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>> 1875-1914
Histoire des Balkans
• 28 juin 1389 : défaite des Serbes à Kossovo Polié
• 22 septembre 1396 : les croisés battus à Nicopolis
• 3 février 1830 : indépendance de la Grèce
• 12 décembre 1830 : autonomie de la Serbie
• 20 janvier 1878 : les Russes aux portes de Constantinople
• 5 octobre 1908 : annexion de la Bosnie-Herzégovine
• 28 août 1910 : le Monténégro se donne un roi
• 18 octobre 1912 : d'une guerre balkanique à l'autre
• 28 novembre 1912 : indépendance de l'Albanie
• 28 juin 1914 : attentat de Sarajevo
• 1er décembre 1918 : naissance de la Yougoslavie
• 9 octobre 1934 : assassinat d'Alexandre 1er
• 7 avril 1939 : Mussolini envahit l'Albanie
• 6 avril 1992 : bombardement de Sarajevo
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1875-1914

Les Balkans de crise en crise


La péninsule des Balkans, au Sud-Est de l'Europe, doit son nom au massif montagneux qui la traverse. Elle est délimitée par l'Adriatique, la mer Égée, la mer Noire et au nord, le Danube et son affluent, la Save.

Elle comprend aujourd'hui la Serbie, la Bosnie, le Monténégro et la Macédoine (issus de l'éphémère Yougoslavie), l'Albanie, la Grèce, la Bulgarie, le sud de la Roumanie que l'on appelait au Moyen Âge Valachie, enfin la Thrace et l'agglomération d'Istamboul, qui font partie de la Turquie.

L'ensemble des Balkans (à l'exception du petit Monténégro) est colonisé par les Turcs ottomans entre le XIVe siècle et le XVIe siècle. Ensuite s'amorce la décrue. Les peuples de la région grignotent des libertés locales et au début du XIXe siècle, les Serbes et les Grecs se voient reconnaître leur indépendance.

L'homme malade de l'Europe

À partir de 1875, une série de crises bouleversent la carte des Balkans, attisées par les convoitises des Autrichiens et des Russes qui, les uns et les autres, ambitionnent d'atteindre les rives de la mer Égée et Constantinople. «La Turquie est l'homme malade de l'Europe», avait lancé le tsar Nicolas 1er à l'ambassadeur anglais dès 1856. Autant en profiter...

Ce sont les Bulgares qui commencent à s'agiter. Des révoltes fiscales sont brutalement réprimées par les Turcs. Les Européens s'indignent. La Russie ne s'en tient pas là. Elle entre en guerre contre l'empire ottoman, aussi appelé Turquie, sous prétexte de secourir les Bulgares.

En 1878, les Russes arrivent aux portes de Constantinople. Par le traité de San Stefano, en mars, ils arrachent l'indépendance complète de la Roumanie et de la Serbie. Ils imposent aussi et surtout la création d'une Grande Bulgarie, autour de Sofia, qui occupe la plus grande partie de la Turquie d'Europe.

Les Britanniques et les Autrichiens jugent que les Russes vont trop loin. Ils exigent de nouvelles négociations. Quant au chancelier allemand Bismarck, il veut avant tout maintenir l'entente entre ses alliés russe et autrichien. Se posant en «honnête courtier» , il convoque tout le monde pour un congrès international à Berlin du 13 juin au 13 juillet 1878.

Le congrès de Berlin

Le congrès de Berlin ramène la Bulgarie à des dimensions bien plus modestes. Il tente même de la diviser en deux, avec une partie indépendante et l'autre simplement autonome (la principauté de Roumélie).

La Grèce obtient la Thessalie. La Russie s'empare de la Bessarabie. L'Autriche-Hongrie, quant à elle, occupe et administre «à titre provisoire», pendant trente ans, la Bosnie-Herzégovine, une province peuplée de plus de 40% de Serbes.

Le congrès de Berlin de 1878

Regain de tensions

Le 24 juillet 1908, excédés par les humiliations que supporte le sultan, les «Jeunes-Turcs» prennent le pouvoir à Istamboul mais n'arrivent guère à enrayer le déclin de l'empire.

La même année, le 5 octobre, dans le désir de prévenir un soulèvement de ses minorités slaves, qui lui serait fatal, l'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine de manière officielle.

La Bulgarie profite de la situation pour proclamer sa complète indépendance et son souverain, le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha, devient roi ou tsar sous le nom de Ferdinand 1er de Bulgarie.

Ces violations unilatérales du traité de Berlin mécontentent la Serbie, qui voit lui échapper une perspective d'agrandissement, et aussi la Russie, laquelle n'a pas obtenu les concessions sur les Détroits qu'elle attendait en échange de son soutien à l'annexion de la Bosnie-Herzégovine.  Encore sous le choc de sa défaite face au Japon, elle n'est guère en mesure de réagir.

Les Balkans, dernier terrain de jeu des grandes puissances européennes, vont devenir leur tombeau, à l'issue des deux guerres balkaniques de 1912 et 1913 ainsi que de la troisième, l'année suivante, qui se transformera instantanément en Grande Guerre.

Alban Dignat

Publié ou mis à jour le : 2014-07-10 10:49:21

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