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Histoire de la IIe République
Un arbre de la Liberté
• 22 février 1848 : insurrection républicaine à Paris
• 27 février 1848 : ouverture des Ateliers nationaux
• 27 avril 1848 : la France abolit l'esclavage
• 23 juin 1848 : insurrection ouvrière à Paris
• 10 décembre 1848 : élection du premier président de la République
• 15 mars 1850 : loi Falloux sur l'enseignement confessionnel
• 2 décembre 1851 : coup d'État du neveu de Napoléon
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1848-1851

La IIe République contre le peuple


La Seconde République naît le 22 février 1848 d'une révolte contre le régime timoré et ennuyeux de Louis-Philippe 1er, la « Révolution de Février ».

Ses meneurs, parmi lesquels le poète Lamartine, sont pour la plupart de vieux républicains qui cultivent le souvenir de la grande Révolution et de la première République française, née le 22 septembre 1792, décédée sous l'Empire, aux alentours de 1806. Ils constituent un gouvernement provisoire sans attendre, avec le souci de ne pas se faire voler leur révolution comme leurs aînés de 1830 et des « Trois Glorieuses ».

Généreuse république

Sur une idée du socialiste Louis Blanc, le gouvernement provisoire crée le 28 février des ateliers de bienfaisance pour procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d'un travail symbolique.

Il publie dans la foulée, le 2 mars, un décret réduisant d'une heure la durée de la journée de travail pour tous les salariés parce que, selon ses termes, « un travail manuel trop prolongé non seulement ruine la santé mais en l'empêchant de cultiver son intelligence porte atteinte à la dignité de l'homme ». C'est ainsi que la journée de travail tombe à... dix heures à Paris et à onze en province (serait-ce que le travail est plus éprouvant à Paris qu'ailleurs ?).

Bien entendu, le gouvernement ne s'en tient pas là. Il prépare aussi l'élection d'une Assemblée constituante en vue de donner au pays des institutions stables. À cette fin, le 5 mars 1848, il instaure généreusement et pour la première fois au monde le suffrage universel (masculin). Il n'est plus question comme sous les régimes antérieurs de réserver le droit de vote à une centaine de milliers de bourgeois réputés assez riches pour être capables de voter avec discernement et en toute indépendance (suffrage censitaire).

Les élections ont lieu les 23 et 24 avril dans la précipitation. 

Trois jours après, le 27 avril 1848, avant que ne se réunisse la nouvelle assemblée, le gouvernement publie les décrets d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises à l'initiative du ministre des colonies Victor Schoelcher. Sont concernées essentiellement les vieilles colonies héritées de l'Ancien Régime dont l'économie repose encore sur les grandes plantations sucrières.

Ateliers de bienfaisance, temps de travail, suffrage universel, esclavage... Tant de générosité inquiète les nouveaux élus conservateurs. Ceux-ci se regroupent dans une mouvance qui s'honore du qualificatif de « Parti de l'Ordre ». Ils ne vont avoir de cesse de ramener la République dans le « droit chemin » et vont réussir au-delà de toute espérance.

La République trahit les ouvriers

Contre toute attente, le suffrage universel a amené à l'Assemblée une forte majorité de députés conservateurs, méfiants à l'égard du peuple ouvrier de Paris. Dans les campagnes, en effet, par résignation, ignorance ou intérêt, les paysans ont massivement voté pour le notable de leur cru. Ils pouvaient difficilement faire autrement, le vote se faisant sur des registres et non à bulletin secret (celui-ci ne sera adopté que le 22 juillet 1913).

Sur 900 élus, on compte en définitive 500 républicains modérés, 300 monarchistes et une centaine de socialistes et démocrates, ainsi qu'une poignée de bonapartistes.

Le 4 mai, l'Assemblée proclame solennellement la République et, le lendemain, le gouvernement provisoire lui remet ses pouvoirs. Dans l'attente d'une Constitution, c'est à partir du 10 mai une Commission exécutive issue de l'Assemblée qui dirige le pays. Comme l'ancien Directoire (1795-1799), elle compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l'Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d'État virtuel, Garnier-Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin.

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Publié ou mis à jour le : 2018-02-24 11:13:57

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