717 à 1204 - Une épopée médiévale - Herodote.net

717 à 1204

Une épopée médiévale

Constantinople, prolongement de l'empire romain, a connu quatre siècles de grandeur grâce à trois empereurs remarquables : Constantin 1er, Justinien 1er et Héraclius.

Bien que menacé par les guerres civiles et les ennemis des frontières (Bulgares et autres Arabes), l'empire byzantin retrouve une nouvelle jeunesse aux VIIIe et IXe siècles.

La dynastie isaurienne

L'ordre intérieur est restauré en 717 par un général qui devient empereur sous le nom de Léon III et inaugure la dynastie isaurienne.

Il repousse des Arabes qu'il défait sous les murs de Constantinople .

En 726, un édit de Léon III condamne le culte qui entoure les images pieuses, culte qui confère aux moines une influence sur le peuple à son goût excessive. C'est le début d'une querelle qui va diviser les Byzantins pendant plus d'un siècle : l'iconoclasme ou «querelle des images» (*).

Constantin V fait détruire les icônes (miniature médiévale)

En 797, Irène, veuve de l'empereur Léon IV, fait crever les yeux de son fils Constantin VI (!) et prend sa place sur le trône comme basileus (au masculin !).

Intéressée par les affaires religieuses plutôt que militaires, elle rétablit provisoirement le culte des images, verse tribut au calife de Bagdad Haroun al-Rachid et demande la main de l'empereur d'Occident Charlemagne !

Irène finit par être déposée en 802. L'empire entre alors dans une longue période de troubles, sous la menace permanente des envahisseurs, Bulgares en premier lieu...

Les coups d'État se succèdent et, pour ne rien arranger, voici que surviennent les premières querelles théologiques entre Église de Rome et Église de Constantinople.

Dynastie macédonienne et apogée de Byzance

L'empire se redresse avec un ancien garçon d'écurie devenu le favori du basileus Michel III l'Ivrogne ! Il fait assassiner celui-ci et prend sa place sur le trône en 867 sous le nom de Basile 1er. Sa dynastie sera dite «macédonienne».

Quand Basile 1er monte sur le trône, l'empire byzantin, si fragile soit-il, n'a plus guère de concurrents autour de la Méditerranée : l'empire de Charlemagne comme celui d'Haroun al-Rachid se délitent à grande vitesse.

Les empereurs macédoniens, à la suite de Basile, profitent de ces circonstances pour repousser les frontières de leur État. Ils bénéficient pour ce faire d'une armée de mercenaires de toutes origines, financée grâce au produit des impôts...

Rien à voir avec les suzerains d'Occident qui, faute d'administration fiscale, ne peuvent compter que sur le bon vouloir d'une classe héréditaire de guerriers.

Grâce à Basile 1er, fondateur de la dynastie macédonienne, et à ses principaux successeurs, Nicéphore II Phocas, Jean 1er Tzimiscès et Basile II Bulgaroctone, l'empire byzantin s'étend ainsi du Danube aux portes de Jérusalem. Aux alentours de l'An Mil, il inclut l'Italie du Sud, la Cilicie et la Syrie.

L'empire n'est pas seulement puissant. Il est également très riche. Constantinople attire les marchands de toutes religions et de tous pays. Sa prospérité, toutefois, se construit au détriment de la paysannerie, opprimée par le fisc et les grands propriétaires.

Premiers nuages

Le déclin survient dans le demi-siècle qui suit la mort de Basile II (1025), lequel, célibataire sans enfant, n'a pas pris la précaution de préparer sa succession. De nombreux coups d'État s'enchaînent alors.

Les Normands s'emparent de l'Italie du Sud et les Turcs défont et capturent l'empereur Romain IV Diogène à Malazgerd (Manzikert).

Dans les années qui suivent, les prétendants qui se disputent le trône de Constantinople installent des mercenaires turcs dans leurs forteresses d'Asie mineure. Lentement, sans avoir à beaucoup combattre, les Turcs s'implantent ainsi en Asie mineure !

L'empire byzantin à l'époque de la bataille de Malazgerd ou Manzikert (1071), source: Le Monde de la Bible

Alexis 1er Comnène tente de reprendre la situation en main en 1081.

Il contient les Normands avec l'aide des Vénitiens qui, en contrepartie de l'appui de leur flotte, obtiennent un quasi-monopole commercial à Constantinople.

Le malentendu des croisades

Alexis, là dessus, multiplie les appels épistolaires aux souverains d'Occident et au pape en leur représentant la situation misérable des chrétiens d'Orient asservis aux Turcs.

Les chevaliers francs, excellents guerriers s'il en est, ne se font pas prier pour combattre les Turcs sous la bannière du basileus.

Le mouvement prend une ampleur sans précédent en 1095 lorsque le pape Urbain II lui-même lance aux Francs un appel à combattre les infidèles. C'est la première croisade.

Quelque peu surpris et inquiet, le basileus reçoit les croisés et profite de leur intervention pour récupérer la grande ville de Nicée.

Les relations vont progressivement se tendre entre Byzantins et croisés jusqu'au drame de 1204 qui voit une armée de croisés conduite par des Vénitiens mettre à sac la «nouvelle Rome» comme personne ne l'avait fait avant eux.

Publié ou mis à jour le : 2017-09-25 08:38:13

 
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