Le baron Haussmann (1809 - 1891)

Le préfet qui a rebâti Paris

Rues étroites, sinueuses et mal éclairées, immeubles insalubres et épidémies en tout genre, voilà le Paris du premier XIXème siècle. Mais en 1853, Georges-Eugène Haussmann débute son mandat de préfet de Paris, poste qu’il occupe pendant dix-sept ans, durant lequel la capitale se métamorphose pour devenir l’une des plus belles villes du monde.

Percement du boulevard saint-Michel, ouverture des axes qui donnent les Grands Boulevards, construction de monuments comme l’Opéra-Garnier et aménagement de parcs et jardins comme Boulogne, Monceau, Montsouris, Vincennes ou les Buttes-Chaumont, les projets menés par le baron, dont la majorité fut commandée par Napoléon III, transformèrent Paris.

Destructions nécessaires à la percée haussmannienne (BnF) ; agrandissement : percement de l'avenue de l'Opéra

Un commanditaire : Napoléon III, un exécuteur : Haussmann

En septembre 1848, alors que la France entrait dans une Seconde République, Louis-Napoléon Bonaparte revient d'exil à Paris avec une idée en tête : rénover la capitale. Sous le bras, il porte un plan de Paris avec toutes les améliorations qu’il souhaite apporter à la ville.

En décembre 1852, il rétablit l’Empire et prend le titre de Napoléon III. Ayant apprécié à Bordeaux les qualités du préfet Eugène Haussmann, il le nomme dès juin 1853 préfet de la Seine (Paris).

Napoléon III remet au baron Haussmann le décret d'annexion à Paris des communes suburbaines (1860). Adolphe Yvon (1817 - 1893) Musée Carnavalet - Histoire de Paris, 1865.Haussmann et Napoléon nouent une relation forte, jusqu'à se voir plusieurs fois par semaine. Leurs caractères et compétences se complètent : l’Empereur a l’imagination mais privilégie l’utilité, le préfet a le sens de l’organisation et est davantage sensible à l’esthétique.

En matière d'urbanisme, la majorité des idées viennent de Napoléon III, qui veut faire de Paris « le chef-lieu de toute l’Europe », mais leur exécution relève d'Haussmann, lequel manifeste un exceptionnel sens de l'organisation et une grande capacité à diriger les hommes. Haussmann est aussi force de propositions. On lui doit le passage la ville de douze à vingt arrondissements en 1860.

Ainsi, l’Empereur dessine le plan des nouvelles voies destinées à désengorger la ville et confie à Haussmann le chantier, pas moins de 64 kilomètres de percées dont l’avenue de l’Opéra est l’exemple le plus abouti.

Tous ces travaux sont colossaux et mobilisent 80 000 ouvriers, artisans, sculpteurs et ferronniers. 40 000 immeubles sont construits, presque autant sont détruits. Ils conduisent à la disparition quasi-complète de la ville médiévale, à l'exception des églises.

La rénovation des Halles, le marché du gros du centre de Paris, est confiée à Victor Baltard. Les grandes gares, l’Hôtel-Dieu, les abattoirs de La Villette et surtout le nouvel opéra sont confiés à Charles Garnier.

L’ingénieur Eugène Belgrand installe des égouts dans toutes les rues. Cet effort d'assainissement va mettre un terme aux épidémies de peste, de choléra, dues à l’insalubrité publique qui régnait jusqu’alors à Paris.

La place de l’Opéra, à Paris (1890)

Naissance du Paris « haussmannien »

Plus saine, la ville verdit aussi sous l'égide de l'ingénieur Adolphe Alphand. Les bois de Boulogne et de Vincennes sont intégrés à la capitale. Les déblais issus des travaux de voirie et de la destruction de la ville ancienne sont mis à profit pour aménager les parcs de Montsouris, au Sud, et des Buttes-Chaumont, à l'Est.

Le long des nouvelles avenues et des boulevards s'alignent des immeubles de style « haussmannien » strictement alignés suivant un code d'urbanisme rigoureux, sans rien de comparable au laissez-faire contemporain.

Cet urbanisme haussmanien, avec ses larges avenues bordées d'arbres et de bancs, bordées de fières façades de pierre, comme autant de palais princiers, va donner à Paris son nouveau visage, celui qu'on lui connaît aujourd'hui encore. Il ravir l'Europe entière et sera beaucoup imité, y compris dans les autres villes françaises, mais sans jamais atteindre à la perfection de la capitale. 

Cette modernisation, outre son coût financier, a toutefois aussi un coût social. Dans les beaux immeubles haussmanniens, les combles sont réservés aux domestiques, lesquels ont un escalier de service pour recevoir les fournisseurs, aller faire les courses et se rendre dans leur chambre. Les citadins les plus pauvres et notamment les ouvriers sont renvoyés vers les faubourgs, dans un mouvement d'exclusion qui va s'amplifier sous la IIIe République et s'accélérer de nos jours, avec la « gentrification » (embourgeoisement) des derniers îlots modestes de la capitale.

Publié ou mis à jour le : 2022-07-03 13:06:07

 
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