Histoire des Mongols

Comment les Mongols ont changé le monde

Par leur mode de vie nomade, les Mongols disposaient en germe de tous les atouts des conquérants : rusticité, endurance, obéissance absolue au chef du fait de leur organisation clanique, art de la guerre, passion des grands espaces…

À la fin du XIIe siècle, une fois unis sous la férule d’un homme hors du commun, Gengis Khan, cette puissance à déferlé des steppes sur l’Asie, puis la Russie, puis l’Europe, sans que rien ne puisse l’arrêter.

Loin de se borner à dominer les terres conquises, les Mongols les ont aussi transformées en apportant une forme d’administration, des outils et des pratiques qui ont infusé dans les peuples dominés et enrichi leurs cultures.

Jusqu'au XIXe siècle, les lointains descendants des gengiskhanides ont gouverné différentes principautés d'Asie, y compris dans le sous-continent indien. Aujourd'hui revenus à plus de modestie, les Mongols maintiennent envers et contre tout leurs traditions dans un État grand comme deux fois la France (1,7 million de km2)  mais peuplé de seulement trois millions d'âmes. Bien que coincés entre deux grandes autocraties, la Chine et la Russie, ils réussissent l'exploit de cultiver une démocratie exemplaire... 

Camille Vignolle

La domination des Mongols sur l'Asie et l'Europe vers 1280 (source : Historica, éditions Place des Victoires)

Une nature impitoyable

De tous les peuples nomades de la steppe, les Mongols sont les premiers à avoir établi un empire, il y a environ ving-trois siècles. Tantôt divisés, tantôt unis, leurs clans ont longtemps été réduits à un face-à-face avec leurs cousins nomades turcs, à l'ouest, et les sédentaires chinois, au sud. C'est seulement avec Gengis Khan et ses descendants, il y a huit cents ans, qu'ils vont se faire connaître du monde entier ou presque, jusqu'à échanger des ambassades avec le roi de France Saint Louis.

De type mongoloïde, apparenté aux Chinois, Coréens, Japonais, etc., les Mongols se distinguent toutefois d'eux du point de vue linguistique. Leur langue appartient en effet à la famille dite altaïque, du nom d'une puissante chaîne de montagnes entre la Mongolie actuelle, la Russie, le Kazakhstan et la Chine. De là seraient issus les populations qui ont engendré les peuples de la steppe : Turcs et Tatars à l'ouest, Mongols, Khitans et Mandchous à l'est.

La steppe mongole dans la vallée de l'Orkhon, Le berceau originel des Mongols s'étend du lac Baïkal au bassin supérieur des rivières Onon et Kéroulen. C'est une région plus rude qu’aucune autre avec des écarts de température extrêmes, de -40°C en hiver à +40°C ou davantage en été. Elle contribue à endurcir le caractère des habitants et buriner leurs traits.

Quatre biomes se succèdent du nord au sud dans cet immense domaine que sillonnent les cavaliers mongols :
• La toundra, une lande avec végétation de graminées, domaine de l’ours et du loup ; l’homme y est éleveur de rennes.
• La taïga, dans la région du lac Baïkal, avec sa forêt boréale de feuillus et de conifères, peuplée de grands cervidés mais aussi de carnivores, tigres et panthères ; l’homme y est chasseur et habite dans des huttes de branchages.
• La steppe herbeuse, où règne en maître le cheval ; elle constitue plus de la moitié du territoire actuel de la Mongolie ; l’homme y est éleveur, circule en chariot et habite dans une tente démontable, la yourte (ces conditions de vie n'ont guère changé à ce jour).
• Le désert et notamment le redoutable désert de Gobi, une étendue aride où l’existence demeure précaire ; l’homme, aidé par les camélidés (chameaux, dromadaires), y est caravanier.

Cervidés en bronze, Exposition Gengis Khan. Comment les Mongols ont changé le monde, Château des ducs de Bretagne. 14 octobre 2023 - 5 mai 2024, @DAVID GALLARD / LVAN.  Agrandissement : Vue de l'une des salles de l'exposition Gengis Khan. Comment les Mongols ont changé le monde : au centre, un Monument des pierres à cerfs (tumulus funéraire de l'âge du bronze).

Les images finement ciselées de cervidés sur les stèles funéraires de l'âge du bronze  (2200 à 800 av. J.-C.) donnent à penser que les éleveurs mongols de la steppe vénéraient le cerf. Sans doute aussi vénéraient-ils le loup comme le donne à penser la légende qui fait descendre Gengis Khan d'un loup bleu.

Ovoo ou talus chamanique mongol sur Chingeltei Uul, près d'Oulan-Bator.La pratique du chamanisme se rattache à l’univers de la forêt et de la chasse. Comme le chasseur soumis au bon vouloir du gibier, le chamane fait face à l’imprévisibilité d’une rencontre avec les esprits par des transes et des accoutrements animaliers. À l’âge du bronze, le développement de l’élevage l’amène à chasser aussi les esprits des ancêtres. Son univers s’étend à la steppe. À mesure que la société s’organise, le chamane est de plus en plus sollicité par les souverains pour justifier leur ascendance divine.

Du fait de la prépondérance du cheval, le monde des steppes est perpétuellement en mouvement. Les éleveurs pratiquent la transhumance en fonction des saisons avec leurs troupeaux. Il s’ensuit un fractionnement de la steppe entre différents clans, chacun s’appropriant un parcours de transhumance. Ces parcours font l’objet de fréquentes disputes dictées par les nécessités de la survie.

Représentation d'un cavalier sur son cheval, Exposition Gengis Khan. Comment les Mongols ont changé le monde, Château des ducs de Bretagne. 14 octobre 2023 - 5 mai 2024, @DAVID GALLARD / LVAN.

Modun et l'empire Xiongnu (IIIe siècle av. J.-C.)

C’est dans ce contexte, parmi des éleveurs mongols, que naît au IIIème siècle avant notre ère la confédération Xiongnu (ou Hiong-nou). Ce premier empire de la steppe va perdurer pendant plus de trois siècles, de 209 av. J.-C. à 155 après J.-C. Dès avant sa fondation, l'empire chinois de Qin Shi Huangdi se protège des incursions de cavaliers xiongnu en érigeant des murailles qui, jointes bout à bout, constitueront la Grande Muraille de Chine. 

Chevaux et cavaliers, Exposition Gengis Khan. Comment les Mongols ont changé le monde, Château des ducs de Bretagne. 14 octobre 2023 - 5 mai 2024, @DAVID GALLARD / LVAN.Depuis trois décennies, les découvertes archéologiques ont permis de réévaluer la place de cette culture nomade dans l’Histoire universelle. Ainsi attribue-t-on aux cavaliers xiongnu l’invention de la selle, de l’étrier, du bridon et du marquage des chevaux. Les sépultures nobiliaires ou royales témoignent aussi d’une orfèvrerie et d’un mobilier d’une grande richesse (tentures brodées, tapis de feutre, vaisselle et bijoux en or), avec des chars disposés près des défunts, accompagnés de chevaux sacrifiés.

La confédération xiongnu devient un véritable empire sous l'impulsion de  Modun  (234-174 av. J.-C.), un chef militaire charismatique qui préfigure Gengis Khan avec quinze siècles d'avance. Il constitue un corps d’élite redoutable avec ses archers à cheval, astreints à une obéissance aveugle et un entraînement intense. En 209 av. J.-C., lors d’un meurtre collectif, il tue son propre père et monte sur le trône des Xiongnu avec le titre de shanyu (souverain).

Aussitôt, profitant des désordres consécutifs à la mort du Premier Empereur chinois, il reprend aux Qin (Chinois) les territoires xiongnu en amont du fleuve Jaune et en même temps soumet les Kirghizes et les Yueshi.

Vers 200 av. J.-C., les armées xiongnu pénètrent au Shanxi et encerclent les troupes Han (chinoises). L’empereur Gaozu échappe de justesse à une capture infamante. L’affaire se solde en 198 par un traité de paix couronné par une alliance matrimoniale. Il laisse à sa mort un empire étendu du lac Baïkal au nord à la Grande Muraille au sud, la Corée à l’Est et l’Altaï à l’ouest. Ses successeurs continueront de faire trembler la Chine, menant contre celle-ci à intervalles réguliers des raids éclairs qui seront à chaque fois suivis d’un traité de paix assorti d’un lourd tribut.

Couronne de Bilgä Kagan, Trésor du Mémorial de Bilgä Kagan, VIIIe siècle après J.?C., Exposition Gengis Khan. Comment les Mongols ont changé le monde, Château des ducs de Bretagne. 14 octobre 2023 - 5 mai 2024, @DAVID GALLARD / LVAN.

Les empires Türk (VIe et VIIe siècles)

Bien après l'effacement  des Xiongnu, un nouvel empire des steppes apparaît au VIe siècle parmi les Turcs qui nomadisent dans la chaîne montagneuse de l'Altaï. C'est le kaghanat göktürk ou Türk. Il est fondé en 551 par un nouveau chef, Bümin (vers 490-553), qui consolide vivement ses frontières avec la Chine en épousant une princesse de la dynastie des Wei.

Ses successeurs vont implanter des garnisons le long des oasis de la route de la Soie de façon à faciliter le commerce entre la Chine et le reste du monde. C’est l’époque, notons-le, où le bouddhisme, en provenance du monde indien, pénètre en Asie orientale. De grands monastères essaiment le long de la route de la Soie entre le IVe et le Ve siècles.

Monument funéraire à Bilge Khagan, vallée de l'Orkhon, Mongolie.L’avènement d’une dynastie forte en Chine, les Tang, au VIIe siècle, a raison de ce premier empire Türk. Celui-ci devient un protectorat chinois. Toutefois, un second empire Türk renaît entre 682 à 742 sous l’impulsion d’un nouvel homme fort, le Kagan Ilteris (ou Elterich). Ses fils vont étendre l’empire jusqu’à Samarcande.

Parmi eux le dénommé Bilgä Kagan (ou Bilge Kaghan, aussi appelé Mo-ki-lien). Il fait dresser une stèle funéraire dans la vallée de l'Orkhon à la gloire de l'un de ses frères défunt. On peut y lire cette complainte relative à ses prédécesseurs Türk : « Les enfants mâles, destinés à être des seigneurs, sont devenus des esclaves de l'occupant chinois, leurs nobles soeurs leur servent de concubines (...) » . 

À la même époque, des Mongols originaires de l'intérieur entrent sous la juridiction des empereurs Tang de 628 à 730 puis forment une confédération indépendante.

En 907, profitant de la chute des Tang, le chef mongol Yelu Abaoji fonde la dynastie des Liao, aussi appelée empire khitan (ou khitaï). Il en vient à soumettre la Mandchourie, une contrée encore sauvage, et descend jusqu'à Pékin, capitale du nord de la Chine. La cohabitation au sein de l'empire entre les Mongols et les Chinois Han, très majoritaires, est source de nombreuses tensions, d'autant que la Chine elle-même regagne en stabilité et puissance sous l'égide des Song et en particulier de l'empereur Taizu.

Il n'empêche que c'est par le nom des Khitan, déformé en Cathay, que les Occidentaux du Moyen Âge, Marco Polo inclus, désigneront la Chine.

Le siège de Bagdad par les Mongols en 1258.

L'empire mongol (XIIIe siècle)

Le XIIe siècle marque un nouveau retrait mongol face aux Mandchous qui fondent l’empire jurchen au nord de la Chine et se sinisent rapidement. Les Khitans ne se maintiennent qu’au sud-ouest de l’Altaï où ils fondent l’empire Kara-Khitai. La Mongolie est donc de nouveau divisée en tribus rivales au moment de la naissance de Temüjin autour de l’an 1160. Celui-ci se fait proclamer Khan vers 1195 et prend la tête de plusieurs clans mongols. Dès lors, il n'a de cesse de réunir sous son autorité tous les nomades de la steppe, Mongols et Turco-Mongols. C'est chose faite au printemps 1206. Il est alors proclamé Gengis Khan en 1206, c’est-à-dire « roi universel » en mongol.

L'empire mongol de Gengis Khan (création : Alain Houot, pour Herodote.net)Gengis Khan (1155-1227) sera le fondateur d'un empire de la steppe, éphémère mais plus vaste qu'aucun autre empire ayant jamais existé. En 1211, il amorce la conquête de l’empire jurchen, qui est dévasté. Ça lui permet de se familiariser avec les techniques de guerre des sédentaires qui s’ajoutent à l’excellence de la cavalerie mongole dominée par les archers montés. Les Mongols découvrent notamment la poudre à canon d’invention chinoise qui va s’avérer décisive pour la prise des places fortes. Les Mongols conservent en revanche leur religion animiste, le tengrisme, où l’adoration du Ciel Eternel constitue un élément central.

L'empire mongol de Gengis Khan (création : Alain Houot, pour Herodote.net)En mai 1215, Gengis Khan occupe Pékin, massacre la population et rase la cité. Négligeant la conquête de la Chine du Sud, il  s'en retourne vers l'Ouest et, en 1216,  s’attaque à l’empire des Kara-Khitai qui s’effondre en deux ans. En 1218, il se retrouve face à l’empire khwarezmien qui a remplacé celui des Seldjoukides. Il parvient à s’emparer d’une bonne part de leur territoire en seulement trois ans. Les populations de Boukhara, Samarcande, Ourgentch, Merv et Nishapur sont massacrées ou capturées et cette région du monde mettra du temps pour s’en remettre.

L'empire mongol de Gengis Khan (création : Alain Houot, pour Herodote.net)Gengis Khan passe les années suivantes à organiser son empire dont il partage l’administration entre ses quatre fils. Puis il se tourne vers l’empire sinisé des Tangoutes situé à l’ouest de la Chine : sa conquête ne dure qu’un an et s’achève en 1227. Cette même année, il meurt des suites d’une chute de cheval. En mourant, il laisse à ses fils (Oegoedaï, Djaghataï, Djötchi et Toloui) et à leurs descendants le soin de poursuivre les conquêtes. 

Après deux années d’instabilité, Ögödei obtient le titre suprême de khagan. Il fortifie le site de Karakorum dont il fait sa capitale. Il envahit les derniers territoires des Khwarezmiens en Azerbaïdjan en 1231, achève la conquête de l’empire jurchen en 1234, et engage ensuite une longue guerre contre la Chine des Song et contre la Corée. Pendant ce temps-là, son neveu Batu engage la conquête de l’Europe : en 1236, il soumet les peuples turcs installés à l’ouest de la Volga, puis envahit les principautés divisées de la Rus’ de Kiev. Comme en Asie Centrale, la population des villes est massacrée ou capturée, et la région va traverser une longue phase de déclin.

Khitans sur la fresque murale d'un tombeau, ville de Chifeng, Mongolie intérieure, vers le XIIe siècle.En 1241, sous la conduite de Batu, les Mongols ravagent la Pologne, puis l’empire bulgare et la Hongrie l’année suivante, jusqu’à atteindre l’Adriatique. La mort d’Ogodei contraint toutefois Batu de se replier. Les difficultés rencontrées lors de la succession le poussent à fonder la Horde d’Or dont il installe la capitale à Saraï. Ce khanat continuera de mener des raids réguliers sur la Russie pendant encore deux siècles et demi.

C’est finalement la descendance du quatrième et dernier fils de Gengis Khan qui récupère le titre suprême : en 1251, Mongke, fils aîné de Toloui, est élu grand khan (khagan). L'empire va atteindre sa plus grande expansion sous son règne. 

Mongke engage aussitôt la conquête du Tibet qu’il achève deux ans plus tard. Puis il envoie son frère Kubilay Khan poursuivre les conquêtes vers le Nanzhao plus au sud qui est conquis dès 1253. Le Dai Viet est également ravagé mais les Mongols ne s’y maintiennent pas. Enfin, la Corée finit par tomber en 1258 tout en conservant un statut de royaume au sein de l’empire à l’instar de la Géorgie.

Dans le même temps, Mongke envoie son autre frère Hulagu faire la conquête de l’Irak : il s’empare de Bagdad en 1258, provoquant la chute du califat abbasside. La région est ravagée et ne retrouvera jamais plus le rôle central qu’elle détenait. En 1259, Houlagou poursuit ses raids en direction de l’Anatolie et de la Syrie, mais Mongke meurt cette année-là et Hulagu doit rapatrier une partie de ses forces, ce qui permet aux Mamelouks d’Égypte de stopper la progression mongole.

Les invasions mongoles du Japon (1274 et 1281), rouleau commandé par l'un des protagonistes Takezaki Suenaga.

Après une nouvelle guerre de succession, c’est finalement Kubilai Khan qui hérite du titre de khagan. Il focalise toute son attention contre la Chine des Song qui finit par s’effondrer en 1279. Devenu empereur de Chine, Kubilay Khan tente de poursuivre sa progression vers le Japon, mais sa flotte est détruite à deux reprises par une tempête, ce qui met fin à ce projet. Par la suite, des expéditions seront lancées vers la Birmanie et Java, mais les Mongols n’y resteront pas.

L'empire mongol de Gengis Khan (création : Alain Houot, pour Herodote.net)Koubilay achève la réunification de la Chine et fonde la dynastie sino-mongole des Yuan. Mais en devenant empereur de Chine et en adoptant Pékin pour capitale, il se détache de ses origines nomades pour se siniser rapidement. Ce faisant, il perd son autorité sur l’ensemble des Mongols. 

Les héritiers de Batu règnent sur la Horde d’Or au nord-ouest, ceux d’Houlagou règnent sur l’Iran et l’Irak avec le titre d’Ilkhans, enfin en Asie Centrale règnent les descendants du deuxième fils de Gengis Khan Djaghataï.

La grande épopée des Mongols s’achève ainsi par cette séparation de l’empire en quatre parties. En dépit de leurs divisions, ils vont continuer de dominer l’Eurasie pendant les décennies à venir tout en s’assimilant partiellement à l’univers des sédentaires. Leur influence se fera encore sentir pendant un demi-millénaire dans toute l'Asie, y compris dans le sous-continent indien...

Vincent Boqueho présente l'empire mongol en cartes animées

NB : cliquez sur les cartes pour les agrandir

Publié ou mis à jour le : 2024-05-05 12:34:34
Gilbert (03-05-2024 12:21:45)

Chère Madame, Je viens de rencontrer Gengis-kan grâce à vous. MERCI. Je suis épaté d'apprendre ceci : Voltaire, sa tragédie en cinq actes, L'Orphelin de la Chine (1755) : C'est ce ... Lire la suite

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