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18 octobre 1912

D'une guerre balkanique à l'autre


Le 18 octobre 1912, la Turquie ottomane est agressée par une Ligue balkanique qui réunit la Serbie et la Bulgarie, ainsi que le Monténégro et la Grèce

Personne n'imagine encore en Europe que ces querelles entre des petits États arriérés et nationalistes vont déboucher vingt mois plus tard sur l'embrasement de l'Europe.

Artillerie serbe à la bataille de Kumanovo (première guerre balkanique, 1912)
Les Balkans entre 1878 et 1913

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Les Balkans entre 1878 et 1913 (droits réservés : Alain Houot, pour Herodote.net
Le Congrès de Berlin de 1878 redessine les contours européens de l'empire ottoman, lequel mérite plus que jamais son surnom d'« homme malade de l'Europe ».

Cet édifice va être bouleversé par les deux guerres balkaniques... et plus encore par la « troisième » (1914-1918) !

Agressions en cascade

Tout est venu des convoitises suscitées par la déliquescence de l'empire ottoman. Le congrès de Berlin, en 1878, a confié à l'Autriche-Hongrie le droit d'occuper pendant trente ans la Bosnie-Herzégovine, une province rebelle de l'empire. En 1908, l'Autriche-Hongrie a annexé la province de façon formelle, suscitant l'ire du gouvernement serbe.

Trois ans plus tard, l'Italie, désireuse de prendre sa part du gâteau colonial, a attaqué la Libye, une autre province ottomane, et s'est aussi emparée de quelques îles du Dodécanèse, dans la mer Égée. Ce que voyant, la Serbie et la Bulgarie ont pensé que le moment était venu de s'emparer des dernières possessions ottomanes en Europe.

Avec l'appui de la Russie, la Serbie et la Bulgarie concluent une vague alliance le 7 mars 1912 avant d'être rejointes par le Monténégro puis la Grèce le 29 mai 1912.

Les compères ont un ennemi commun, la Turquie ottomane, mais ils sont incapables de s'entendre sur les buts de guerre car ils revendiquent à peu près les mêmes territoires, ces derniers ayant des populations très mélangées (surtout la Macédoine). Qu'à cela ne tienne, ils remettent à plus tard les négociations sur le partage du butin.

Première guerre balkanique (1912)

Dès le début des hostilités, les succès serbes révèlent les performances inattendues et meurtrières de l'artillerie moderne.

Pour la première fois, en effet, sont utilisés à grande échelle des canons avec obus à fragmentation, qui tirent à cadence rapide et déchiquettent les chairs. Ces canons ont été fournis par les industriels du Creusot, la Serbie ayant pu moderniser son armée depuis 1909 grâce à des emprunts massifs auprès des épargnants français.

Pendant ce temps, les Bulgares, qui disposent de l'armée la plus nombreuse et la plus puissante de la région (350.000 hommes), progressent avec encore plus de succès. Ils assiègent la forteresse d'Andrinople et finissent par s'en emparer avec le concours de leurs alliés serbes. Ainsi arrivent-ils aux portes de Constantinople, ce qui pour effet d'alarmer les grandes puissances et en particulier les Russes. Pas question que la Bulgarie leur vole la « deuxième Rome » !

Les Bulgares ont toutefois plus de difficulté à atteindre Salonique, la métropole de la Macédoine, et sont pris de vitesse par leurs alliés grecs. Quand ils arrivent aux portes de la ville et somment les autorités turques de la leur livrer, le gouverneur leur transmet cette réponse navrée : « Je n'ai qu'une Salonique et elle a déjà capitulé ».

Après une campagne de trois semaines, la Turquie perd ainsi les territoires qui lui restent en Europe à l'exception de la région d'Istamboul.

Les Serbes s'octroient la part du lion au détriment des Bulgares, bien que ceux-ci aient fourni le principal effort. Dans les territoires qu'ils ont pu occuper, ils multiplient les exactions destinées à terroriser les habitants qui ne se reconnaîtraient pas Serbes. La Grèce a de son côté la satisfaction d'annexer la Crète et bien sûr Salonique.

L'Albanie indépendante

La guerre entraîne aussi la revendication d'une Albanie indépendante, selon le souhait de l'Autriche-Hongrie, qui veut un État à sa main. Mais la Serbie, qui aspire à un débouché sur la mer, se rebiffe et occupe des territoires dévolus aux Albanais cependant que le petit Monténégro tente de s'emparer de la ville albanaise de Scutari.

Dans ce bras de fer, la Russie maintient la pression à sa frontière avec l'Autriche-Hongrie pour dissuader celle-ci d'attaquer sa protégée, la Serbie.

Après plusieurs conférences des ambassadeurs à Londres, le traité du 30 mai 1913 met fin à cette première guerre balkanique. Les ambassadeurs bouclent leur réflexion en reconnaissant le 29 juillet suivant l'Albanie comme État souverain.  

Mais les vainqueurs se montrent incapables de s'entendre sur le partage des dépouilles.

Le gouvernement serbe conteste en particulier l'attribution aux Bulgares de certains territoires de la « vieille Serbie » (ce sont ses termes) et, sans attendre une médiation russe, il annexe unilatéralement d'autres territoires attribués à la Bulgarie.

Deuxième guerre balkanique (1913)

Les Bulgares ne se résignent pas à perdre les fruits de leur victoire. Dans la nuit du 29 au 30 juin 1913, sans déclaration de guerre préalable, ils envahissent les territoires que leur contestent les Serbes et les Grecs.  Mais ils sont eux-mêmes bientôt pris à revers par leurs autres voisins, les Roumains et... les Turcs. Quand les Roumains arrivent aux portes de Sofia, la capitale de la Bulgarie, les voilà contraints de demander un armistice. 

Au traité de Bucarest, le 10 août 1913, la Macédoine est partagée entre la Serbie et la Grèce. Les Bulgares, responsables des hostilités, restituent Andrinople aux Turcs et cèdent qui plus est une partie de la Dobroudja à la Roumanie. Ils ne conservent de la première guerre qu'une partie de la Thrace avec un accès sur la Méditerranée.

Leur ressentiment à l'égard des Serbes et des Russes va les conduire l'année suivante, en 1914, à s'allier avec les empires centraux, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, contre la Triple-Entente et la Serbie en particulier. Pour des raisons opposées, la Roumanie va rejoindre quant à elle la Triple-Entente malgré les sympathies du roi Carol pour sa patrie d'origine, l'Allemagne.

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Publié ou mis à jour le : 2015-10-21 18:38:19

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

René (17-07-201400:27:28)

Un de mes grands oncles a reçu une médaille militaire, lors de l'une des deux guerres balkaniques. Etait-il dans un corps expéditionnaire? Pourquoi? Nous avons une photo de lui avec sa décoration. Il avait 23 ans. Merci de votre réponse?


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