Grandeur de l'Angleterre

Naissance de l’empire britannique (1603-1776)

En 1603, les royaumes d’Écosse, d’Angleterre et d’Irlande viennent d’être unis entre les mains d’un seul monarque, Jacques Stuart. C’est sous son règne que s’amorce l’empire colonial anglais.

Premiers colons anglais en Amérique

La première colonie viable est celle de Jamestown, en Virginie, fondée en 1607, puis la colonisation des Bermudes et de Terre-Neuve s’amorce peu après. En 1620, des dissidents religieux anglais arrivent à bord du Mayflower et fondent Plymouth dans le Massachusetts : c’est le point de départ de la Nouvelle-Angleterre où les nouvelles colonies vont se multiplier dans les décennies à venir.

Par ailleurs en 1625, s’amorce la colonisation de la Barbade qui devient un pôle économique essentiel grâce aux plantations de canne à sucre. Les îles d’Antigua et de Montserrat sont colonisées peu après.

Cette même année, Charles Ier succède à Jacques Ier et cherche à consolider l’union des trois royaumes. Il s’attire alors l’hostilité des Parlements qui restent attachés à leur indépendance et qui ont le pouvoir de valider ou non la levée des impôts. En Irlande, cette volonté de fusion s’accompagne d’une colonisation anglaise massive aux dépens des Gaëls dont beaucoup sont expropriés, ce qui finit par provoquer une rébellion en 1641.

Gerrit van Honthorst, Apollon et Diane, 1638, Royal Collection. Peinture allégorique : au centre se trouve George Villiers, premier duc de Buckingham, sous les traits de Mercure. Les arts figurent à droite tandis que dans le ciel apparaissent le roi Charles Ier et la reine Henriette Marie représentés en Apollon et Diane. Agrandissement : Paul Delaroche, Charles Ier moqué par les soldats de Cromwell, 1837, Collection du duc de Sutherland.

En Écosse, ce sont les tentatives de diffusion de l’anglicanisme qui provoquent une insurrection dès 1639 : c’est le début des guerres des trois royaumes. Ces guerres exacerbent encore les conflits entre le roi et le Parlement anglais qui finit par lever sa propre armée en 1642, marquant le début de la guerre civile et de la révolution anglaise.

Très vite, les talents militaires du parlementaire Oliver Cromwell lui confèrent un rôle politique croissant dans cette révolte contre Charles Ier. Il parvient à rallier de nombreux Écossais, mais son puritanisme protestant l’éloigne des Irlandais majoritairement catholiques.

Tandis que les parlementaires progressent en Angleterre, le camp royaliste regagne du terrain en Écosse suite à l’intervention des Irlandais en 1644. Charles Ier est définitivement vaincu en 1649 et il est exécuté, mais la guerre se poursuit jusqu’en 1653 avec la reconquête de l’Irlande et de l’Écosse par l’Angleterre. À la place de la monarchie, un régime spécial appelé Commonwealth est institué avec Oliver Cromwell à sa tête, qui se transforme rapidement en une forme de dictature marquée par une grande austérité.

Eugène Delacroix, Cromwell devant le cercueil de Charles Ier, 1831, Paris, musée du Louvre.

Après la mort d’Oliver Cromwell en 1658, son fils ne parvient pas à s’imposer à la tête du pays. Face au risque d’anarchie, le Parlement se résigne à accepter l’avènement du fils de Charles Ier, Charles II, en 1660.

Le retour de la paix permet la reprise de l’expansion coloniale, d’autant que la flotte s’est considérablement agrandie pendant les deux dernières décennies. Les Anglais parviennent à s’emparer de la Nouvelle-Néerlande aux dépens des Provinces-Unies en 1664, notamment la Nouvelle Amsterdam qui devient New York. Ça permet de connecter la Nouvelle Angleterre aux provinces du sud jusqu’en Caroline où s’implantent de premiers établissements. Peu après, de premiers forts sont installés dans la baie d’Hudson pour le commerce des fourrures.

Portrait de Guillaume III et Marie II par James Thornhill (XVIIIe siècle) sur le plafond du Painted Hall du Old Royal Naval College, à Greenwich.Dans les Antilles, la conquête de la Jamaïque aux dépens des Espagnols contribue à développer fortement le commerce triangulaire (dico) des Anglais, qui récupèrent des forts sur la Gambie et les actuels Ghana et Sierra Leone. Ils commencent également à s’implanter aux Bahamas. Enfin les comptoirs anglais en Inde se développent à cette époque aux dépens des Portugais, en concurrence avec les Néerlandais qui dominent alors le commerce mondial.

Jacques II succède à son père en 1685, mais son catholicisme et ses tentations absolutistes lui mettent une bonne partie du pays à dos. Ses opposants appellent à la rescousse le Stathouder Guillaume III d’Orange, l’homme fort des Provinces Unies, qui a épousé la fille du roi.

Il débarque en Angleterre en 1688, ce qui provoque la fuite de Jacques II en France. Le Parlement confie alors le trône à Guillaume III et Marie II, ce qui met en place une véritable monarchie parlementaire qui réduit le pouvoir royal. Cette « Glorieuse Révolution » ouvre une période de forte croissance économique. Elle pousse à la fondation de la Banque d’Angleterre. En 1702, la mort de Guillaume III sans descendance permet à une autre fille de Jacques II, Anne Stuart, de monter sur le trône.

D'après Michael Dahl, La reine Anne, vers 1700-1714, National Trust.En 1707, elle mène à son terme les ambitions de ses prédécesseurs en rattachant l’Angleterre et l’Écosse en un royaume unique, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne (United Kingdom of Great-Britain). Sa participation à la Guerre de la Succession d’Espagne (Queen Anne’s War) lui permet de récupérer Gibraltar et Minorque aux dépens de l’Espagne, et l’Acadie aux dépens de la France.

Anne meurt sans descendance en cette même année 1714. La loi interdisant un héritier catholique, le trône revient à un membre lointain de la famille royale, le prince-électeur de Hanovre Georges Ier. La Maison de Hanovre crée ainsi un pont entre la Grande-Bretagne et les affaires du Saint Empire.

Le règne de Georges Ier voit le pouvoir royal poursuivre son retrait au profit du Parlement dominé par deux partis, celui des Whigs favorables à un pouvoir parlementaire fort, et celui des Tories plus conservateur. À partir de 1721, le gouvernement du pays se retrouve de facto entre les mains du Premier ministre Robert Walpole, confortant cette transition vers un système politique moderne. Le roi Georges II sera le dernier monarque britannique à participer à une bataille en 1743.

Son règne est surtout marqué par la guerre de Sept Ans qui éclate en 1756 sur fond de compétition entre les grandes puissances. Elle met en jeu trois continents, l’Europe, l’Amérique et l’Asie en Inde. La supériorité de la flotte britannique lui permet de remporter une victoire écrasante contre la France qui se traduit en 1763 par le traité de Paris, qui doit céder une grande partie de son empire colonial : le Canada et l’est du Mississipi reviennent à la Grande Bretagne, de même que la Floride cédée par l’Espagne. Par ailleurs, la domination britannique en Inde est confortée aux dépens des Français.

L’empire britannique atteint ainsi un premier apogée qui va être toutefois remis en cause par les velléités d’indépendance de ses treize colonies d’Amérique du nord.

Vincent Boqueho
Publié ou mis à jour le : 2024-04-26 12:37:28
sivispace (30-04-2024 11:13:56)

Sur le plan historique, quelle réussite que l'Empire Britannique, le plus grand de l'histoire! Il faut absolument se souvenir d'une invention qui est une des source de notre monde moderne et la sourc... Lire la suite

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