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XVe et XVIe siècles

Humanisme et Renaissance


Du milieu du XVe siècle au milieu du XVIe siècle, l'Europe est saisie d'une telle effervescence intellectuelle, artistique et scientifique que très vite elle se distingue du reste du monde. Cette effervescence s'accompagne d'un retour aux modèles de l'Antiquité gréco-latine. C'est l'humanisme ! La période sera qualifiée de Renaissance.

La Renaissance ? Quelle Renaissance ?

La période qui s'étend du milieu du XVe siècle au milieu du XVIe siècle a été qualifiée de Renaissance (du verbe renaître) car les érudits de cette époque avaient l'impression de renouer avec les splendeurs de l'Antiquité après la longue nuit du Moyen Âge !... Le terme, sous sa forme italienne Rinascimento, a été pour la première fois employé par le peintre Giorgio Vasari vers 1550 pour qualifier un mouvement littéraire et artistique. Il a été repris au XIXe siècle par l'historien suisse Jacob Burckhardt dans le titre d'un ouvrage : Civilisation de la Renaissance pour qualifier cette fois une époque historique, les XVe et XVIe siècles.

Dans les faits, la chrétienté occidentale a connu plusieurs ruptures ou «renaissances» successives, notamment sous le règne de Charlemagne, à l'époque de la réforme grégorienne, à la naissance de l'art français ou «gothique», enfin et surtout au XIIIe siècle (l'époque de Saint Louis), qui vit l'épanouissement des premières républiques urbaines et marchandes en Italie et en Flandre.

Ainsi que le note l'historien médiéviste Jacques Le Goff, la Renaissance du XVIe siècle n'est que la dernière de ces «renaissances», avant les «Temps modernes» qui débutent à la fin du siècle suivant, le XVIIe, avec le capitalisme moderne, la première révolution industrielle, l'État centralisé, des institutions parlementaires et une philosophie détachée de la théologie.

Le retour aux modèles antiques

Le mot humaniste apparaît en Europe occidentale au XVIe siècle, vers 1539. Il désigne les érudits qui ne se contentent plus de la connaissance du latin, la langue commune à toutes les personnes instruites de leur époque, mais étudient aussi les autres langues prestigieuses de l'Antiquité, le grec et l'hébreu.

Ces langues anciennes sont dites humanistes (du latin humanus qui signifie tout simplement sociable)... De là le mot humanités qui désigne leur étude et le mot humanisme qui désigne le courant intellectuel de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle.

En bon humaniste, Guillaume Budé, écrivain mais aussi imprimeur et bibliothécaire, contemporain de François 1er, s'énorgueillit ainsi d'avoir «rouvert les sépulcres de l'Antiquité».

L'humanisme est né à Florence

L'humanisme commence à Florence quand, en 1462, Cosme de Médicis commande la traduction en latin de l'oeuvre de Platon à Marsile Ficin.

Les humanistes bénéficient de l'arrivée en Italie de savants et de lettrés grecs qui fuient les Turcs, maîtres de Constantinople depuis 1453. Ils bénéficient aussi de l'invention de l'imprimerie qui rend les livres plus accessibles.

Quelques humanistes sont des laïcs, comme Pic de la Mirandole. Mais la plupart sont des hommes d'Église (moines...). Éclairés par les oeuvres surgies de l'Antiquité, les uns et les autres rompent avec la tradition scolastique de la fin du Moyen Âge.

À la différence de leurs prédécesseurs, qui ne s'intéressaient qu'à l'étude des questions religieuses (la théologie), ils placent l'être humain au coeur de leurs préoccupations.

Les artistes comme Léonard de Vinci le peignent sous toutes les coutures et étudient même son anatomie. Les poètes comme François Ronsard, familier de la cour du roi Henri II, évoquent ses tourments amoureux.

Mais il s'agit dans leur esprit d'un être humain idéalisé, vers lequel peuvent tendre les êtres supérieurs qui ont l'avantage d'appartenir à l'élite dirigeante ou intellectuelle.

Les humanistes de la Renaissance, comme leurs généreux commanditaires, ne peuvent se défaire d'un net mépris à l'égard du peuple et des êtres communs. En cela, ils se différencient des théologiens médiévaux, qui n'ont de cesse de rappeler l'unicité du genre humain et l'égale dignité de chaque être... comme de nous-mêmes qui qualifions d'«humaniste» toute opinion qui se veut bienveillante à l'égard de l'ensemble de l'humanité (*).

Contestation de l'ordre établi

Les philosophes comme le Hollandais Érasme ou l'Anglais Thomas More s'interrogent sur le sens de la vie. Le premier critique les abus de l'Église tout en lui restant fidèle. Le second est décapité par le roi d'Angleterre en raison de sa fidélité au pape et au catholicisme.

Le moine François Rabelais, par ailleurs médecin réputé, bouscule les idées reçues dans une fiction hilarante, l'histoire des géants Gargantua et Pantagruel.

À Lyon, son imprimeur, Étienne Dolet, s'attire par ses propres écrits la réputation d'un impie, voire d'un athée. Il s'attire de nombreuses inimitiés, à commencer par Rabelais, qui lui reproche le vol de ses manuscrits. En 1536, il échappe à une condamnation pour le meurtre accidentel d'un peintre. Mais dix ans plus tard, il a moins de chance lors d'une vague de répression. Il est arrêté, conduit à Paris et brûlé place Maubert, au milieu de tous ses écrits, le 3 août 1546, à 37 ans.

Pour mieux soigner les vivants, les médecins comme le Brabançon André Vésale ne craignent pas de disséquer les cadavres (action interdite par l'Église qui considère que c'est manquer de respect aux morts).

Les humanistes prennent de véritables risques dans leur quête de la vérité et leur dénonciation des préjugés. Le moine polonais Nicolas Copernic attend d'être à l'article de la mort pour publier sa thèse selon laquelle la Terre tourne sagement autour du Soleil et n'est donc pas le centre de l'univers.

Marie Desclaux

Publié ou mis à jour le : 2013-04-12 11:42:24