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Sous-vêtements

Sens dessus-dessous... la lingerie


Le retour des grosses chaleurs est l'occasion rêvée d'alléger nos tenues... et le prétexte idéal pour se pencher sur ce que cachent d'habitude les corsages, pantalons et jupes.

Bouts de tissu parfois minuscules mais éléments primordiaux de nos garde-robes, les sous-vêtements en disent long sur l'évolution de nos sociétés. Ouvrons les tiroirs de nos aïeux pour aller fouiller dans leurs dessous...

Il suffit de peu...

Aphrodite appuyée sur un terme et ajustant son strophion, vers 50 av J.C, Paris, musée du LouvreSans risque, on peut penser que nos ancêtres de la Préhistoire n'avaient pas encore l'usage des sous-vêtements. Peu confortable, la peau de bête !

Attendons donc la naissance du tissu au Néolithique et la généralisation des pagnes, puis laissons passer les siècles pour voir apparaître les premières formes de soutien-gorge, chez les Grecques du Ier millénaire av. J.-C.

Jeune femme portant une bande de tissu sur les seins, IIIe s., mosaïque de la villa du Cesale à Piazza Armerina, SicileSimple bande, l'apodesme, qui deviendra fascia chez les Romains, était noué sous ou sur les seins pour permettre aux jeunes filles d'effectuer notamment des activités sportives.

Déesse aux serpents, 1600 av. J.-C., musée d'Héraclion, CrêteLes plus malchanceuses avaient recours à un mamillare de cuir pour réduire quelque peu une poitrine trop formée au goût de l'époque.

Pour les femmes des peuples barbares, la liberté est de mise, et le restera jusqu'à la fin du Moyen Âge. Côté soutien, notons l'arrivée de ce qui ressemble à un premier corset pour mettre en valeur la poitrine des déesses crétoises. Efficace !

Le Moyen Âge nu sous sa chemise !

Carlo Crivelli, Saint Roch, 1490, Londres, Wallace CollectionLe Moyen Âge ne craignait pas la nudité ni le mélange des sexes : jusqu'à la Renaissance et même au-delà, aucun baigneur n'aurait eu l'idée de se rafraîchir dans une rivière ou aux bains publics en gardant un vêtement sur soi ou en s'isolant de l'autre sexe !

Pourtant, c'est à cette époque que commence à s'imposer l'usage de la chemise portée sous les vêtements, voire dans le bain.

Généralement en lin et confectionnée à la maison, « la chaisne » avait pour rôle de servir de « zone tampon » entre les habits de tous les jours et la peau qu'elle protégeait du désagrément des frottements avec des tissus souvent rugueux.

Solide, elle présentait aussi l'avantage d'être aisée à nettoyer : à elle de recevoir toute la crasse ! L'eau était en effet encore vue d'un œil soupçonneux et on préférait changer de chemise plutôt que risquer sa santé à se laver...

Finalement, la chemise parvint à dépasser ce rôle ingrat en acquérant au fil des siècles broderies et manchettes, et en se faisant de plus en plus visible, voire même en s'incrustant la nuit et se couvrant de dentelles à partir du XVIe s.

Bernardino Luini, Jeunes filles au bain, XVIe s., fresque de la Villa Rabia alla Pelucca, Milan

Hommes et femmes : la scission

vertugadinÀ la fin du Moyen Âge, vers le XIVe s., la mode commence à différencier les deux sexes, de plus en plus désireux de mettre leurs atouts en valeur.

Côté femme, c'est la réapparition du principe du corset sous la forme d'une « cotte ».

Cette tunique à lacets serre la taille sans pour autant mettre les seins en valeur : parce qu'ils doivent être petits, ils sont souvent enserrés dans des bandelettes.

Le roi de France Henri II (31 mars 1519 à Saint-Germain-en-Laye - 10 juillet 1559 à Paris  )Pour finaliser l'ensemble, rien de tel que le vertugadin ou garde-infant inventé par les Espagnols.

Jeanne de Portugal aurait été la première à porter cette robe renforcée par une armature à cerceaux en bois. C'était afin de dissimuler une grossesse.

Pour les messieurs, le raccourcissement audacieux du pourpoint qui ne couvre plus le haut des chausses (sorte de bas) oblige à trouver une solution d'urgence : ce sera la « braguette » (le mot aurait  été inventé par Rabelais).

C'est à l'origine pièce de tissu triangulaire ajoutée aux chausses.

Mais, rapidement, elle prend une forme proéminente plus suggestive grâce à un peu de rembourrage, notamment sous l'influence de la soldatesque, parée d'armures qui mettent en valeur toute la silhouette !

Agnolo Bronzino, Lodovico Capponi, 1550-1555, New York, Frick Collection

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir ! » (Molière, Tartuffe, 1664)

Championne de la Contre-Réforme catholique, c'est l'Espagne de Charles Quint qui impose aux femmes une tenue à la rigidité sévère grâce à un curieux outil, le busc, sorte de lame épaisse amovible glissée dans le revêtement avant du corset. Fini les formes souples de la Renaissance ! Il faut désormais montrer par sa prestance les qualités de son âme.

- Corset porté à l'époque de Catherine de Médicis, 1590, musée de la Renaissance, château d'ÉcouenEt la tendance n'est pas près de disparaître grâce à la diffusion des baleines, plus malléables, dont l'usage se répand jusqu'aux classes inférieures de la société. Leur nom vient de ce qu'elles sont confectionnées à partir des fanons de cétacés.

Sous Louis XIV, le corset se fait outil de séduction avec la gourgandine qui se lace sur le devant, véritable invitation à la découverte avec ses petits nœuds baptisés « boute-en-train » ou « tatez-y »...

En 1675, l'autorisation enfin accordée aux couturières de réaliser les corsets, jusqu'alors chasse-gardée des tailleurs, donne un peu d'air aux coquettes qui peuvent s'en remettre à des mains féminines plus compréhensives.

Mais les épidémies de malaises ne cessent pas pour autant : comment supporter, en pleine digestion, un plexus comprimé ? Vite, apportez les sels ! (...)

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Publié ou mis à jour le : 2016-08-21 09:36:09

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Ghislaine (24-10-201310:00:02)

Merci pour cet article fort intéressant !

jacqueline (01-09-201319:08:41)

Bel article, agréable à lire à l'aise dans sa liquette un beau Dimanche soir !....:-)

valthojav (25-08-201317:56:14)

Article intéressant ; par contre absence récurrente des sources des images en illustration (auteur, date, lieu de conservation), comment les retrouver pour un éventuel usage pédagogique ? (valable pour les autres articles).

Louis (25-08-201308:08:39)

Les tissus pour les gens du peuple étaient souvent très épais,donc rugueux .Le plus souvent, ils les achetaient d'occasion car trop chers, ils étaient ainsi plus souples.
Les nobles se distinguaient par la douceur des tissus de leurs habits et leurs couleurs chatoyantes. Il est curieux de constater comme le corps n'a jamais été "naturel" mais "culturel" même au temps des hippies.Seuls, Adam et Ève avaient dû jouir du privilège d'une liberté totale de leurs corps, i dif... Lire la suite

RPJ (25-08-201306:52:21)

"Et la tendance n'est pas prête de disparaître" : hou quelle horrible faute …

mary (24-08-201318:46:13)

ahhhhh! oui enfin! je me disais aussi....


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