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Les châteaux « cathares » se réinventent

Les « forteresses royales du Languedoc » à l'UNESCO

Les remparts de la cité médiévale de Carcassonne, Aude (photo : DR)La Cité médiévale de Carcassonne est la plus célèbre des forteresses royales érigées dans le Languedoc après la croisade des Albigeois. Elle forme un système défensif unique en son genre avec les « citadelles du vertige » qui l’entourent : Lastours, Termes, Aguilar, Peyrepertuse, Quéribus, Puilaurens et Montségur. Longtemps assimilées à des asiles cathares, ces huit forteresses ont rejoint Carcassonne au patrimoine mondial de l’UNESCO le 26 juillet 2026…

Le roi Saint Louis ayant étendu ses possessions jusqu'au pied des Pyrénées, il souhaita les sécuriser et les mettre à l'abri des convoitises aragonaises. Il confia donc à son fidèle sénéchal de Carcassonne le soin de fortifier la frontière.

Le sénéchal érigea tout un réseau de forteresses afin de protéger la frontière contre une nouvelle invasion aragonaise. Il appliqua à ces chantiers le « modèle philippien », un mode de construction standardisé et rationnel inspiré du Louvre et de Dourdan, deux forteresses dues à Philippe Auguste, le grand-père de Saint Louis.

Pour parachever cet effort, le 11 mai 1258, le roi conclut à Corbeil, avec le roi Jacques Ier d'Aragon, un traité par lequel il abandonna toute forme de suzeraineté sur la Catalogne, la Cerdagne et le Roussillon cependant que l'Aragon renonça à ses prétentions sur les domaines de Marguerite de Provence, épouse du roi de France, à savoir la Provence et le Languedoc (à l'exception de Montpellier). 

L'enchevêtrement des liens de vassalité fut dissous de sorte que les seigneurs de chaque côté de la frontière n'eurent plus rien à voir avec le souverain de l'autre côté. Pour la première fois dans l'Europe féodale, la frontière sépara complètement deux entités étatiques.

Le traité de Corbeil resta en vigueur pendant quatre siècles, jusqu'à la paix des Pyrénées, conclue le 7 novembre 1659 par Louis XIV et le roi d'Espagne Philippe IV sur l'île des Faisans !

Par ce traité, l'Espagne céda à la France le Roussillon et la Cerdagne, bien que ces provinces soient de culture catalane plus que française. La frontière s'établit de la sorte, à peu de chose près, sur la ligne de crête des Pyrénées. Dès lors, les forteresses royales du Languedoc perdirent leur utilité. Elles furent désaffectées l'une après l'autre et tombèrent rapidement en ruines.

Les forteresses royales en quête d'une nouvelle identité

C'est seulement au XIXe siècle que ces ruines sortirent de l'oubli, grâce à l'affection inattendue des Français pour leur patrimoine et le Moyen Âge. Le renouveau débuta en 1840, sous le règne de Louis-Philippe, quand l'archéologue carcassonnais Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, obtint le classement de la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse comme monument historique.

Les remparts de Carcassonne (Geoffroy Mathieu / Centre des monuments nationaux)Là-dessus, Prosper Mérimée, inspecteur national des monuments historiques, confia à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc le soin de restaurer et redresser la basilique puis les remparts de la cité et du château comtal. Ce chantier commencé en 1853 fut achevé en 1911.

Le résultat dépassa toutes les espérances et fit de Carcassonne le modèle absolu de l'architecture militaire du Moyen Âge. À quelques anomalies près, comme le remplacement des toits plats en tuiles par des toits pointus en ardoises façon Val de Loire. Sans surprise, la cité médiévale entra au classement de l'UNESCO en 1997.

Quant aux autres forteresses royales, situées dans des lieux solitaires et escarpées, elles furent délaissées jusqu'à la diffusion sur les antennes de l'ORTF (la télévision française) les 22 et 29 mars 1966 d'un téléfilm en deux épisodes réalisé par Stellio Lorenzi : Les Cathares !

Ce téléfilm de Stellio Lorenzi, diffusé dans le cadre d'une série intitulée La Caméra explore le temps, eut un retentissement sans commune mesure en mettant en scène le sort cruel fait aux gens du Midi par les barons du Bassin parisien !

Ainsi, il fut à l'origine d'un fugace mouvement régionaliste. Il popularisa aussi le néologisme « Occitanie » pour désigner ce qu'autrefois on appelait les « pays de langue d'oc » (par opposition aux « pays de langue d'oï » (au nord de la Loire).

Il sortit enfin de l'oubli les forteresses royales érigées au XIIIe siècle, à savoir les quatre châteaux mitoyens de Lastours (« Les Tours ») dans la montagne Noire, au nord de Carcassonne, et surtout, au sud, les forteresses du massif des Corbières.

Ce massif, en contact direct avec la Cerdagne et le Roussillon, est traversé par l'Aude, au bord de laquelle se situe la seule ville notable de la région, Limoux, connue pour sa blanquette liquoreuse. Né dans les Pyrénées catalanes, le fleuve remonte vers le nord jusqu'à Carcassonne avant de bifurquer vers l'Est pour se jeter dans la Méditerranée au niveau de Narbonne. Cela mis à part, les Corbières font aujourd'hui le bonheur des promoteurs de parcs éoliens en raison de ses vents importants.

Les « Forteresses royales du Languedoc » comptent six sites dans les Corbières, en sus de Carcassonne et Lastours. Le plus célèbre est Montségur, dans le département de l'Ariège, à quelques kilomètres au sud de Lavelanet.

Montségur a baigné dans un oubli presque total pendant plus de six siècles, jusqu'à sa redécouverte par un érudit passionné de catharisme, Napoléon Peyrat, à la fin du XIXe siècle. En raison du drame de 1244, ses ruines ont jusqu'à ces dernières décennies été assimilées à une citadelle cathare alors qu'elles n'ont pratiquement rien conservé des vestiges antérieurs à la construction de la forteresse royale.

Parmi les autres sites, les plus pittoresques sont sans conteste les châteaux de Peyrepertuse et Quéribus, qui se font face sur deux éminences qui encadrent le pittoresque village de Cucugnan, celui-là même qu'Alphonse Daudet a mis en scène dans l'une de ses Lettres du moulin. Peyrepertuse est la mieux conservée de toutes les fortesses des Corbières et permet de saisir l'art médiéval des fortifications.

Édifiée du Xe au XIIe siècle sur le point culminant de la vallée de la Boulzane (Aude) et consolidée au XIIIe siècle, la citadelle de Puylaurens est une forteresse du même type que les précédentes. Aguilar (« Rocher aux aigles ») domine la plaine de Paziols-Tuchan, au contact du Roussillon. Enfin, le château de Termes domine les gorges du Termenet, au sud-est de Carcassonne.

La forteresse de Puylaurens

Publié ou mis à jour le : 2026-09-17 21:30:55
dominique flecher (03-04-2025 23:27:42)

Il me semble que le sujet ne portait pas directement sur le catharisme. L'auteur traite cette question sur le plan historique et met en relief des points interessants notamment la définition moder... Lire la suite

Michèle (01-04-2025 02:04:36)

Cet article contient des termes si partiaux pour ne pas dire injurieux, que, pour une fois, je me vois contrainte de réagir. Vous parlez "des repaires cathares'; un repaire est le lieu de refuge d'u... Lire la suite

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