compétition pour survivre.

Cette cohabitation n'a cessé d'évoluer, de la guerre au partage du canapé. Ne compte-t-on pas aujourd'hui dans un pays comme la France plus d'animaux de compagnie que d'habitants ?

Isabelle Grégor
Joshua Reynolds, Miss Jane Bowles, 1775, Wallace Collection, Londres
Familiers et effrayants

Notre imaginaire est habité par l'animal. Il suffit pour s'en convaincre d'observer les premières représentations peintes sur les murs des grottes, il y a 16.000 à 18.000 ans : le bipède est absent, insignifiant face aux grandes cavalcades de chevaux, de taureaux ou de mammouths.

Tapisserie de La Dame à la licorne. La vue, fin du XVe s., Paris, musée national du Moyen Age.La mythologie gréco-latine est encore riche d'exemples : pensons à Bellérophon, le héros grec, qui trouve un fidèle compagnon dans le cheval ailé Pégase, ou encore à la louve qui a nourri les jumeaux Rémus et Romulus.

Dans les manuscrits du Moyen Âge, nous croisons un bestiaire richement peint et mis en scène, avec, à côté de Messire Renart ou Goupil et ses amis, des créatures fantasmagoriques plus improbables (griffons, licornes…).

Au XIIe siècle, Chrétien de Troyes envoie Yvain combattre les ennemis de la Table ronde aux côtés d'un fidèle mais curieux allié, un lion. Trois siècles plus tard, des tapissiers flamands représentent une jeune femme et une licorne : la complicité entre ces deux personnages est un des mystères de la tenture La Dame à la licorne.

La religion n’est pas en reste. Trois évangélistes sont associés à un animal (le lion pour Marc, l’aigle pour Jean et le taureau pour Luc) ; Matthieu, associé à un ange, fait exception. On sait moins que saint Corbinien utilisait un ours comme monture et saint Brendan une baleine.

L’homme et l’animal, une relation immémoriale

On observe à l’Âge de pierre, dans les contrées froides de l’hémisphère nord, une véritable civilisation du mammouth, tant cet animal, disparu il y a 7 à 8000 ans, a pu être utile aux premiers hommes : nourriture, ustensiles, armes et objets décoratifs en os...

Cave canem, mosaïque de la maison du Poète tragique, Ier s. ap. J.-C., Pompéi.Mais les premières traces de domestication apparaissent seulement 10.000 ans av. J.-C. dans les villages de chasseurs du Mont Carmel (Israël), avec le chien.

Celui-ci, ou plutôt son ancêtre le loup, traquait tout comme l’homme les troupeaux d’herbivores. Les deux compères ont fini par s’associer jusqu’à devenir les plus grands amis du monde.

La domestication a pu commencer quand des femmes ont recueilli des chiots et se sont dévouées pour les nourrir au sein. Ce comportement se retrouve encore aujourd’hui dans certaines régions du monde, avec chiots, faons, oursons, singes…

Les hommes vont attendre trois mille ans avant de domestiquer un nouvel animal : la chèvre. Bœufs, moutons, porcs et poules rejoignent à leur tour le cercle des animaux domestiques.

Peu à peu, les hommes vont découvrir leurs potentialités et en tirer profit par la sélection génétique. Ainsi les poules vont-elles pondre des œufs à un rythme quotidien et les vaches donner plusieurs milliers de litres de lait par an. Ainsi ces espèces vont-elles évoluer plus ou moins vite jusqu’à devenir dépendantes de leur condition domestique. La plupart de nos actuelles races de chiens seraient par exemple bien en peine de survivre à l’état sauvage.

Compagnons de notre vie

Dès les premiers temps de l’humanité, l’animal familier est perçu sous plusieurs aspects. C’est d’abord l’aspect utilitaire : le mouton pour sa viande et sa laine, le chien pour chasser puis garder les troupeaux… C’est ensuite l’aspect religieux, qui n’est pas à négliger, des peintures de Lascaux au culte du chat chez les Égyptiens ou à celui de l’ours chez les Aïnous de l’archipel nippon.

C’est enfin l’aspect ludique : l'oiseau pour égayer les journées, le chien pour les jeux, le chat pour la tendresse… C'est dans cette dernière catégorie que se situe à proprement parler l'animal domestique, c'est-à-dire attaché à la maison (« domus » en latin).

Dès l'Antiquité, l'homme aime s'entourer de créatures pour lui apporter prestige ou tendresse. Si l’on en croit l’historien Suétone, l’empereur romain Caligula a envisagé de conférer à son cheval Incitatus la dignité de consul ! Mais l’écrivain a peut-être exagéré en parlant à son propos d'une écurie en marbre et d'avoine pailletée d'or.

On dit aussi que le cruel Néron ne fondait que devant Phoebée, une belle tigresse qu'il aimait convier à ses banquets. Plus tard, c'est aussi la force et la beauté qu'admirait François Ier chez le léopard qu'il aimait avoir à portée de main.

Gaston Phoebus, Livre de chasse, « Folio du chien courant et de toute sa nature », 1389, Paris, BNF

 

Codex Manesse, « Le repos du fauconnier », 1305-1340, bibliothèque de l'université de Heidelberg.

Partenaire de chasse, le chien est l’objet d’une passion dévorante de la part des seigneurs, au Moyen Âge.

Il n’est que de voir le soin apporté par Gaston Phoebus à la description des différentes races de chiens dans le Livre de chasse rédigé au XIVe siècle.

Il est concurrencé dans cette fonction par le faucon, auxiliaire des chasseurs en Occident comme dans la plupart des civilisations aristocratiques, de la Chine du grand Khan à l’Arabie actuelle.

L’animal domestique se démocratise au XIXe siècle. Ce ne sont plus les seules courtisanes que l'on voit jouer avec leurs chiens « de manchon » (que l’on fourre dans la manche) à l'exemple de Ninon de Lenclos et son minuscule terrier.

Aujourd’hui, près de la moitié des foyers hébergent un Titi, un Bubulle ou un Panpan, récemment rejoints par des créatures plus exotiques connues sous le nom de NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) : furets, iguanes, mygales et autres boas !

La carpe du roi

Les archives conservent le souvenir de la passion qu'éprouvait Louis XIV pour les poissons ! Il aménage au château de Marly toutes sortes de cascades pour leur agrément. Il y fait installer de grandes vasques de marbre pour accueillir ses plus beaux spécimens et y admirer la reine de ce royaume, une carpe géante, bien entendu de couleur dorée. Il vient la nourrir, l'observer, lui susurrer des mots doux. Un jour, la promenade si attendue tourne au drame : « la Dorée » a disparu ! Qu'à cela ne tienne ! Immédiatement les bassins sont vidés, les poissons recomptés.

La découverte de la favorite à écailles, morte au fond du bassin, a un effet désastreux : le roi s'enferme dans son cabinet, refusant d'accueillir les visiteurs, étonnés d'être sacrifiés pour une carpe ! Quelques vers délicieux gardent la mémoire cet incident :
« À Marly paraît un courrier
Que l’on devait expédier,
Mais l’huissier qui garde la porte
Lui dit : « Retirez-vous d’ici !
La carpe favorite est morte,
On ne voit personne aujourd’hui. »

L’animal, homme ou machine ?

Frida Khalo, Autoportrait avec singe et perroquet, 1942.

Les rapports étroits tissés avec nos compagnons à plumes, à poils ou à écailles ont conduit très tôt les penseurs à s’interroger sur leur statut. Fallait-il considérer les animaux comme de simples objets ou des êtres sensibles, voire pensants ?

Pythagore, au VIe siècle av. J.-C., s'inquiétait du sort réservé à ces créatures qui, selon sa théorie de la métempsycose, auraient pu accueillir l'âme d'un ancêtre.

Sans accorder foi à cette théorie, les gens du Moyen Âge percevaient chez les animaux une faculté de discernement et, donc, les tenaient pour responsables de leurs actes.

Certains en firent les frais, telle cette truie qui, en 1396, en Normandie, soupçonnée d'avoir tué un nourrisson, fut jetée en prison, jugée en bonne et due forme avant d'être vêtue, torturée et exécutée en place publique.

Dans un sens autrement plus souriant, saint François d’Assise exprime sa foi en Dieu dans l’affection qu’il porte aux animaux et à la Création dans son ensemble. Dans la basilique construite à Assise en son honneur, le peintre Giotto le représente prêchant aux oiseaux ou apprivoisant le loup de Gubbio.

Ces bons sentiments prennent fin avec le Moyen Âge. L'animal est abandonné à son sort et le philosophe René Descartes peut développer sa théorie mécaniste de l’animal-machine sans choquer personne.

George Stubbs, Singe vert, 1798, Walker Art Gallery.

On observe un revirement de l’opinion au XVIIIe siècle - siècle par excellence de la sensibilité -.

Le nouvel intérêt porté à la condition animale conduit à la création en Angleterre, en 1830, de la Société royale pour la prévention de la cruauté avec le soutien de la jeune reine Victoria. En France, en 1845, le docteur Étienne Pariset fonde la Société protectrice des animaux (SPA). En 1850, le général Jacques Delmas, comte de Grammont, fait passer une loi punissant « les personnes ayant fait subir publiquement des mauvais traitements aux animaux domestiques ».

Aujourd'hui dans le Code civil, qui différencie personnes et meubles, l'animal est considéré comme un « bien meuble » sur lequel s'exerce un droit de propriété.

Il n’en profite pas moins d'une protection grâce aux efforts des législateurs de ces dernières décennies. Ce n’est toutefois pas de sitôt que l’on verra un porcin sur le banc des accusés.

C comme chien, chat, cheval
- du chien de chasse au chien de salon

Malade comme un chien, une vie de chien, un chien fou... Nom d'un chien ! Le chien a inspiré les expressions familières ! Il est vrai que depuis plus de 12000 ans il est à nos côtés tour à tour chasseur, protecteur ou clown.

Edwin Landseer, Chien en deuil du vieux berger, 1837, Londres, Victoria and Albert Museum

 

Animal aux multiples visages, il est à la fois rejeté dans les fonds de basse-cour et installé à quelques mètres du lit des rois, comme à Versailles où Louis XIV fait aménager un « Cabinet des chiens » pour ses favoris à quatre pattes.

Depuis l'Antiquité, les souverains de tous horizons se sont entichés de leurs compagnons de chasse et appliqués à mieux les connaître.

Mais le chien royal n'est pas toujours un grand sportif : prenons pour exemple la petite Courte, la chienne adorée de Charles IX, qui paradait dans des habits de velours et mangeait les friandises sur la table de son maître. A sa mort, elle fut transformée en paire de gants pour le souverain puis immortalisée dans les vers de Pierre Ronsard :
« Courte, ainsi, morte et vive a fait
À son Roy service parfait »
.

Animal de compagnie par excellence, le chien est apprécié pour sa beauté et prend place sur les portraits aux pieds des plus grands. Mais pour le peuple il est longtemps resté un compagnon de travail, allant jusqu'à servir de bête de trait pour aider le facteur ou le docteur dans leurs tournées, au XIXe s.

Et c'est logiquement qu'il a été choisi en 1957 pour devenir le premier être vivant à tourner en orbite autour de la Terre : si la petite Laïka n’a pas survécu à son voyage, son nom est entré dans l'histoire et sa statue, à Moscou, rend hommage à travers elle à cet animal aux multiples facettes !

Attelage de chiens, carte postale ancienne.
« Les Bons chiens » selon Charles Baudelaire (Petits Poèmes en prose, 1869)

Arrière la muse académique! Je n'ai que faire de cette vieille bégueule. J'invoque la muse familière, la citadine, la vivante, pour qu'elle m'aide à chanter les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés, ceux-là que chacun écarte, comme pestiférés et pouilleux, excepté le pauvre dont ils sont les associés, et le poète qui les regarde d'un œil fraternel.
Fi du chien bellâtre, de ce fat quadrupède, danois, king-charles, carlin ou gredin, si enchanté de lui-même qu'il s'élance indiscrètement dans les jambes ou sur les genoux du visiteur, comme s'il était sûr de plaire, turbulent comme un enfant, sot comme une lorette, quelquefois hargneux et insolent comme un domestique ! Fi surtout de ces serpents à quatre pattes, frissonnants et désœuvrés, qu'on nomme levrettes, et qui ne logent même pas dans leur museau pointu assez de flair pour suivre la piste d'un ami, ni dans leur tête aplatie assez d'intelligence pour jouer au domino !
A la niche, tous ces fatigants parasites!
Qu'ils retournent à leur niche soyeuse et capitonnée. Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque, le chien dont l'instinct, comme celui du pauvre, du bohémien et de l'histrion, est merveilleusement aiguillonné par la nécessité, cette si bonne mère, cette vraie patronne des intelligences!
Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l'homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : « Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur ! »

- Sacré chat

Théophile Alexandre Steinlen, Prochainement. Tournée du Chat Noir avec Rodolphe Salis, 1896, Paris, musée de la Publicité.Les momies égyptiennes nous rappellent que c'est dans la vallée du Nil que les premiers chats furent domestiqués pour participer à la lutte contre les rongeurs de blé.

Vers 2000 av. J.-C., le félin commence à occuper une place à part. Il devient animal sacré. C’est au point que la mort d’un chat entraîne le deuil au sein des familles, comme le raconte le voyageur Hérodote, étonné de ce culte inconnu en Grèce.

Notre matou va rapidement conquérir l'Europe, l'Asie puis le reste du monde. La cohabitation se passe sous les meilleurs auspices avant que les gens du Moyen Âge ne commencent à regarder d'un mauvais œil cette créature jugée gloutonne, hypocrite, paresseuse et trop indépendante. Mais surtout, on craint ses liens avec les esprits : ne peut-elle pas prévoir le temps, d'un simple coup de patte derrière l'oreille ? N'est-elle pas le compagnon préféré des sorcières ?... Il n’est pas rare que des chats soient alors jetés vivants au bûcher.

Le XVIIe siècle n'est cependant pas insensible à son charme, au point de faire venir des espèces de fort loin, de Perse par exemple. Les Anglais succombent à leur tour, n'hésitant pas à ouvrir des chatières dans les portes des belles demeures. Moncrif écrit au Siècle des Lumières une Histoire du chat, y gagnant le titre d' « historiogriffe » de la part de Voltaire et ses collègues.

Louis Léopold Boilly, Gabrielle Arnault, début du XIXe s., Paris, musée du Louvre.Les siècles suivants, les hommes célèbres deviennent les principaux avocats de l'animal : Victor Hugo l'installe sous un dais rouge, Edgar Poe en fait le héros de ses nouvelles, Charles Baudelaire lui consacre ses poèmes :
« Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort doux et charmant »
.

Il devient le compagnon des artistes qui aiment, à la façon de Colette ou Jean Cocteau, se faire immortaliser à ses côtés.

Les mistigris et minettes de tous poils vont ainsi se rendre indispensable par leurs manifestations de tendresse tout en gardant leur indépendance.

Dans un autre registre, celui de la malice, Tom, Grosminet et Garfield sont devenus des stars.

- Le cheval, « plus noble conquête de l'homme »

Anatomie et pathologie du cheval, Kitâb al-baytara (Traité d'hippiatrie), 1766, Paris, BNF.Le cheval est venu d'Amérique par le détroit de Béring (il a ensuite disparu du Nouveau Monde avant d'y être réintroduit par les conquistadores espagnols).

Il passe du statut d'animal sauvage à celui d'animal domestique sur les bords du Dniepr, en Ukraine, vers 4000 av. J.-C. Il est chassé pour sa viande mais aussi apprécié pour la guerre. Vers 3500 av. J.-C., à Sumer, au sud de la Mésopotamie, apparaissent les premiers chars tirés par des chevaux.

Les hommes ne commencent à monter les chevaux qu’au premier millénaire avant notre ère. Certains peuples retournent alors au nomadisme et, comme les Mongols, conquièrent grâce à lui d’immenses territoires.

Son statut d’auxiliaire de guerre vaut au cheval un grand respect de la part de ses maîtres. La chronique rapporte que Vercingétorix et ses hommes, affamés par les assiégeants romains à Alésia, préférèrent libérer leurs montures plutôt que les manger.

Au VIIe siècle, les Francs empruntent aux nomades l’étrier, une invention qui confère au cavalier une remarquable stabilité. Leur cavalerie va dès lors acquérir une irrésistible suprématie sur l’infanterie et la chevalerie, regroupant l’ensemble des guerriers à cheval, va devenir en Occident, pour de longs siècles, la classe dominante.

Le cheval, que le naturaliste Buffon qualifie de « plus noble conquête de l’homme », fait l’objet, au XVIIIe siècle, d’un quasi-culte. À Chantilly, les princes de Condé lui aménagent des écuries dont la splendeur surpasse bien des palais.

Edmond Granjean, La place Clichy à Paris en 1896, 1896, Paris, musée Carnavalet.

 

Théodore Géricault, Tête de cheval blanc, 1810, Paris, musée du Louvre.Le cheval devient le modèle favori des peintres, tels Théodore Géricault, qui lui-même meurt à 33 ans des suites d’une chute de cheval, ou Edgar Degas, fervent adepte des champs de course. L'école de dressage du Cadre noir de Saumur, créée en 1825, cultive ses qualités de sportif et d’acrobate.

Le XIXe siècle est celui du cheval-roi. Il est partout, dans les rues, les fermes, jusqu'au fond de la mine. Dans le Paris du XIXe siècle, il vaut mieux être prudent si l'on ne veut finir sous les sabots d'un équidé ! La ville est en effet envahie par près de 100000 chevaux, qui font la richesse des marchands de fourrage puisqu'ils utilisent 40 millions de tonnes de bottes de paille par an, sans compter le foin et l'avoine.

C’est à cheval que les dandies remontent lentement les Champs-Élysées ; les élégantes empruntent les nombreux fiacres qui sillonnent la ville et les bourgeois modestes se satisfont des voitures hippomobiles de la Compagnie des omnibus. N'oublions pas les brigades à cheval qui concourent avec la maréchaussée au maintien de l'ordre.

Au XXe siècle, loin de disparaître, le cheval retrouve une seconde jeunesse avec le développement des courses et de l’équitation de loisir.

Bucéphale, le cheval conquérant

Baron Antoine Jean Gros, Alexandre domptant Bucéphale, Paris, musée du Louvre.« Tête de boeuf » : drôle de nom pour le cheval d'un roi ! Il augurait un sacré caractère pour un animal qui sut pourtant trouver son maître, le futur Alexandre le Grand.

Voici leur rencontre, racontée par Plutarque : « Alexandre, s'en courant vers le cheval, le prit par la bride et le retourna, la tête vers le soleil, s'étant aperçu, comme je crois, que le cheval se tourmentait à cause qu'il voyait son ombre, laquelle tombait et se remuait devant lui à mesure qu'il se mouvait ; puis en le caressant un peu de la voix et de la main, [...] laissa à la fin tout doucement tomber son manteau à terre et, se soulevant d'un saut extrêmement léger, monta dessus sans aucun danger ; [...] puis quand il vit qu'il eut jeté tout son feu de dépit et qu'il ne demandait plus qu'à courir, alors il lui donna carrière à toute bride en le pressant encore avec une voix plus âpre que son ordinaire et un talonnement des pieds » (Plutarque, Vies des hommes illustres, IIe s. ap. J.-C.).

Chevauchant le fidèle Bucéphale, Alexandre part à la conquête de l'Asie, aventure où son cheval laisse la vie. C’est après la bataille de Hydaspe en 326 av. J.-C. En hommage à son fidèle compagnon, Alexandre fonde la ville de Bucéphalie sur la rivière Jhelum, au Pakistan.

Bibliographie

Georges Clairin, Portrait de Sarah Bernhardt,1876, Paris, musée du Petit Palais.Pour cet article, nous nous sommes inspirés des documents suivants :


Revue L'Histoire, « Des Animaux et des hommes », n°338, janvier 2009.
Laurence Bobis, Les Neuf vies du chat, Gallimard (Découvertes), 1991.
Jean-Pierre Digard, Le Cheval, force de l'homme, Gallimard (Découvertes), 1994.
Fernand Méris, Les Animaux célèbres, Denoël, 1964.
Michel Pastoureau, Les Animaux célèbres, Paris, Arléa, 2008.
Pascal Picq, Jean-Pierre Digard, Boris Cyrulnik et Karine Lou Matignon, La plus belle histoire des animaux, Paris, Seuil, 2000.


Publié ou mis à jour le : 2020-01-22 23:21:11

 
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