XIXe siècle - «Belle Époque» ? Pas pour tout le monde... - Herodote.net

XIXe siècle

«Belle Époque» ? Pas pour tout le monde...

Le début du XIXe siècle a connu une nette réduction de la violence criminelle dans les sociétés occidentales.

En 1870, à la fin du Second Empire, un jeune ouvrier massacre les sept membres d'une famille de Roubaix. Le Petit Journal s'empare de l'affaire et la suit au jour le jour. Du coup, son tirage décuple de 30.000 exemplaires quotidiens à plus de 300.000 !

De ce moment, les affaires criminelles deviennent un objet médiatique de première importance et l'opinion publique va peser de plus en plus sur leur traitement.

Les deux facettes du progrès

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, les populations des faubourgs et des usines commencent à être assimilées à des « classes dangereuses ». C'est ainsi que Maupassant et Zola dépeignent sans aménité leurs vices tandis que d'éminents savants dissertent sur les déterminants héréditaires ou anthropométriques du crime.

L'opinion publique conserve toutefois beaucoup de mansuétude à l'égard des crimes passionnels et les jurys d'assises acquittent la plupart des accusées (telle Henriette Caillaux, meurtrière du directeur du Figaro).

- L'enfant et le sexe :

L'opinion s'émeut par ailleurs d'un phénomène jusque-là ignoré, l'infanticide.

Relativement répandu dans les anciennes sociétés rurales, il commence à faire scandale dans la société industrielle et urbanisée de la fin du XIXe siècle, d'autant plus que la baisse de la fécondité fait de l'enfant, devenu rare, le centre de toutes les attentions familiales.

Par contre, une chape de plomb continue de recouvrir l'inceste et le viol. La décence bourgeoise interdit d'évoquer ces maux très réels même si, par ailleurs, les messieurs ne se privent pas de fréquentes virées dans les bordels dont c'est l'heure de gloire.

La police découvre grâce à Alphonse Bertillon l'utilité des empreintes digitales. En 1907, elle prend le volant avec la création par le ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau des premières Brigades régionales de police mobile (les « Brigades du Tigre »).

Elles fiche aussi les délinquants potentiels et en premier lieu les Tsiganes, dotés d'un carnet anthropométrique obligatoire par la loi du 16 juillet 1912.

- Alcoolisme et violence :

L'alcoolisme en plein essor entraîne une multiplication des délits de coups et blessures volontaires. Le phénomène est aggravé en France par la loi du 17 juillet 1880 qui instaure la liberté de commerce des débits de boisson.

Sans surprise, cette fin de siècle, que l'Histoire a qualifié de « Belle Époque », connaît une explosion des suicides. Elle inspire au philosophe Émile Durkheim un essai célèbre, Le Suicide (1897). Elle est marquée aussi par un phénomène d'ampleur européenne, l'anarchisme.

- L'anarchisme criminel :

Cela commence avec François Ravachol. Il participe en 1892 à quatre attentats à la dynamite. Son émule Émile Henry tue cinq policiers le 8 novembre 1892. Auguste Vaillant lance une bombe à la Chambre des députés le 9 décembre 1893, pour venger Ravachol. Caserio assassine le président Sadi Carnot à Lyon, le 24 juin 1894.

Le phénomène est international. Le 10 septembre 1898, à Genève, est assassinée l'impératrice d'Autriche « Sissi ». Le 29 juillet 1900, c'est au tour du roi d'Italie Humbert 1er. Le président américain William McKinley est agressé à son tour le 6 septembre 1901 et meurt une semaine plus tard.

Après une pause de quelques années, les assassinats mondains sont relancés pour le pire...


Publié ou mis à jour le : 2019-10-21 12:06:41

 
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