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Devinette

Quel philosophe est né au château de la Brède, près de Bordeaux ? Réponse

3 février 1468
Gutenberg lègue l'imprimerie à l'humanité
 

Johann Gutenberg, gravureLe 3 février 1468 meurt à Mayence un certain Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg.

Graveur sur bois, Gutenberg a su perfectionner un procédé de gravure à base de caractères mobiles en plomb.

On lui doit ainsi l'invention de l'imprimerie (*). Celle-ci a révolutionné la manière de fabriquer des livres et, en abaissant considérablement leur prix, mis la lecture à la portée de tous.

Avec Gutenberg, les hommes ont aussi découvert l'utilité de mécaniser le travail manuel !

Copistes et miniaturistes

Au début du Moyen Âge, les livres étaient fabriqués un à un dans des monastères spécialisés comme on en voit dans le film de Jean-Jacques Annaud, Le nom de la Rose (1986).

À partir des années 1200, les monastères avaient abandonné cette activité à des ateliers laïcs installés près des universités.

Des copistes recopiaient les textes à la plume d'oie sur des feuilles de parchemin ou de papier, à partir d'un original, cependant que des enlumineurs agrémentaient les pages de délicates miniatures aux couleurs vives.

Les monastères et les ateliers laïcs approvisionnaient ainsi à prix d'or les clercs et les bourgeois assez riches pour se payer des manuscrits (nom donné aux livres écrits à la main).

Mais à l'époque de Gutenberg, la copie de manuscrits n'est plus en état de satisfaire les besoins de lecture et d'apprentissage d'un nombre croissant d'étudiants et d'érudits. L'Europe est dans l'attente d'une révolution...

Un procédé magique

L'imprimerie est dérivée de la gravure sur cuivre ou sur bois, une technique connue depuis longtemps en Europe et en Chine mais seulement utilisée pour reproduire des images :
– on grave l'image sur une surface en cuivre ou en bois,
– on enduit d'encre la partie en relief,
– on presse là-dessus une feuille de papier de façon à fixer l'image sur celle-ci.

Gutenberg a l'idée aussi simple que géniale d'appliquer le procédé à des caractères mobiles en plomb. Chacun représente une lettre de l'alphabet en relief.

L'assemblage ligne à ligne de différents caractères permet de composer une page d'écriture. On peut ensuite imprimer à l'identique autant d'exemplaires que l'on veut de la page, avec un faible coût marginal (seule coûte la composition initiale).

Quand on a imprimé une première page en un assez grand nombre d'exemplaires, on démonte le support et l'on compose une nouvelle page avec les caractères mobiles. Ainsi obtient-on un livre à de nombreux exemplaires en à peine plus de temps qu'il n'en aurait fallu pour un unique manuscrit !

Un succès immédiat

Avec son associé Johann Fust, Gutenberg fonde à Mayence un atelier de typographie. Au prix d'un énorme labeur, il achève en 1455 la Bible «à quarante-deux lignes», dite Bible de Gutenberg. Ce premier livre imprimé à quelques dizaines d'exemplaires recueille un succès immédiat. Il est suivi de beaucoup d'autres ouvrages.

Le procédé de typographie se diffuse à très grande vitesse dans toute l'Europe (on ne peut s'empêcher de comparer ce succès à celui de... l'internet).

On estime que quinze à vingt millions de livres sont déjà imprimés avant 1500 (au total plus de 30.000 éditions). 77% de ces livres sont en latin et près de la moitié ont un caractère religieux. Les livres de cette époque portent le nom d'«incunables» (du latin incunabulum, qui signifie berceau).

Beaucoup d'incunables sont imprimés à Venise, alors en pleine gloire. Au siècle suivant, le XVIe, Paris, Lyon et Anvers deviennent à leur tour de hauts lieux de l'imprimerie avec un total de 200.000 éditions.

Les conséquences de l'imprimerie sont immenses. D'abord sur la manière de lire et d'écrire : les imprimeurs aèrent les textes en recourant à la séparation des mots et à la ponctuation ; ils fixent aussi l'orthographe.

L'instruction et plus encore l'esprit critique se répandent à grande vitesse dans la mesure où de plus en plus de gens peuvent avoir un accès direct aux textes bibliques et antiques, sans être obligés de s'en tenir aux commentaires oraux d'une poignée d'érudits et de clercs.

C'est ainsi qu'un demi-siècle après l'invention de l'imprimerie va se produire la première grande fracture intellectuelle dans la chrétienté occidentale avec la Réforme de Martin Luther et l'émergence du protestantisme.

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Les commentaires des Amis d'Hérodote

Les 3 derniers commentaires sur cet article ( 4 en tout) :

Jean Paul (01-02-2010 16:51:39)

Si j'en crois HISTORIA,les caractères mobiles en métal ont vu le jour en Corée vers 1234 et le plus ancien livre imprimé à partir de caractères mobiles en métal date de 1377.
Le papier venant lui de Chine quid des 2 autres innovations responsables selon vous de l'essor de l'imprimerie en Europe:une encre grasse adaptée au papier ( Chine aussi ?) et la presse à bras ?

meunier44 (01-02-2010 09:33:31)

En breton un "vélin" est un moulin. Ces derniers ont entre autres usages, servaient à faire la pâte à papier à partir de différents matériaux. Je pense que le terme papier vélin trouve probablement là son origine.

hébert Philippe (20-10-2007 16:57:20)

La recommandation de Martine est très pertinente, je suis allé à Mayence récemment dans le seul but de revisiter ce musée, que j'avais eu l'occasion de visiter par deux fois quand j'habitais Francfort. Cette dernière fois, j'étais accompagné d'un imprimeur de métier, dont les commentaires ont décuplé l'intérêt de la visite.

On ne répètera jamais assez que Gütenberg n'a pas jamais inventé l'imprimerie mais les caractères mobiles, ce qui a révolutionné l'imprimerie (qui existait dep... Lire la suite


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