La lutte du Sacerdoce et de l'Empire rebondit pendant quelques années avec l'avènement de l'empereur Frédéric II. Il est finalement destitué par un grand concile réuni en 1245 à Lyon par le pape Innocent IV (1243-1254). Défait, Frédéric II meurt en 1250.
Innocent IV envoie aussi des émissaires auprès d’un nouveau peuple qui vient d’attaquer l’Europe : les Mongols. Le pape, juriste de renom, affirme que si les pouvoirs païens ont leur légitimité propre, ils doivent néanmoins respecter les droits universels fondamentaux, dont le pape est juge.
À la mort du pape français Clément IV, les cardinaux peinent à s’entendre sur un candidat. En 1271, après avoir été enfermés par les autorités de Viterbe, où se déroulait l’élection, ils choisissent un candidat de compromis, Teddaldo Visconti. Il prend le nom de Grégoire X (1271-1276) et réunit un nouveau concile à Lyon en 1274, où il proclame une union mort-née avec l’Église byzantine.
Boniface VIII, élu en 1294, s’en prend au roi de France, Philippe le Bel, en rappelant qu’il est impossible, même dans le royaume de France, de taxer l’Église sans l’accord du pape, ou de juger les membres du clergé. La bulle Unam Sanctam de 1302 exprime de la manière la plus extrême le pouvoir du pape : « toute créature est en tout soumise au pontife romain ».
Soutenu par son clergé, Philippe le Bel fait proclamer Boniface hérétique. Il envoie en septembre 1303 Guillaume Nogaret arrêter le pape dans la ville d’Anagni. Le coup de main échoue mais Boniface, choqué, meurt peu de jours après. Le roi capétien a pu défier le pape ; l’attentat d’Anagni marque l’échec de la théocratie pontificale.
La papauté et les Nations
À partir du XIVe siècle, la papauté doit composer avec les États naissants. Clément V (1305-1314) laisse Philippe le Bel liquider l’ordre des Templiers, obtenant en échange l’abandon du procès en hérésie contre Boniface VIII. Pour éviter les difficultés, il évite Romme et réside en Provence, notamment, à partir de 1309, à Avignon.
Son successeur, Jean XXII (1316-1334), inaugure véritablement la période avignonnaise de la papauté, qui est loin d’être la période de captivité souvent décrite.
En 1367, le pape Urbain V (1362-1370) revient à Rome, mais les conflits reprennent et il ne tarde pas à repartir. Son successeur Grégoire XI (1370-1378) hésite et revient en 1377. Il meurt au début de l’année suivante.
C’est le début du « Grand Schisme », une période de presque quarante ans qui verra s’affronter deux Curies pontificales, celle de Rome et celle d’Avignon, et l’Europe se diviser en deux obédiences. Par lassitude et sous la pression de l’empereur Sigismond, un concile est réuni à Constance pour mettre fin au schisme et désigner en 1417 le pape Martin V.
Eugène IV (1431-1447) organise son propre concile à Florence, où il se rend après avoir été chassé par une nouvelle émeute romaine. Le spectacle est magnifique : une délégation byzantine vient même proclamer en 1439 l’union avec l’Église catholique, en espérant obtenir un secours pour sauver l’empire des Turcs.
Une nouvelle fois, l’union ne donne rien, et Constantinople tombe en 1453. Mais Eugène IV a fait la démonstration que la papauté est une puissance incontournable. Le pape peut se réinstaller définitivement dans Rome et en faire la capitale d’une chrétienté qui ne va pas tarder à découvrir de nouveaux horizons.




• XIVe-XVe siècles : papes en majesté









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