Georges de La Tour (1593 - 1652)

« La part sereine des ténèbres »

Georges de La Tour est un petit nouveau : il y a à peine 90 ans que le grand public a pu découvrir les œuvres de cet artiste lorrain du XVIIe siècle, tombé dans l'oubli après une carrière pourtant marquée par un beau succès. Si ses représentations pleines de vie du peuple ont su séduire, ce sont surtout ses personnages éclairés par une modeste lumière qui l'ont rendu inoubliable. Entrons dans son univers si particulier où l'humilité, la nuit et le silence sont rois.

Isabelle Grégor

Georges de La Tour, Les Mangeurs de pois, vers 1620, Berlin, Gemäldegalerie. Agrandissement : Georges de La Tour, Les Joueurs de dés, vers 1650, Royaime-Uni, Preston Park Museum.

« Maîtriser les ténèbres hitlériennes »

Comme ensorcelé par l'oeuvre de Georges de La Tour, le poète René Char avait pris soin de punaiser une reproduction de Job raillé par sa femme (alors connu sous le titre du Prisonnier) dans son P.C. de résistant. Avec ces quelques mots, il traduit toute la force de l'oeuvre de ce peintre qui savait « que la brouette des maudits est partout en chemin avec son rusé contenu » :
Georges de La Tour, Job raillé par sa femme, 1620-1650, Épinal, Musée départemental d'Art ancien et contemporain.« La reproduction en couleur du Prisonnier de Georges de La Tour, que j’ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille, semble, avec le temps, réfléchir son sens dans notre condition. Elle serre le cœur mais combien désaltère ! Depuis deux ans, pas un réfractaire qui n’ait, passant la porte, brûlé ses yeux aux preuves de cette chandelle. La femme explique, l’emmuré écoute. Les mots qui tombent de cette terrestre silhouette d’ange rouge sont des mots essentiels, des mots qui portent immédiatement secours. Au fond du cachot, les minutes de suif de la clarté tirent et diluent les traits de l’homme assis. Sa maigreur d’ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner. L’écuelle est une ruine. Mais la robe gonflée emplit soudain tout le cachot. Le Verbe de la femme donne naissance à l’inespéré mieux que n’importe quelle aurore.
Reconnaissance à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténèbres hitlériennes avec un dialogue d’êtres humains »
(« Feuillet d’Hypnos n°178 », in Fureur et Mystère, 1946).

Le fils de boulanger

« Georges, filz de Jean De la tour boullengier et Sybille sa femme » : voici la première mention de l'existence de Georges de La Tour tracée sur son acte de baptême le 14 mars 1593, jour de sa naissance.

S'il vient donc d'une famille de boulangers installés à Vic-sur-Seille, en Lorraine, il n'en est pas moins issu d'un milieu d'artisans assez aisés, suffisamment du moins pour fréquenter Alphonse de Rambervilliers, poète et collectionneur d'oeuvres d'Art.

Israël Silvestre, Vue de la ville de Vic au XVIIe siècle, XVIIe siècle, Paris, musée du Louvre.

Est-ce à ses côtés qu'il est tombé amoureux de la peinture ? En tous cas l'enfant, qui semble avoir fait quelques études puisqu’il connaît le latin, a certainement commencé par suivre un apprentissage auprès d'un « maître peintre » avant de peaufiner sa palette du côté de l'Italie. Où, sinon, aurait-il pu s'imprégner à ce point du style du Caravage et se nourrir de sa passion pour les contrastes de lumière qui triomphent alors à Rome ?

Henri II (détail), Anonyme, XVIIe siècle, Flocence, musée des Offices. Agrandissement : Agrandissement : Georges de La Tour, Profil de femme, 1646-1648, Vic-sur-Seille, musée départemental Georges de La Tour.L'Italie, cependant, ne le retint que quelques années si l'on en croit les archives qui mentionnent son mariage, à Vic, en 1617 avec une certaine Diane de la Nerf. Cousine de Rambervilliers, elle est « une fille de qualité noble » comme il aime à le préciser. Voilà une façon efficace de monter les échelons de la société et, pourquoi pas ?, se faire une clientèle.

Mais ce n'est pas si simple et en 1620 la petite famille déménage dans la cité des beaux-parents, à Luneville. L'opération n'est pas sans arrière-pensées : le peintre, arguant qu'il fait profession d'un art « noble de soi », y obtient du duc Henri II de Lorraine l'exemption de tout impôt. Une bonne affaire !

En passant par la Lorraine...

Naître en Lorraine à la fin du XVIe siècle, c'est venir au monde dans une région émiettée, un véritable puzzle de territoires hérité des temps féodaux. Elle est alors organisée au niveau politique entre les duchés de Lorraine et de Bar, et la province des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun). Peu affecté par la Réforme et ses conséquences dramatiques, protégé par sa politique de neutralité, l'ensemble est bien administré et prospère, et reste ouvert aux influences étrangères, notamment artistiques : les peintres flamands, italiens et espagnols y étaient connus et appréciés.
Mais c'est parce qu'elle se situait au carrefour de l'Europe que la région devint un enjeu stratégique lors de la terrible guerre de Trente Ans qui opposa le royaume de France et l'Empire. Nancy, en 1634, tombe dans l'escarcelle française et Georges de La Tour, comme ses concitoyens, se voit obligé de prêter serment au roi de France. Fin stratège, ce dernier le fait venir à Paris, trop heureux d'affirmer sa protection à un peintre lorrain déjà renommé. Celui-ci finit par se réinstaller à Luneville qui devait devenir une des villes les plus courues du XVIIIe siècle.

Dans les flammes

Voici notre Georges de La Tour bien installé à Luneville, propriétaire d'une demeure pimpante, bientôt père de famille nombreuse et tuteur d'un apprenti. Les affaires marchent bien, il compte même parmi sa clientèle le duc en personne qui lui paye des oeuvres saintes à prix d'or.

Alors que la mode est aux grands retables de couvent, lui préfère proposer aux nobles et bourgeois des tableaux de format modeste, à la façon de la série des 12 apôtres et du Christ qu'il peint à cette époque pour la cathédrale d'Albi (vers 1620).

Six tableaux ont été retrouvés et actuellement conservés dans des musées ou des collections particulières. Le diaporama ci-dessous présente saint Jacques le Mineur, saint Thomas, saint Jude Thaddée, saint André, saint Philippe et saint Jacques le majeur.

Mais les temps deviennent difficiles dans cette Lorraine touchée par la peste en 1631. La maison familiale n'y échappe pas : « le valet de la Tour étant mort au logis et fut trouvé tout chargé de pourpre »... Ce n'est qu'un début : 7 ans plus tard, les Français incendient Luneville et mettent à sac ce qui reste de la cité, détruisant certainement l'atelier du peintre et toutes les œuvres et archives qui s'y trouvaient.

La Tour, qui a dû quitter la ville avant le désastre, perd du même coup ses mécènes. À 45 ans, un âge déjà avancé, il faut prendre un nouveau départ. Direction Nancy !

Georges de La Tour, La Diseuse de bonne aventure, vers 1630, New York, Metropolitan Museum of Art. Agrandissement, Georges de La Tour, Le Tricheur, 1635, Paris, musée du Louvre.

Au service de Sa Majesté

Pour le nouveau réfugié, Nancy ne peut être qu'une étape. Paris l'appelle, le roi Louis XIII lui-même, fin connaisseur en Art, veut le rencontrer. Ne lui a-t-on pas octroyé 1000 livres pour qu'il rejoigne la capitale « pour affaire concernant le service de Sa Majesté » ?

Georges de La Tour, Saint Jérôme lisant, vers 1728, Madrid, musée du Prado. Agrandissement : Georges de La Tour, Saint Jérôme pénitent (au chapeau cardinalice), vers 1630, Stockholm, Nationalmuseum.Il en sera quitte pour livrer au souverain un Saint Sébastien « d'un goût si parfait que le Roi fit ôter de sa chambre tous les autres tableaux » (Dom Calmet), et à Richelieu un Saint Jérôme au chapeau de cardinal opportunément surdimensionné.

Désormais « peintre ordinaire du roy résidant aux galleries du Louvre », l'ancien « petit peintre de Lorraine » évolue en privilégiant les scènes qui « racontent une histoire », à la façon de la Diseuse de bonne aventure (années 1630) ou du Tricheur à l'as de carreau (1636).

On retrouve dans son Argent versé (années 1630) le même choix de personnages populaires, mais cette fois le style diffère par son éclairage : cette scène réaliste est éclairée par une bougie, choix qui allait vite devenir la signature de La Tour, et qui est pour beaucoup dans sa célébrité actuelle et passée.

Georges de La Tour, L'Argent versé, Lviv, Galerie nationale d'art.

Georges de La Tour, La Madeleine aux deux flammes, vers 1640, New York, Metropolitain Museum of Art. Agrandissement : Georges de La Tour, Saint Joseph charpentier, vers 1642, Paris, musée du Louvre.De son vivant en effet, des gravures commencent à circuler avec notamment la reproduction de la silhouette de Marie-Madeleine plongée dans ses pensées, observant une bougie. 

Inspiré par l'ambiance spirituelle de l'époque qui célèbre la conversion et donc le cheminement vers la lumière de Dieu, La Tour lui consacre une série de 6 compositions (années 1635-1640) avec des mises en scène plus ou moins dépouillées, toujours autour du « poignard de la flamme » (René Char).

La Contre-Réforme peut également expliquer l'importance, dans sa production, de la figure du Christ, représenté enfant, et de saint Joseph qui profite de la promotion de l'image de la Vierge et de la Sainte Famille.

Un paquet pour le gouverneur !

Réinstallé à Luneville vers 1643, celui qui est désormais qualifié de « peintre fameux » sur les actes officiels peine à avoir l'esprit tranquille.

François-Joseph Heim, Henri de La Ferté-Senneterre, maréchal-duc de La Ferté, 1835, Versailles, Palais de Versailles. Agrandissement : Georges de La Tour, Saint Sébastien soigné par Irène, vers 1649, Paris, musée du Louvre. Dans une ville où règne encore une « misère accablante », il lui faut défendre ses intérêts financiers et privilèges de propriétaire fermier, quitte à employer la force et multiplier les procès.

Heureusement ses affaires de peintre se portent bien, surtout grâce au soutien du gouverneur de Lorraine, le maréchal de La Ferté. Celui-ci apprécie tellement l'oeuvre du peintre qu'en lieu et place du tribut en monnaie sonnante et trébuchante qu'il pouvait exiger de Luneville, placée sous son autorité, il exige de recevoir un tableau de La Tour !

C'est ainsi que de 1644 à la mort de l'artiste, presque tous les ans une toile fut livrée au gouverneur pour ses étrennes, dont une Nativité (1644) et un Saint Sébastien (1649).

Georges de La Tour, L'Apparition de l'ange à Joseph, avant 1645, Nantes, Musée d'Arts. Agrandissement : Georges de La Tour, La Fillette au brasier, 1646-1648, Louvre Abou Dabi.On peut remarquer que ce marché coûta une petite fortune aux habitants du lieu, mais permit à La Tour de poursuivre son activité sans avoir à trop s'inquiéter... si ce n'est d'essuyer les regards noirs de ses concitoyens !

Il lui faut cependant soigner sa clientèle, moins fortunée qu'autrefois, et donc se limiter à partir de 1642 à ces « nuits » de plus petit format mais qui plaisent tant : L'Ange apparaissant à saint Joseph (1640-1645), La Fillette au brasier (1646-1648) ou encore Le Nouveau-né (1648) datent de cette période où il semble se faire plus méditatif.

Mais la maladie est à l'affût et, 15 jours après la mort de sa femme « de fièvre accompagné d'un battement de coeur », il rend l'âme le 30 janvier 1652, certainement d'une épidémie de grippe. Huit ans plus tard, c'est son fils Étienne, qu'il a lui-même formé, qui obtient le titre de noblesse tant espéré. Une reconnaissance tardive qui n'empêchera pas notre peintre de disparaître des mémoires.

Georges de La Tour, L'Adoration des bergers, 1644, Paris, musée du Louvre.

Un drôle de caractère, ce sieur de La Tour !

Si l'on en croit l'ambiance des célèbres tableaux nocturnes, Georges de La Tour apparaît comme un personnage tourné vers la solitude et l'intériorité. Et pourtant... Cet ambitieux était aussi un homme de caractère, si l'on en croit les témoignages de l'époque. Un beau jour il s'en prend à un soldat au point qu'il faille indemniser la victime « de sa cure de blessures par lui reçues des coups de bâton ». Un autre jour, il refuse de mettre la main au porte-monnaie pour régulariser ses troupeaux, et il le fait savoir au sergent venu réclamer son dû : « [Il] a fait réponse qu'il n'en voulait rien payer. Et après l'avoir prié de ce faire, ou que je serais contraint de le gager, a fait réponse que je le gage. Et m'étant mis en devoir pour ce faire d'entrer plus avant dans sa maison, m'a donné un grand coup de pied et fermé sa porte, disant avec colère que le premier qui entrerait plus avant, il lui donnerait un coup de pistolet » !
Ce n'est pas tout ! Le colérique se faisait aussi mal voir de ses voisins : « [il] se rend odieux au peuple par la quantité de chiens qu'il nourrit, tant lévriers qu'épagneuls, comme s'il était Seigneur du lieu, pousse les lièvres dans les grains, les gâte, et foule ». Plus que de l'arrogance et du mépris, il semble qu'il faille y voir le reflet des tensions entre partisans du duc de Lorraine et ceux du roi de France, que soutient notre peintre et qui, du coup, n'a pas à subir les méfaits de la présence des troupes royales. Une histoire de jalousie, donc...

Un inconnu admirable

« Me Georges La Tour, peintre, se rend odieux au peuple... » Pendant longtemps, cette critique acerbe fut la seule mention que l'on avait sur la vie de La Tour. Aucun portrait, aucune correspondance, aucun objet personnel pour mieux connaître l'homme.

C'est bien son œuvre qui lui a permis de sortir de la nuit lorsqu'en 1915 un jeune spécialiste de la Renaissance allemande, Hermann Voss, publie un article sur un tableau conservé à Rennes et attribué aux frères Le Nain.

Georges de La Tour, Le Nouveau-né, 1648, musée des Beaux-Arts de Rennes.

Ce Nouveau-né, n'était pas totalement inconnu puisque le philosophe Hippolyte Taine avait déjà admiré la façon de faire deviner « l'âme encore ensevelie » (Carnets de voyage, 1863) de cet enfant, représenté pour la première fois de façon étonnamment réaliste. Voss poursuit alors son enquête et, s'appuyant sur les signatures et quelques rares indices, finit par redonner vie à La Tour.

Georges de La Tour, Le Nouveau-né, 1645-1650, Canada, musée des Beaux-Arts de l'Ontario. Agrandissement : Affiche de l'exposition : Les Peintres de la réalité en France au XVIIe siècle, 1934, Paris, musée de l'Orangerie.Restait à présent à reconstituer son œuvre : ce sera le travail des érudits qui vont, parmi les centaines de tableaux qu'il aurait peints, en retrouver à peine une cinquantaine. Mais pour y parvenir, il fallait faire connaître son travail. C'est chose faite en 1935 avec l'exposition « Les Peintres de la Réalité en France au XVIIe siècle » au musée de l'Orangerie de Paris.

Le public, séduit, s'approprie ce « Vermeer français » tandis qu'à travers le monde musées, collectionneurs et particuliers se découvrent des « La Tour » plus ou moins authentiques.

En 1972, le mystérieux lorrain connaît enfin la consécration avec la présence de son seul nom à l'exposition qui lui est consacrée à Paris. Cette fois, Georges de La Tour a définitivement repris sa place dans l'histoire de l'Art.

Georges de La Tour, Rixe de musiciens, vers 1625, Los Angeles, The J. Paul Getty Museum..

«  Il fit de la nuit son royaume » (Pascal Quignard)

Ce qui frappe dans les œuvres de La Tour, c'est la modestie des individus peints : les personnages bibliques bien sûr, mais aussi les représentants du petit peuple, diseuse de bonne aventure, escrocs, joueurs de vielle, servantes... Représentés pour la plupart dans des compositions diurnes, ils ne sont pas sans rappeler leurs cousins imaginés par Le Caravage, avec leurs corps coupés à mi-hauteur et soumis à un fort contraste de lumière.

Georges de La Tour, Le Vielleur, 1631, musée d'Arts de Nantes. Agrandissement : Georges de La Tour, Femme à la puce, vers 1635, Nancy, musée Lorrain.L'Europe du XVIIe siècle, encore influencée par la Réforme qui a privilégié les représentations profanes, aime en effet ces tranches de vie que lui donnent à voir les peintres espagnols ou du Nord, flamands et hollandais. L'évocation de ces petits métiers et des misérables qui en vivent, vieillards grimaçants ou aveugles, est aussi pour La Tour l'occasion de montrer « l'ignoble et effroyable vérité » (Stendhal) de la réalité de la vie.

Mais s'il est si célèbre, c'est surtout parce que notre peintre est allé plus loin dans l'utilisation de la lumière, poussant le principe du clair-obscur à ses limites en ne proposant plus qu'une unique source d'éclairage : une lanterne, un brasero, une simple chandelle.

S'il est le plus connu en France, il n'est pas le premier à utiliser ce procédé : l'école caravagesque d'Utrecht, avec des peintres comme Gerrit Van Honthorst, avait avant lui multiplié les expériences avec succès.

En mettant en scène cette lumière douce dans un espace totalement clos, à peine meublé d'une chaise et d'une table, où les rouges et les bruns se répondent, le Lorrain nous oblige à nous concentrer sur cette lueur et sur les visages qu'elle illumine dans le silence. Il en ressort un sentiment de paix et un appel au recueillement qui répond bien au renouveau spirituel qui marquait alors ces temps de Contre-Réforme.

Gerrit van Honthorst, Le Reniement de saint Pierre, vers 1620, musée des Beaux-Arts de Rennes. Agrandissement : Georges de la Tour, Le Reniement de saint Pierre, 1650, musée d'Arts de Nantes.

« L'interprète de la part sereine des ténèbres »

Georges de La Tour ne pouvait que faire partie des peintres dont André Malraux a cherché à percer le secret dans son recueil Les Voies du silence (1951). Dans ce passage, l'écrivain revient sur « les petites sources de lumière » qui éclairent de l'intérieur les tableaux du maître :
« Les pâles flammes de Latour [sic] servent à unir les siens ; sa bougie est la source d'une lumière diffuse malgré la netteté de ses plans, et cette lumière n'est nullement réaliste, elle est intemporelle comme celle de Rembrandt. […] La lumière des caravagesques tend d'abord à séparer leurs personnages de l'obscurité ; mais ce n'est pas l’obscurité que peint Latour : c'est la nuit. La nuit étendue sur terre, la forme séculaire du mystère pacifié. […] Dans cette obscurité peuplée, lentement une veilleuse s'allume : et elle fait apparaître des bergers serrés autour d'un enfant, la Nativité, dont la flamme tremblante va s'épandre jusqu'aux limites de la terre... Aucun peintre, pas même Rembrandt, ne suggère ce vaste et mystérieux silence : Latour est le seul interprète de la part sereine des ténèbres ».

Bibliographie

L'ABCdaire de Georges de La Tour, éd. Flammarion, 1997,
Georges de La Tour, catalogue de l'exposition du Grand Palais (Paris), 1997-1998, éd. RMN, 1997,
Jean-Pierre Cuzin, Georges de La Tour, histoire d'une redécouverte, éd. Gallimard (« Découvertes »), 1997,
Jacques Thuillier, Georges de La Tour
, éd. Flammarion, 1992.

À visiter : le Musée départemental Georges de la Tour à Vic-sur-Seille, en Moselle.

Publié ou mis à jour le : 2025-10-01 17:26:26

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