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30 à nos jours

La foi chrétienne


On appelle christianisme l'ensemble des confessions religieuses fondées sur l'enseignement de Jésus-Christ.

Les fondamentaux du christianisme

Toutes les confessions chrétiennes partagent la foi en un Dieu unique en trois personnes : Père, Fils, Saint Esprit (c'est le « mystère de la Trinité »). Dieu a créé l'univers et placé en son centre l'être humain, qu'il a voulu libre, capable de choisir le bien comme le mal.

L'Homme ayant fait un mauvais usage de sa liberté, Dieu a envoyé son Fils sur la terre et celui-ci s'est incarné en la personne de Jésus-Christ. Il a été persécuté et crucifié. Par sa mort injuste, il a réparé les péchés des hommes. Par sa résurrection miraculeuse, il a témoigné de la victoire de la vie sur la mort. Il a permis à tous les hommes de retrouver l'espérance en la vie éternelle et en la contemplation de Dieu.

Le Christ présente à Pierre les tables de la Loi (tombeau de Junius Bassus, 359, Rome)

Jésus et les premiers chrétiens

Connu sous le nom de Jésus - ou Iéshoua (Dieu sauve en araméen) -, l'inspirateur du christianisme serait né à Bethléem, en Judée (alors province romaine), aux alentours de l'an 6 d'avant notre ère. Il aurait ensuite vécu auprès de ses parents à Nazareth, en Galilée.

Il entame sa prédication vers l'âge de 30 ans. Prêchant de ville en ville, il suscite d'importants rassemblements de foules mais l'opposition des prêtres qui gardent le Temple de Jérusalem et assurent le culte israélite lui vaut d'être livré aux Romains, condamné à mort et crucifié. Ses disciples disent qu'il est ressuscité au bout de trois jours, à Pâques, avant de monter aux cieux.

Les disciples de Jésus appelaient volontiers celui-ci Christ. Ce mot signifie en grec : « oint ». C'est pour cela que plus tard, à Antioche puis dans le reste de l'empire romain, on a appelé chrétiens les adeptes de la nouvelle religion. Le mot Messie, transcription française de l'hébreu Mashiah, a la même signification...

L'existence de Jésus de Nazareth, sa naissance, sa prédication et sa mort sur la croix, reposent sur différents témoignages. Ces événements ainsi que sa résurrection ont donné lieu à de nombreux écrits de la part de ses disciples dès les années 50 de notre ère.

La foi chrétienne se fonde sur un ensemble de textes :

1- La Bible judaïque. Elle raconte l'alliance de Dieu avec le peuple hébreu. D'où l'autre appellation que lui donnent les chrétiens : l'Ancien Testament (testament, traduction latine de l'hébreu berîth, signifiant tout simplement alliance).

2- Les quatre Évangiles officiels et quelques autres textes comme les lettres ou épîtres de Paul, les Actes des Apôtres, écrits par Luc, l'Apocalypse de Jean. Ces textes écrits au Ier siècle de notre ère nous sont parvenus en grec (la langue la plus parlée autour de la Méditerranée à cette époque).

Ils racontent le parcours de Jésus-Christ, sa naissance, sa prédication, sa condamnation et sa mort sur la croix ainsi que sa résurrection supposée et son ascension au ciel. Ils constituent un ensemble de textes que l'on appelle Nouveau Testament pour le distinguer de l'Ancien Testament.

3- À ces textes, il faut ajouter les textes de la Tradition, élaborés au fil des siècles par les Pères de l'Église (Augustin, Jérôme, Léon, Basile...) et approuvés par la communauté des chrétiens. C'est à eux que la foi chrétienne doit sa cohérence... et ses subtilités théologiques, à l'origine d'une interminable exégèse (analyse des textes religieux).

La foi chrétienne

Selon les textes fondateurs et en particulier ceux de la Tradition, Jésus est le Fils dans la Sainte Trinité qui réunit un Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Saint Paul, le premier, présente clairement le Christ comme « envoyé par son Père », autrement dit le Fils de Dieu.

Ainsi le christianisme se distingue-t-il des autres religions par la foi en un Dieu unique, proche des hommes, qui les aime assez pour venir parmi eux, mourir et ressusciter, afin de les éloigner du péché et de leur assurer la vie éternelle.

Le Christ, qui est né et a grandi dans le ménage d'un charpentier de Galilée, parle à ses disciples en termes très concrets, avec des formules qui sentent le terroir et sont compréhensibles de tous. Il s'exprime volontiers par paraboles (récits allégoriques porteurs d'une morale).

En opposition avec le judaïsme, le Christ rejette les rituels astreignants, les interdits alimentaires et le repos obligatoire du sabbat. « Il n'y a rien d'extérieur à l'homme qui puisse le rendre impur en pénétrant en lui, mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur », dit-il [Marc VII, 15]. Et aussi : « Lequel d'entre vous, si sa brebis tombe dans un puits le jour du sabbat, hésitera à la secourir ? » [Matthieu XII, 11]. A son imitation, les fidèles prônent l'amour raisonné des bonnes et belles choses.

Par contre, le Christ condamne très fermement les manifestations d'orgueil : « Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à se perdre lui-même ? » [Matthieu XVI, 26].

Saint Paul renchérit dans sa très belle lettre aux Corinthiens :
« Quand j'aurais le don de prophétie, la connaissance de tous les mystères et de toute la science,
quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien... »

L'apôtre, que l'on considère comme le deuxième fondateur du christianisme après le Christ lui-même, met l'accent sur l'amour fraternel, troisième vertu théologale après la foi et l'espérance, à ses yeux la plus importante.

L'amour, fondement du christianisme, ne se limite pas à l'affection des proches mais s'étend à tous les hommes (parabole du bon Samaritain). Il passe par la compassion (parabole de la femme adultère Jean VIII, 1-11).

Peinture murale représentant Jésus, catacombes de Commodilla (Rome), IVème siècle

L'église sort des catacombes

Dès les débuts du christianisme, les fidèles du Christ se font baptiser, comme lui-même l'a été par Jean le Baptiste. Non pas en se plongeant dans un bassin ou une rivière à la manière des Hébreux mais en se faisant ondoyer par un tiers au nom du Christ. Le baptême entraînant la rémission des péchés, beaucoup attendent la fin de la vie pour s'y soumettre (*) !

Le baptême et l'entrée dans la communauté chrétienne requièrent une préparation, le catéchuménat, qui peut durer jusqu'à trois ans. Le postulant s'engage à cette occasion à renoncer à certaines professions comme le service militaire. Un fidèle se porte garant de lui auprès de la communauté. Il a nom sponsor (d'un mot latin qui signifie celui qui pousse).

Les communautés prennent l'habitude de se retrouver pour renouveler la Cène et la consécration du pain et du vin par le Christ. Pline le Jeune, gouverneur de Bithynie (Turquie actuelle), écrit vers 112 à l'empereur Trajan : « Ils ont l'habitude de se réunir à jour fixe, avant l'aube, de chanter un hymne au Christ comme à un dieu, par répons, et de s'engager par serment non pas à quelque forfait, mais à ne commettre ni vol, ni brigandage, ni adultère, à ne pas manquer à leur parole, à ne pas refuser de restituer un dépôt quand ils sont sommés de le faire. Cela fait, leur règle est de se séparer, puis de se réunir à nouveau pour prendre de la nourriture, banale et inoffensive. Ils ont du reste renoncé à ce dernier point après mon édit, par lequel, selon tes ordres, j'avais interdit les associations ».

Dans les premiers siècles du christianisme, les croyants pensent que la fin du monde et le Jugement dernier sont imminents. Ils ne voient pas d'intérêt à préserver l'ordre social. Le célibat, la chasteté et le refus de porter les armes témoignent d'une lecture littérale des Évangiles et de l'enseignement de Saint Paul.

L'église prend la direction de l'empire

Au IVe siècle, on n'en est plus là. La fin du monde n'est plus à l'ordre du jour. D'autre part, le christianisme paraît solidement établi dans l'empire romain après sa légitimation par Constantin 1er (édit de Milan, 313) et l'organisation d'un clergé hiérarchisé. Prenant acte de sa prépondérance, l'empereur Théodose le proclame religion officielle en 392.

Mais l'Église ne manque pas de s'inquiéter du sort de l'empire romain auquel son destin est encore étroitement lié.

En 410, la ville de Rome, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même, est pillée et ravagée pendant trois jours par les Wisigoths d'Alaric, fâchés que l'empereur Honorius n'ait pas versé le tribut demandé. Saint Augustin, comme tous les hommes éclairés de son temps, mesure le caractère hautement symbolique de l'événement. Il en tire la matière de La Cité de Dieu. Dans cet ouvrage, il rappelle que la Cité de Dieu n'est pas de ce monde mais de l'au-delà.

Contre ceux qui prennent à la lettre le commandement biblique : « Tu ne tueras point », Saint Augustin légitime aussi le concept de « guerre juste ». Dans un monde appelé à durer, les chrétiens ont le droit et le devoir de se défendre face aux forces du mal qui les assaillent, face aux païens et aux infidèles. Beaucoup plus tard, conjugué à la mystique guerrière héritée des Barbares, ce concept donnera naissance à la chevalerie et au mouvement des croisades.

Au Ve siècle, l'époque de Saint Augustin, les chrétiens prennent l'habitude de baptiser leurs enfants dès leur plus jeune âge, souvent à la naissance. Cette pratique trouve a posteriori une justification dans le concept du « péché originel » sur lequel s'étend Saint Augustin (encore lui !).

Le péché originel est l'acte de désobéissance commis par Adam et Ève à l'encontre de leur Créateur. Il s'est transmis à tous leurs descendants, condamnant ceux-ci à la damnation ou au néant après leur mort. En faisant don de sa personne aux hommes, Jésus libère les hommes de cette fatalité. Il leur permet d'accéder après la mort à la connaissance de Dieu (autrement dit à la vie éternelle) sous réserve de bénéficier de la grâce divine.

André Larané

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Les Évangiles

Publié ou mis à jour le : 2015-05-10 20:04:18

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Dominique (23-12-201601:18:01)

Ou est donc la rigueur de la démarche historique dans tout ça. Herodote est il un site d'Histoire ou un site d'histoires ?

lili Papé (26-04-201517:24:28)

Dieu n'est pas né dans un palais ou une synagogue, ni dans une famille royale ou chez un grand-prêtre, MAIS dans une famille modeste pour être avec son peuple.
N'est-ce pas merveilleux que notre Dieu, pur Esprit, Souffle de vie, prenne corps dans une Sainte Femme choisie, MARIE ?
Comme le dit Saint-Irénée : l'Incarnation est la suite logique de la Création, l'accomplissement plénier de l'alliance de Dieu avec l'Humanité.
Lorsque nous prions Dieu, nous ne parlons pas à un inc... Lire la suite

adeco (24-12-201216:57:06)

Il est très intéressant votre article sur la Noël, malgré mes 86 ans, j'apprends tous les jours en lisant vos articles Bravo


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