Soumission

Une fable politique et amorale

Michel Houellebecq (Flammarion, 320 pages, 21 euros,  2015)

Soumission

Une fois n'est pas coutume, nous avons lu un roman, Soumission, et nous vous en proposons un aperçu afin d'éclairer la polémique qui a entouré sa sortie, le 7 janvier 2015, le jour même de l'attentat contre Charlie Hebdo.

Disons d'emblée qu'il s'agit d'un texte de belle facture et son auteur mérite assurément de figurer parmi les meilleurs romanciers de sa génération.

Écrit à la première personne, Soumission décrit les affres d'un quadragénaire qui enseigne la littérature à la Sorbonne.

Spécialiste de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), écrivain classé comme « décadent », notre antihéros se montre comme lui dépressif. Partageant son temps entre le sexe et quelques bons repas, il gémit sur le vide de son existence, l'absence d'amis véritables et la privation de famille...


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Publié ou mis à jour le : 10/06/2016 09:42:47

Gilles magrou (19-01-2015 13:40:12)

Très bonne analyse

kriktus (19-01-2015 12:14:00)

"aspect trouble du romancier"
Dans votre dernier paragraphe vous sous-entendez que Houellebecq serait finalement eugéniste et misogyne parce que son personnage cède aux avances du président de l'institution.
Déjà le héros n'est pas Houellebecq même s'il écrit à la première personne. Sinon il faudrait soupçonner d'autobiographie tous les romanciers qui ont écrit à la première personne. Deuxièmement ce n'est pas parce que tous les journalistes le répètent comme un mantra que c'est la vérité. Ne tombons pas dans le piège du mensonge répété 100 000 fois qui devient une vérité.
En fait c'est la farce qui continue. Comme dans Molière où le malade imaginaire devient médecin et le bourgeois gentilhomme devient mamamouchi. Le président de l'institution soudoie ce professeur anonyme par la reconnaissance, il en fait un docteur de la commedia dell'arte qui a ses entrées et ses privilèges car si dans sa spécialité le personnage peut sembler intelligent, le reste de sa vie nous démontre le contraire.
Le héros même s'il tente de trouver la foi n'est pas gagné par l'étincelle sacré, l'amour a disparu sous les coup de boutoir du sexe et de l'alcool. Malgré ses vaines tentatives à résister et à s'indigner cet homme n'a plus aucune valeur, plus aucune vertu ; la foi, l'amour, l'espoir sont devenus pour lui des mots vides de sens. Cet homme n'est plus capable que d'égoïsme.
Ce livre n'est pas un livre sur l'islam et encore moins sur l'islamophobie c'est un livre sur l'Homme occidental. C'est nous la cible de son livre. Ce qu'il tente de nous dire c'est que ce personnage est à notre image: Les individus que nous sommes en majorité devenus ont tué les personnes que nous aurions pu être.
Comme dans le bourgeois gentilhomme et le malade imaginaire, la fin est amère désenchantée. C'est cette image de nous-mêmes que l'auteur nous renvoie qui nous donne la nausée et nous lui donnons raison en niant l'allégorie. Nous le pressons, nous lui intimons de reconnaitre qu'il ne parle que de lui-même pour mieux nous décharger.
Alors qui est le plus trouble ? le lecteur qui dénie ou l’auteur qui constate ?

PUNZO (19-01-2015 11:09:46)

Bonjour Hérodote.net Une fois encore l'absence de la chronologie de "l'Histoire" dans l'enseignement public, (mais dans le privé aussi dans une moindre mesure) conduit nos concitoyens depuis le "... Lire la suite

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