Un tableau, une époque

Famille de paysans dans le clair-obscur des humbles

La Forge (Louis Le Nain, vers 1640, musée du Louvre)Trois frères, trois peintres, un même atelier, une vie en cohabitation… Antoine, Louis et Mathieu Le Nain s’imposent au début du XVIIème siècle sur le marché de l’art parisien. Jamais rivaux, ils signent modestement dans une même volonté d’anonymat : Le Nain.

Qui a fait exactement quoi ? Qui des trois est l’auteur de chaque tableau ? Les historiens de l’art tâtonnent encore sur ces questions. Seule évidence, leurs sujets très variés sont portés par trois talents producteurs de chefs d’œuvres, le plus emblématique étant Louis.

Il se démarque de ses frères par sa capacité à restituer avec harmonie l’atmosphère de sujets simples et dépouillés tout en traitant les personnages avec beaucoup de finesse psychologique comme on le voit avec La Forge ci-contre ou cette Famille de paysans dans un intérieur qui lui sont attribuées.

Famille de paysans dans un intérieur, Louis Le Nain (1642, 113x159 cm, musée du Louvre)

Les scènes de genre de plus en plus prisées

Au contact de courants d’influences flamande et italienne en ce début de XVIIème siècle, les frères Le Nain se sont faits une place à part dans leur volonté de peindre le monde paysan dans sa réalité la plus sensible même si, en raison de commandes institutionnelles, ils produisaient également des sujets mythologiques ou bibliques.

D’origine picarde, les trois frères ont eu l’opportunité d’observer à loisir le monde paysan dans les vignobles de Laon, petite ville rurale ballottée par l’Histoire, avant de débuter leur carrière près de là, dans les Flandres espagnoles.

Les Mendiants (Louvre) par Brueghel l’Ancien (1525-1569) ; agrandissement : L’Homme au chapeau blanc (musée Fabre, Montpellier), par David Teniers le Jeune (1610-1690)Rubens (1577-1640) y connaissait la gloire avec ses sujets bibliques et ses portraits de sommités. Mais c’est aussi dans Flandres et les Provinces-Unies du Nord qu’était née la peinture de genre prisée de la nouvelle bourgeoisie marchande.

Longtemps considérée comme un art mineur avec ses scènes de la vie populaire, souvent vulgaires, humoristiques ou grotesques, elle avait acquis ses lettres de noblesse avec Peter Brueghel l’Ancien (1525-1569) ou encore David Teniers l’Ancien (1582-1649) et ses fils.

De leur côté, poursuivant ensemble leur carrière à Paris, les Le Nain vont imprégner la peinture de genre d’un regard plus grave. Ils renoncent à faire rire pour proposer des scènes vertueuses pleines de dignité. À la différence des peintres flamands qui privilégient les scènes de vie sociale en extérieur, les trois frères se centrent sur le cercle familial le plus étroit, au travail ou dans le cercle clos du foyer.

Leurs scènes de genre baignent dans des clairs-obscurs à la manière flamande mais sont en prise étroite avec le réel et les êtres qui le peuplent, toujours restitués par des attitudes emplies de dignité.  

La Charrette ou le Retour de la fenaison (Louis Le Nain, 1641, musée du Louvre) ; agrandissement : le Repas des paysans (Louis Le Nain, 1642, musée du Louvre)

Le retour en grâce des « Le Nain » dans la peinture française

L’œuvre des frères le Nain, estimée et reconnue sous Louis XIII, a cependant vite été balayée par le classicisme, la rejetant dans l’ombre des collections privées.  Celle-ci a cependant repris vie de manière sporadique quand a émergé, au XVIIIe siècle, le goût du retour à la nature, puis a été plus tard encensée par les représentants du mouvement réaliste de la fin du XIXème, tels Chamfleury et Antony Valabrègue. Ces derniers ont cru voir en ces peintres les premiers défenseurs des classes défavorisées. Ce qui n’était certes pas le cas.  Leurs acheteurs étaient plutôt des nobles ou bourgeois aisés, davantage attirés par l’image édifiante des vertus paysannes que par la contestation sociale.
Il est à noter aussi que peu d’expositions leur ont été consacrées. De leur œuvre commune seulement 75 tableaux nous sont parvenus sur les 2000 sans doute réalisés. Chaque exposition a cependant permis une avancée significative dans le nombre d’œuvres répertoriées et dans l’étude des styles de ces peintres atypiques. Ils seraient selon les historiens de l’art « les bons génies de la sympathie humaine » (Roberto Longhi) et ceux qui « ont réussi à suggérer l’incommunicable expérience de chaque être » (Jacques Thuillier).

Louis Le Nain, jamais sans ses frères

Les renseignements biographiques sur les frères Le Nain font toujours défaut. On sait que leur père Isaac était sergent du grenier à sel (impôt de la gabelle). On sait aussi que les enfants le Nain étaient cinq frères, dont trois d’entre eux ont rivalisé de talents artistiques, même si Louis est retenu comme le plus doué. Des trois peintres, Antoine était l’aîné, suivi de Louis et Mathieu. Leurs dates de naissance sont maintenant situées entre 1604 et 1608, dix ans plus tard que les premières estimations. Les dates ont en effet fluctué après de nombreuses déductions réalisées à partir de documents annexes, des archives ayant été perdues au gré des conflits. 

Il est difficile de parler de Louis sans évoquer ses frères car leurs vies se mêlent et s’entremêlent étroitement dans une carrière commune jusqu’à la mort d’Antoine et Louis à deux jours d’intervalle les 23 et 25 mai 1648, certainement de maladie contagieuse.

Portrait de jeune homme, attribué à Mathieu Le Nain (musée royal de Bruxelles) ; agrandissement : Le Reniement de saint Pierre, attribué à Mathieu Le Nain (1655, musée du Louvre)Le plus jeune, Mathieu, a vécu trente ans de plus, continuant à exercer sous la signature exclusive Le Nain en tant que portraitiste. Difficile alors pour les historiens de l’art de définir leurs styles respectifs car aucun d’eux n’a cherché à se spécialiser. Ils ont chacun créé, participé, copié et conseillé en étroite symbiose.

Sous l’égide d’Antoine, reçu maître peintre à Saint Germain-des-Prés en 1629, ce trio fraternel y a partagé en toute harmonie toit et atelier près de l’église Saint Sulpice. Célibataires sans descendance, ils ont pu vivre de leur art, preuve en est ce patrimoine commun, suffisant pour se léguer mutuellement leurs biens au dernier vivant en 1646, signe irréfutable de leur bonne entente.

Le mystère plane également sur leur formation, même si on connaît la présence de nombreuses écoles de peinture en province, dont une à Amiens et, certainement, une à Laon dont ils seraient les derniers héritiers. Un texte d’un chanoine de Laon, Claude L’Eleu, affirme « qu’ils ont été formés à Laon pendant un an par un peintre étranger ». Les historiens penchent pour un Flamand, mais on peut penser que leurs talents sont un amalgame de plusieurs influences, multiples dans la diversité du microcosme parisien.

L'Âne ou La Famille de la laitière (1641, Louis Le Nain, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)Toutefois, peu de voyages pour les Le Nain sauf entre Paris et Laon. Louis le Nain, étrangement qualifié parfois de Louis « le Romain », aurait effectué avec son frère Mathieu un séjour en Italie, mais cet épisode est de l’ordre de la conjecture. C’est après leur installation en Île-de-France qu’ils se sont forgé progressivement une réputation tant pour des commandes religieuses que pour leurs productions de scènes de genre vendues sur un marché florissant.

Tous leurs tableaux datés et signés se situent dans la période de leur maturité commune entre 1640 et 1647. Les plus représentatifs du talent de Louis le Nain sont peints pendant cette brève période.  Un des plus connus est La Forge (1641) réalisé à la même période que Famille de paysans dans un intérieur, dénotant indubitablement pour les deux des qualités artistiques de premier ordre.

Louis a naturellement la fluidité d’un maître par sa touche maîtrisée et libre avec cette capacité extraordinaire à faire émerger la dimension psychologique des plus humbles, de transcrire avec délicatesse l’innocence des enfants, sans négliger la présence innovante des animaux. Les plus grands chefs d’œuvre des Le Nain aux subtiles gradations de couleurs et de lumière, c’est à lui qu’on les doit : La Charrette (1641), L’Âne (vers 1641), Le Repas des paysans (1642), La Visite à la grand-mère (1642), La halte du cavalier (vers 1645), etc.

La Visite à la grand-mère (Louis Le Nain, 1641, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)

Confluence de talents à Saint-Germain-des-Prés

Il n’est pas anodin de découvrir les Le Nain établis à Saint Germain-des-Prés, alors faubourg de Paris et centre intellectuel très actif à partir du rayonnement de l’abbaye royale. Cet endroit excentré était propice pour s’établir à moindres frais.

En effet, dans l’effervescence artistique impulsée par Marie de Médicis, Richelieu, puis Mazarin, Paris était devenu un pôle particulièrement attractif pour les artistes. Les maîtres-peintres de Paris de la corporation de Saint-Luc étaient alors les plus prestigieux, pour la plupart logés et pensionnés. Toutefois, les droits d’entrée y étaient particulièrement onéreux.

Les réglementations des métiers étaient aussi très contraignantes. Ainsi, les peintres, encore assimilés aux artisans, étaient soumis aux règlements des corporations comme les cordonniers ou les menuisiers. Ils étaient de plus strictement hiérarchisés en trois groupes de compétences : apprentis, compagnons ou maîtres.

Pour cette raison pratique, beaucoup d’artistes se sont regroupés à Saint-Germain-des-Prés, lieu plus abordable sur la rive gauche où une foire de l’art avait lieu chaque année.  C’est là que se sont établies entre autres des communautés flamande et italienne. En raison de droits de réception moins élevés, la corporation de Saint-Germain-des-Prés permettait d’exercer son art sur le territoire de l’abbaye.

Plan de Paris à la fin du XVIIe siècle ; agrandissement : le marché de Saint-Germain (gravure de Jollain, vers 1670)

On peut donc comprendre qu’Antoine Le Nain, en tant que chef d’atelier, ait choisi cette corporation mieux adaptée à ses revenus. La religion était très présente en ce lieu. Le curé de Saint-Sulpice, ardent défenseur de la Réforme catholique, y a exercé à la même époque une charité militante sur le modèle de saint Vincent de Paul (1581-1660). Les disettes étant fréquentes, l’inspiration des frères Le Nain a pu baigner dans cette atmosphère attentive aux souffrances du petit peuple.

Les ateliers de peinture se répartissaient alors entre ceux des maîtres avec chefs d’œuvre, les plus reconnus, et ceux des maîtres de métier ayant droit d’exercer par « lettre de don », sur preuve de leur expérience. L’atelier Le Nain était classé dans cette seconde catégorie. Un peu à part, les peintres de ce faubourg se démarquaient donc des usages ambiants en un temps où les artistes français étaient plutôt disciples de l’Italie et du Caravage (1571-1610).

Vénus dans la forge de Vulcain (vers 1641, réalisation conjointe des trois frères Le Nain, musée de Reims)Le relatif vent de liberté qui y soufflait explique comment les Le Nain se sont affranchis de tout académisme tout en répondant aux commandes de leurs clients comme dans cette représentation de Vénus dans la forge de Vulcain, réalisée vers 1641 par les trois frères : derrière les conventions du genre, ils arrivent ici aussi à donner de la profondeur psychologique à leurs personnages.

Leur réputation progressivement établie les a conduits à la reconnaissance de leurs pairs quand, en mars 1648, ils sont sollicités tous les trois pour entrer à la nouvelle Académie royale de peinture et de sculpture, créée fin janvier à l’initiative de Charles Le Brun (1619-1690) et Philippe de Champaigne (1602-1674).

Concurrente de l’Académie de Saint-Luc, la volonté de cette nouvelle instance était en effet de réunir les meilleurs artistes du royaume.  La carrière des Le Nain était donc à son apogée deux mois avant la disparition soudaine d’Antoine et de Louis, laissant leur frère Mathieu la poursuivre en solitaire.

Dure réalité mais tableaux rassurants

De rébellions en émeutes, les paysans du XVIIème siècle agitent sporadiquement les campagnes contre le fisc. Le père des Le Nain, fonctionnaire de la gabelle (dico), était en première ligne face aux résistances à l’arbitraire fiscal et ses fils en avaient par répercussion un écho concret. Ce siècle a été en effet riche en multiples révoltes et jacqueries dans toutes les régions (Nu-pieds en Normandie, Croquants dans le Sud-Ouest…).

Le chancelier de Marillac témoigne même en juillet 1630 que « tout est plein de séditions en France ». La solidarité paysanne s’échauffe, voire s’organise pour combattre les exigences fiscales du gouvernement royal.  Mais qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit là d’émeutes d’indignation et d’émotion, dépourvues de revendications politiques révolutionnaires.

Louis Le Nain s'en tient éloigné et, dans ses peintures de genre, veille à donner de la paysannerie une image apaisée, propre à rassurer ses clients potentiels issus de la bourgeoisie ou de la noblesse.

Dans ses différentes oeuvres réalisées vers 1640-1642, à la fin du règne de Louis XIII, l'artiste s’appuie sur ses souvenirs de jeunesse et ses impressions de voyage pour restituer ambiance et ressentis. Il en impose par son regard affuté porté sur la profondeur humaine et sa palette de tons chauds. Ses oeuvres de composition se signalent par des motifs récurrents comme les animaux domestiques ou l'enfant musicien (avec une flute dans la Famille de paysansLa Charrette et la Visite à la grand-mère, avec un violon dans Le Repas des paysans). L'impression de véracité n'en est pas moins très forte, les modèles, eux-mêmes pauvres, n'ayant pas de peine à suggérer les dures réalités du temps.

Famille de paysans dans un intérieur, détail (Louis Le Nain, 1642, musée du Louvre)Dans la « Famille de paysans dans un intérieur » (113 cm x 160 cm), aujourd’hui visible au musée du Louvre, les neuf personnages restent concentrés chacun dans son monde. Autour d’une table basse, selon des gestes quasi religieux, le père coupe le pain et la mère élève le vin.  Les regards de chacun sont dirigés vers différents endroits. Des trois adultes assis, seuls, le père et une jeune fille nous regardent tandis que la mère flotte distraitement dans ses pensées. Près d’une cheminée, trois enfants observent le feu ; deux fillettes debout et un jeune enfant, assis au sol, semblent rêver sur la musique d’un bel enfant dépenaillé jouant de la flûte.

Cet instantané, dominé par le calme des personnages, se distingue nettement des sujets choisis par les peintres du nord qui privilégient généralement les scènes débridées, conteuses d’histoires parsemées d’anecdotes. Ici, c’est un arrêt sur image de vies intérieures. Scène vécue, scène réaliste mais scène recomposée et posée en atelier avec des modèles recrutés autour de Saint-Germain-des-Prés... comme la plupart des autres chefs d'oeuvre connus de l'artiste.

  • Le cadre de l'oeuvre est minimaliste, suggérant le dénuement de cet habitat où la pauvreté est évoquée cependant sans misérabilisme dans des couleurs sombres de marron, beige, rouge. Le clair-obscur renforce l’impression d’intimité. Deux sources de lumière sont visibles : une intérieure, le feu rougeoyant à gauche ; une extérieure, lueur provenant sans doute d’une fenêtre à droite (à l’époque sans vitre avec volets de bois).
  • Les vêtements propres et rapiécés avec soin dépeignent avec naturel l’apparence des paysans d’alors sans en outrer l’allure, tout en respect et dignité.
  • Famille de paysans dans un intérieur, détail (Louis Le Nain, 1642, musée du Louvre)Les neuf personnages s’estompent progressivement pour les seconds plans jusqu’à presque s’estomper dans le fond et sur la gauche.  Tous semblent bien nourris : les enfants ont tous de belles joues rebondies.
  • La mère est tournée vers nous distraitement perdue dans ses pensées.  Portant le grand col plat à la mode sous Louis XIII, elle tient de la main droite une cruche grise et de la gauche un verre à pied contrastant par sa finesse cristalline avec la rusticité ambiante. Le verre est certainement bien là un accessoire d’atelier par son contraste avec la rusticité des lieux et par son invraisemblance dans un authentique foyer paysan.  Cet objet délicat apporte cependant un élément de beauté sensible au geste de la femme dont la présence est à la fois austère, affirmée et rêveuse.
  • Famille de paysans dans un intérieur, détail (Louis Le Nain, 1642, musée du Louvre)Le père nous regarde, sous son chapeau de feutre, avec suspicion, les yeux plissés. On sent avec force, par ses lèvres pincées et son regard perçant, sa méfiance envers l’intrus que nous sommes. Il coupe en travers la boule de pain que la famille va partager. Mais la table basse devant lui, dénuée de tout couvert, n’évoque pas vraiment un repas mais plutôt la solennité de cet acte d’offrande du pain à sa famille. Une salière devant lui pourrait être la touche de rappel du métier du père Isaac Le Nain.
  • L’aînée des filles est assise sur une chaise comme les deux autres adultes. Son visage calme et plein témoigne que, même si la vie est austère, elle n’est pas misérable, son demi-sourire participant à cette impression. Elle est bien vêtue, parfaitement présentable et bonne à marier !
  • Une petite fille derrière la jeune femme porte le béguin des jeunes enfants.
  • Un enfant rêveur et sage, est assis sur le sol, jambes et pieds nus, propre et bien habillé avec son col blanc de style Louis XIII.
  • Famille de paysans dans un intérieur, détail (Louis Le Nain, 1642, musée du Louvre)Le joueur de flûte est un bel enfant plein de santé à la belle prestance. Son vêtement, déchiré dans la longueur, découvre sa poitrine suggérant davantage la turbulence du jeu que la misère car son pantalon est rapiécé avec soin. C’est lui qui charme l’assemblée au son de sa musique, à part le père préoccupé par le visiteur. Ce garçonnet semble empli de joyeuse candeur.
  • Trois enfants immobiles centrés sur le feu. Une fillette songeuse debout de profil avec coiffe, la silhouette sombre d’un garçon de dos et, accroupi, la joue d’un petit enfant de profil, à peine visible qui peut échapper au regard au premier abord. 
  • Le chat et le petit chien sont des touches de vie car on les imagine forcément joueurs. La race du chien est sans nul doute sophistiquée pour ce milieu paysan. On peut penser qu’il a pour fonction de plaire aux acquéreurs potentiels car les animaux domestiques sont fréquents à cette époque dans les milieux nobles et bourgeois. Le petit chat blanc à taches noires est quant à lui identifiable dans d’autres tableaux.
  • Tous les objets semblent posés intentionnellement. On les sent essentiellement décoratifs. Ils sont bien là pour compléter la scène telle que l’attend l’acquéreur.

L’art de Louis Le Nain est, dans ce tableau, d’avoir su insuffler une forte présence psychologique aux protagonistes quand leur immobilité pourrait générer une impression figée. Aucune action commune ne relie ces neuf personnages, sauf l’écoute plus ou moins attentive de la musique de la flûte. Ce chef d’œuvre est une image idéalisée d’une réalité sociale beaucoup plus complexe.

Michelle Fayet
Publié ou mis à jour le : 2023-08-19 08:22:22
Jean Loignon (21-08-2023 14:54:11)

A la somme des énigmes que représentent la vie et l'oeuvre des frères Le Nain, j'ajouterai celle d'une appartenance possible au protestantisme, présent dans le Laonnois proche de Noyon, patrie de Jean... Lire la suite

Constant (20-08-2023 19:58:24)

Vie paysanne partiellement effleurée , mais dont le détail est remarquablement rendu

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