Moyen-Orient

Les peuples iraniens

Des trois principales populations qui occupent aujourd'hui le Moyen-Orient, l’expansion des Iraniens est de loin la plus ancienne.

Ce sont des Indo-Européens : ils font partie de ce grand ensemble linguistique qui essaima de l’Europe à l’Inde, depuis un foyer originel qui fut peut-être situé au nord de la mer Caspienne. Leur implantation sur le plateau iranien se fit progressivement pendant le 2e millénaire av. J.-C.

Vincent Boqueho
Les peuples iraniens : Persans, Kurdes et Pachtouns

Persans, Pachtounes et Kurdes

Le groupe iranien rassemble un grand nombre de peuples, parmi lesquels trois se distinguent en termes de démographie : les Persans, les Pachtounes et les Kurdes. Nous allons nous intéresser plus spécifiquement à chacun de ces trois peuples.

Les peuples iraniens : Persans, Kurdes et Pachtouns
Les Persans

Les Persans sont majoritaires au sein du groupe iranien, bien qu’ils ne forment que 50% de la population de l'Iran. Ils sont à l’origine d’une culture brillante qui prit son essor avec l’empire perse achéménide (VIe siècle av JC) et rayonna jusqu’en Afghanistan et au Pakistan. La culture persane a su s’adapter aux influences étrangères (implantation de l’islam, dominations turque et mongole) sans disparaître : elle forge aujourd’hui l’identité de l’Iran, par-delà la diversité des peuples qui l’habitent.

Peinture murale, Ispahan, XVIIIe siècle

L’adoption du chiisme en est une belle illustration : les Persans ont su intégrer les apports des Arabes en se convertissant à l’islam dès le VIIIe siècle (aux dépens du zoroastrisme), mais ont tenu à marquer leur différence en affichant leur opposition au sunnisme du califat arabe. Plus encore que la langue et la culture persanes, le chiisme reste aujourd’hui une identité forte de l’Iran (en Irak, les chiites ne forment que la moitié de la population) : il est une cause importante de tensions avec les autres pays musulmans de la région. Les soutiens iraniens aux chiites du Proche-Orient tend par ailleurs à entretenir d’autres conflits (comme au Liban et en Syrie).

Les peuples iraniens : Persans, Kurdes et Pachtouns

À l’est de l’Iran, la langue persane a subi l’influence russe au XXe siècle jusqu’à devenir le tadjik, qui reste proche du persan : les Tadjiks forment 25% de la population d’Afghanistan et 60% de celle du Tadjikistan.

Les Pachtounes

L’Afghanistan est une région globalement montagneuse située à la charnière de deux mondes : le monde iranien et le monde indien. Ainsi la culture de la région a-t-elle été fortement influencée par ces deux civilisations. De par leur position excentrée, les Pachtounes ont toujours été en tête des rébellions face aux dominateurs, que ce soit l’empire perse à l’ouest ou l’Inde des Grands Moghols à l’est. La présence de hautes montagnes a considérablement facilité ces insurrections et favorisé le patriotisme afghan.

Les Pachtouns C’est ainsi qu’à la fin du XIXe siècle, on retrouve l’Afghanistan en État-tampon entre l’empire russe au nord-ouest et l’empire britannique au sud-est. Puis au XXe siècle, les Afghans organisent une longue résistance face à l’envahisseur soviétique, qui ne s’essoufflera jamais et entraînera finalement le départ des armées soviétiques dès 1989.

L’instabilité en Afghanistan est amplifiée par la diversité des peuples qui l’habitent : ainsi les Pachtounes forment-ils moins de la moitié de la population du pays. La résistance aux Soviétiques a donc entraîné l’essor de mouvements armés aux objectifs bien différents : cela explique l’enfoncement de l’Afghanistan dans des conflits internes, qui ont favorisé la prise de pouvoir par les Taliban à la fin des années 90. Après la chute du régime, les forces occidentales se sont à leur tour enlisées dans ce pays, qui combine résistance farouche à l’envahisseur et rivalités internes.

Un dernier facteur complique encore les choses : les Pachtounes habitent une région à cheval entre l’Afghanistan et le Pakistan (où ils prennent le nom de Pathans). Or les Pathans, de par leurs traditions guerrières, occupent les plus hauts niveaux de l’armée pakistanaise : ainsi administrent-ils eux-mêmes les régions proches de la frontière (les zones tribales), en pratique hors de contrôle du pouvoir central pakistanais. Cela forme une base arrière idéale pour les Taliban d’Afghanistan, à partir de laquelle ils peuvent mener leurs offensives.

En résumé, l’origine de la situation actuelle en Afghanistan peut se résumer en quatre points :
- Situation au carrefour des empires ayant forgé une culture guerrière volontiers frondeuse.
- Présence de hautes montagnes, zones de refuge idéales pour les insurgés.
- Multiplicité des peuples dans la région entraînant de profondes divisions internes.
- Présence des Pachtounes à cheval sur deux États, offrant aux insurgés des solutions de repli.

Les Kurdes

Les trente millions de Kurdes actuels seraient peut-être les héritiers des anciens Mèdes ! Leur territoire est à cheval sur quatre pays : la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Historiquement, ils n’ont jamais formé d’État indépendant, pris en tenaille entre l’empire perse et l’empire ottoman, et ne sont jamais parvenus à créer un organe représentatif qui les unisse. C’est la raison pour laquelle les projets de Kurdistan indépendant ont fait long feu au XXe siècle... En conséquence, le sort des Kurdes dépend beaucoup du pays où ils vivent...


Publié ou mis à jour le : 2020-05-09 09:38:32

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net