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Charles de Gaulle (1890 - 1970)

De Gaulle, l'homme du « 18 Juin »

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Portrait de Charles de Gaulle à Londres (1940, oeuvre anonyme)Officier peu connu de ses concitoyens, le général de Gaulle (1890-1970) est venu tardivement à la politique (à 50 ans) au pire moment de notre Histoire, en 1940, quand le pays était envahi par les armées allemandes et que les élites se soumettaient sans plus tenter de résister.

Il est à ce jour le dernier géant de l'Histoire de France. Toutes ses actions, en bien ou en mal, ont été guidées par l'amour de son pays. Humble devant la France, de Gaulle a pu se montrer intraitable avec ses concitoyens quand, de son point de vue, l'intérêt supérieur de la Nation était en jeu. En cela, il s'est comporté en homme d'État.

Mais Charles de Gaulle fut aussi un écrivain ! Ses Mémoires de guerre en trois tomes (L'Appel, L'Unité, Le Salut) le rangent parmi les plus grands mémorialistes de notre littérature. Plus que son alter ego Churchill, il eut mérité à ce titre un Prix Nobel...

« Une certaine idée de la France »

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a, en moi, d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle ». Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, L'Appel (Plon, 1954).

Vocation militaire

Charles de Gaulle en 1909, à 19 ans.Le futur général et président naît à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille bourgeoise d'origine flamande comme semble l'indiquer son patronyme. Son père Henri (1848-1932), admissible à Polytechnique, renonça à se présenter à l'oral pour devenir au plus vite enseignant et soutenir financièrement son frère, gravement malade. Il fut ensuite censeur ou directeur d'école dans l'enseignement catholique.

Avec son épouse, une lointaine cousine du nom de Jeanne Maillot (1860-1940, il forme un couple pieux et de sensibilité monarchiste et patriote. Leur morale austère imprègne durablement leurs cinq enfants dont leur fils Charles.

Charles de Gaulle en saint-cyrien, avec casoarÉlevé dans l'espoir d'une « revanche » et du retour de l'Alsace-Lorraine à la France, Charles de Gaulle envisage très tôt la carrière militaire. Il entre en 1909 à l'école d'officiers de Saint-Cyr, où son tempérament ombrageux et autoritaire lui vaut le surnom de « Connétable » ! À sa sortie en 1912, le jeune officier rejoint le régiment de Philippe Pétain, avec lequel il se lie d'amitié malgré leurs différences : Pétain, issu d'une famille de paysans du nord, agnostique et volontiers anticlérical, ne ressemble en rien à de Gaulle, bourgeois catholique et monarchiste, rallié à la République par raison.

Blessé à Verdun, le 2 mars 1916, d'un coup de baïonnette, le jeune officier est fait prisonnier et doit attendre l'armistice pour être libéré en dépit de cinq tentatives d'évasion, sa haute taille (1,96 mètre) le rendant facilement repérable !

Regrettant de n'avoir pu servir plus activement pendant la Grande Guerre, il accompagne le général Henrys et le général Weygand dans leur mission militaire auprès de l'Armée populaire polonaise, en lutte contre les bolchéviques russes. Il effectue deux séjours en Pologne d'avril 1919 à mai 1920 et de juin 1920 à janvier 1921.

Cocon familial

Yvonne et Charles de Gaulle en 1942 à LondresDe retour en France, le capitaine en profite pour se marier le 7 avril 1921. L'élue est une jeune fille de la bourgeoisie calaisienne, Yvonne Vendroux.
Discrète et pieuse, Yvonne de Gaulle sera affectueusement surnommée « Tante Yvonne ! » par les Français pendant son séjour à l'Élysée au côté de son mari.
Le couple aura trois enfants : Philippe, né le 28 décembre 1921, futur amiral, Élisabeth, née le 15 mai 1924, épouse d'Alain de Boissieu, et Anne, née le 1er janvier 1928.
Trisomique, la benjamine va devenir le ciment du couple et le grand amour de son père, lequel, d'un naturel d'ordinaire réservé, s'abandonne auprès d'elle en lui chantant des « ou pachou pachou paya ! ». En 1934, le couple achète en viager la Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises (Haute-Marne) pour lui offrir un hâvre de paix. En 1945, il crée la fondation Anne-de-Gaulle pour les jeunes handicapées et le général lui reversera tous ses droits d'auteur.
Victime d'une pneumonie à 20 ans, Anne meurt le 6 février 1948 à Colombey-les-deux-Églises. « Anne était aussi une grâce, confiera son père. Elle m'a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut  ».

Charles de Gaulle et sa fille Anne dans les années 1930

Opinions tranchées

Passionné d'écriture et de stratégie militaire, Charles de Gaulle enseigne l'Histoire à l'école d'officiers de Saint-Cyr puis entre à l'École de Guerre pour devenir officier d'état-major. 

Il écrit des articles où il affiche ses convictions nationalistes et un tantinet monarchistes ainsi que sa foi dans la vocation coloniale de la France. Il publie un premier ouvrage, La discorde chez l'ennemi (Berger-Levrault, 1924).

Son caractère impétueux, ses convictions et son ambition lui valent la méfiance de ses supérieurs mais il va pouvoir poursuivre sa carrière grâce à la protection du prestigieux Pétain, général et enfin Maréchal. Celui-ci, devenu vice-président du Conseil supérieur de la guerre, l'appelle à son état-major (1925-1927) et l'invite à prononcer trois conférences à l'École de guerre. 

Le commandant Charles de Gaulle avec sa femme et des amis, à Beyrouth en 1929Charles de Gaulle est affecté en qualité de commandant ou chef de bataillon à Trèves, en Allemagne, puis à Beyrouth où il s'installe avec sa famille de novembre 1929 à février 1932 et rédige Le Fil de l'Épée.

Pétain lui offre une nouvelle opportunité en l'affectant au Conseil supérieur de la défense nationale où il va pouvoir s'initier au fonctionnement de la politique et développer ses théories militaires. 

Dans Vers l'Armée de métier (Berger-Levrault, 1934), il préconise de rassembler les engins motorisés dans des divisions blindées au lieu de les disperser dans les différents corps de l'infanterie.

Il plaide pour une stratégie offensive dont le fer de lance seraient ces corps blindés appuyés par l'aviation. Ces corps d'élite devraient naturellement être constitués de soldats professionnels, dûment formés, et non de conscrits. Ces idées puisent leurs racines dans les rapports du général Estienne (1917) et de quelques autres pionniers anglais et allemands comme le général von Seeckt (1929). Mais elles sont contestées par le maréchal Pétain et vont à l'encontre des théories défensives qui ont cours à l'état-major.

L'état-major français fait confiance à la ligne Maginot pour protéger le pays de toute invasion... cependant qu'en Allemagne, dès novembre 1934, sont créées trois Panzerdivisions (ou divisions blindées) conformes aux principes de De Gaulle.

De Gaulle ne bénéficie dans la presse que du soutien d'André Pironneau, chroniqueur militaire de L'Écho de Paris (droite conservatrice). Dans les cénacles politiques français, le leader socialiste Léon Blum rejette le principe d'une armée de métier dans lequel il voit une menace pour la démocratie. 

Seul parmi les leaders politiques, Paul Reynaud se laisse convaincre par son argumentaire. Comme député indépendant de Paris, il soumet le 28 mars 1935 à la Commission de la Défense du Palais Bourbon un projet de loi prévoyant la création d’une armée de métier organisée autour de puissantes divisions blindées. Texte repoussé à l’unanimité !

Le général Maurin, ministre de la Défense du gouvernement Flandin, répond à Reynaud que le concept même de mobilité offensive est non seulement « contraire à nos traditions » mais dangereux : « Quand nous avons consacré tant d’effort à construire une barrière fortifiée, croit-on que nous serions assez fous pour aller, en avant de cette barrière, à je ne sais quelle aventure ? » 

Charles de Gaulle obtient malgré tout d'être promu colonel le 25 décembre 1937 et prend le commandement du 507e régiment de chars de combat basé à Metz. Sa dernière publication, La France et son armée (1938), lui vaut une brouille définitive avec son mentor, le maréchal Pétain, qui devait signer l'ouvrage. De Gaulle, refuse de jouer le nègre du maréchal et le publie sous son seul nom. Les deux hommes suivront désormais des chemins opposés.

Fausses prophéties

Lucide sur les questions de stratégie, de Gaulle l'est moins en ce qui concerne la géopolitique. Dans son ouvrage : Vers l'Armée de métier, paru un an après l'accès de Hitler au pouvoir, il se risque ainsi à prophétiser imprudemment la Fin de l'Histoire : « Quel profit réel et durable procureraient à présent des annexions démesurées, quand on n'a plus, pour fixer les allogènes aux empires, ni droit divin, vassalité, servage, ni diètes à corrompre, clercs à effrayer, noblesse à séduire, mais seulement la violence ? Après d'intenses bouillonnements, le monde s'est cristallisé (...) » (page 80).
« Les mille liens tissés entre la Métropole et ses possessions d'outre-mer ne cessent de se multiplier (...). Certes, s'il nous est donné de poursuivre notre oeuvre jusqu'à ce point du progrès où la sagesse vient aux élites et le loyalisme aux foules, on verra des populations, actuellement mal résignées, accepter franchement l'union. Mais, jusque-là, restons les maîtres, sous peine que tout soit perdu (...) » (page 91). Ces lignes témoignent d'une opinion très conservatrice sur la question coloniale, même au regard de l'époque. Elles sont publiées en effet quelques mois avant que les Britanniques n'accordent à leur principale colonie, les Indes, une très large autonomie annonciatrice de leur indépendance.

Paul Reynaud et son sous-secrétaire d'État à la Défense dans la cour du ministère de la Guerre, en juin 1940

La tragédie

Le  23 octobre 1939, le président Albert Lebrun rend visite au colonel Charles de Gaulle qui commande une unité de chars au sein de la 5e Armée, à Goetzenbruck (Moselle).En 1940, pendant les jours cruciaux de mai et juin qui voient l'invasion de la France par les troupes de Hitler, les destins de Charles de Gaulle et Philippe Pétain se séparent à jamais.

Le 17 mai 1940, le colonel de Gaulle conduit une contre-attaque réussie à Montcornet, près de Laon, à la tête de la 4e division cuirassée dont il a reçu le commandement trois jours plus tôt.

Il obtient un nouveau succès à Abbeville le 28 mai. Cela lui vaut d'être nommé général de brigade à titre temporaire le 1er juin 1940.

Et le 6 juin 1940, son ancien protecteur Paul Reynaud l'appelle au gouvernement en qualité de sous-Secrétaire d'État à la Défense nationale.

Churchill et de Gaulle pendant la guerre.Tandis que le vieux maréchal, de nature défaitiste, envisage très tôt l'armistice et la paix avec le vainqueur, Charles de Gaulle, désormais général et membre du gouvernement, ne voit d'autre avenir que dans la résistance à tout prix.

À la différence de la plupart de ses contemporains, il est convaincu que le conflit se mondialisera tôt ou tard, avec l'entrée en guerre des États-Unis, rendant inéluctable la défaite de Hitler, et déjà il lui paraît essentiel que la France figure parmi les vainqueurs au jour de la victoire.

Dès le 9 juin, il s'en entretient à Londres avec le Premier ministre britannique Winston Churchill et en rapporte le 14 juin la proposition d'une union politique complète entre les deux pays !

Mais deux jours plus tard, de guerre lasse, Reynaud démissionne. Il est remplacé par le maréchal Pétain à la tête du gouvernement. Or Pétain ne cache pas son désir d'arrêter au plus vite les combats.

Alors, défiant le sentiment de l'écrasante majorité des Français, de Gaulle fait le pari fou de défier le gouvernement légitime et de proclamer, seul, le maintien de la France dans la guerre.

L'Appel

Il songe dans un premier temps à démissionner du gouvernement mais Georges Mandel l'en dissuade : « Ne pensez qu’à ce qui doit être fait pour la France et songez que, le cas échéant, votre fonction actuelle pourra vous faciliter les choses ». Effectivement, grâce aux facilités de transport que sa fonction met à sa disposition, il peut quitter Bordeaux pour Londres dès le 16 juin à bord de l'avion du général Spears.

Le 18 juin 1940, de Gaulle lance un Appel mémorable à la radio de Londres : « Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ». C'est la première fois qu'il est fait mention de la Résistance...

Charles de Gaulle au micro de la BBC, à Londres en 1940.

L'Appel dans sa version publique.L'Histoire consacrera la justesse de ce choix. La témérité de De Gaulle, soutenue par une analyse lucide des rapports de force planétaires, aura raison de la lâcheté des gouvernants de Vichy et les Français finiront par reconnaître la justesse de ses positions.

Mais pour l'heure, de Gaulle, général deux étoiles à titre provisoire, doit imposer sa légitimité et cela n'a rien d'évident.

Le 30 juin 1940, le vice-amiral Émile Muselier est le premier officier général à se rallier à lui. Le lendemain d'ailleurs, il lui suggère en présence du capitaine de corvette Thierry d'Argenlieu d'adopter la Croix de Lorraine comme emblème des Français Libres. 

Le 3 juillet 1940, le Premier ministre britannique, bien que francophile dans l'âme, se résout à une décision crève-coeur : bombarder la flotte française cantonnée à Mers el-Kébir (Algérie) pour éviter qu'elle ne tombe aux mains des Allemands. Il s'ensuit la mort de 1300 soldats français. 

L'opinion publique française s'indigne et à Londres, de Gaulle voit se tarir momentanément les ralliements. Le 2 août 1940, le gouvernement français le fait juger par contumace et condamner à mort. 

Le général a heureusement la chance d'être soutenu par Churchill, en dépit des frictions entre leurs deux caractères. Bénéficiant de son aide financière, il peut fonder un Comité de la France libre et recruter quelques poignées de soldats évacués de Norvège. 

Il tente aussi d'établir son autorité sur les colonies françaises d'Afrique. Le gouverneur du Tchad Félix Éboué est le premier à se rallier à lui, le 26 août 1940. Le Congo, le Cameroun et le Gabon sont entraînés peu après vers la France Libre.

Pour le reste, il se heurte à un échec humiliant devant Dakar les 23-25 septembre 1940. Pour la première et seule fois de sa vie, il songe alors au suicide mais il se ressaisit devant la détermination de ses hommes à poursuivre le combat et dès lors va suivre sans faillir ce qu'il pense être son destin.

Perçu comme un être hautain, de Gaulle s'en explique dans ses Mémoires (L'Appel, page 140) : « (...) l'émotion enthousiaste que je venais de rencontrer, je la retrouverai toujours, en toutes circonstances, dès lors que la foule serait là. Je dois dire qu'il allait en résulter pour moi-même une perpétuelle sujétion. Le fait d'incarner, pour mes compagnons, le destin de notre cause, pour la multitude française le symbole de son espérance, pour les étrangers la figure d'une France indomptable au milieu des épreuves, allait commander mon comportement et imposer à mon personnage une attitude que je ne pourrais plus changer. Ce fut pour moi, sans relâche, une forte tutelle intérieure en même temps qu'un joug bien lourd ».

L'année suivante, de Gaulle obtient grâce à l'intervention anglaise le ralliement de la Syrie et du Liban et en 1942 celui de Madagascar, la Réunion et Djibouti.

Le plus compliqué est son rapport avec le président américain Franklin D. Roosevelt qui persiste à traiter avec le gouvernement de Vichy, voit en de Gaulle une graine de dictateur et préfèrerait à tout prendre le général Henri Giraud pour diriger les Français du camp allié.

Le chef de la France libre se veut intraitable car il a conscience d'incarner son pays. Sur les instances de Churchill, il consent toutefois à se rendre à la conférence de Casablanca et serrer la main de Giraud le 24 janvier 1943.

De gauche à droite, le général Giraud, le président Roosevelt, le général de Gaulle et le Premier ministre Churchill, dans les jardins de l'hôtel Anfa, à Casablanca (24 janvier 1943).

Grâce au relais de Jean Moulin, de Gaulle arrive à unifier la résistance de l'intérieur, communistes compris. La constitution du Conseil national de la Résistance, à Paris le 27 mai 1943, consolide sa légitimité. Le CNR, sur une proposition de Georges Bidault, confie à de Gaulle la direction politique du mouvement et laisse à Giraud les affaires militaires.

De Gaulle dans une rue de Londres en juin 1940.Sur la base de ce compromis, de Gaulle obtient de Churchill et Roosevelt l'autorisation de s'installer à Alger le 30 mai 1943. Le 3 juin 1943 est constitué un Comité français de libération nationale coprésidé par de Gaulle et Giraud. 

Dans les mois qui suivent, de Gaulle, plus fin et plus politique que son rival, évince Giraud puis appelle auprès de lui d'anciens parlementaires de la IIIe République dont Pierre Mendès France. Il va enfin réunir une Assemblée consultative en novembre 1943 et transformer enfin le CFLN en gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944.

Deux jours plus tard, convoqué à Londres à  la veille du débarquement de Normandie, le général a un entretien orageux avec Churchill.

Ce dernier lui souffle : « Sachez-le, général ! Chaque fois qu'il nous faudra choisir entre l'Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu'il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai Roosevelt ».

Churchill apprend à de Gaulle que les Alliés envisagent d'établir en France une administration à leurs ordres en attendant que les Français veuillent bien se choisir un nouveau régime. Cette mise sous tutelle rend caduque l'action du général depuis l'Appel du 18 juin 1940.

Charles de Gaulle sur une plage de Normandie en juin 1944De Gaulle n'entend pas se laisser faire. Il considère que la continuité de l'État français est assurée par lui-même depuis ce 18 Juin et qu'il n'y a pas lieu de se demander à qui reviendra après la Libération le soin de diriger le pays !

Ayant quitté en mai 1943 son exil londonien pour Alger, le général s'impose à la tête du Comité de libération nationale, qu'il transforme bientôt en gouvernement provisoire.

Le 6 juin 1944, jour du débarquement de Normandie, il prononce au micro de la BBC un discours vibrant à l'adresse de tous les Français :
« La Bataille suprême est engagée !
Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici venu le choc décisif, le choc tant espéré.  Bien entendu, c'est la bataille de France et c'est la bataille de la France !... »

Enfin, sans trop de mal, il dissuade Roosevelt, qui ne l'aime pas, de placer la France sous une forme de protectorat américain avec, comme en Allemagne, une monnaie d'occupation (Amgot) !

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Le général de Gaulle et Leclerc sur les Champs Elysées le 26 août 1944.


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La Ve République
Publié ou mis à jour le : 2026-07-07 09:13:40

Voir les 8 commentaires sur cet article

Coche (14-06-2026 19:13:44)

J'ai vu le film. Ce film, contrairement aux ingrats, à la mauvaise foi, aux étrangers, m'a fait vibrer aux accents et aux actions d'un homme courageux et patriote. Il se peut que, comme pour tout fi... Lire la suite

Humility_Reigns (05-02-2017 09:03:25)

De Gaulle "entretient ses concitoyens dans l'illusion de leur grandeur passée": Qu'est-ce que ça veut dire ? Au premier abord cela semble une remarque ironique qui laisse entendre que seulement ... Lire la suite

Humility_Reigns (05-02-2017 08:31:26)

De Gaulle "entretient ses concitoyens dans l'illusion de leur grandeur passée": Qu'est-ce que ça veut dire ? Au premier abord cela semble une remarque ironique qui laisse entendre que seulement ... Lire la suite

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