John Adams est l’un des « Pères fondateurs » de l’Amérique. Il participe à la rédaction de la Déclaration d'Indépendance et de la Constitution. Puis il devient le deuxième président des États-Unis d'Amérique.
C'est un avocat de formation né au Massachusetts et non un planteur de Virginie comme les autres présidents du jeune État : Washington, Jefferson, Madison et Monroe. Il se distingue de ceux-ci par le fait qu'il ne possède aucune esclave, ne veut en posséder aucun, même pour les services domestiques, et bien sûr plaide pour l'abolition de « l'institution particulière » ("the peculiar institution"), euphémisme sous lequel est désigné l'esclavage.
Sa compassion ne s'étend toutefois pas aux femmes, rapporte l'historienne Annette Gordon-Reed. Quand son épouse Abigail, fille de pasteur, lui demande, en 1776, de ne pas oublier les femmes à défaut de quoi celles-ci se vengeront du « tyran » que chaque homme est en puissance, il s'esclaffe. « Je n’ai pas pu m’empêcher de rire Nous sommes trop avisés pour renoncer à nos systèmes masculins, » écrit-il (source).
Avocat courageux
Né le 19 octobre 1735 à Quincy (Massachusetts), dans le foyer d’un fermier modeste, mort dans la même ville le 4 juillet 1826, John Adams fait de bonnes études au collège de Harvard et devient maître d’école avant de se faire inscrire au barreau en 1758. Il commence à militer pour l'indépendance avec des articles anonymes qui dénoncent les lois fiscales que Westminster veut en 1765 imposer aux Treize Colonies (le Stamp Act).
À la suite du « massacre de Boston » du 5 mars 1770, au risque de l'impopularité, il assume au tribunal la défense de huit grenadiers anglais et de leur capitaine Thomas Preston, accusés d'avoir tiré sur une foule hostile.
Dans sa plaidoirie finale, il invita les jurés à surmonter leurs passions pour ne s'attacher qu'aux faits : « Les faits sont des choses têtues ; quels que soient nos souhaits, nos inclinations ou les dictats de nos passions, ils ne peuvent changer l'état des faits et des preuves » ("Facts are stubborn things; and whatever may be our wishes, our inclinations, or the dictates of our passion, they cannot alter the state of facts and evidence" ).
Il arriva ainsi à faire acquitter le capitaine et six soldats au nom de la présomption d'innocence, les deux autres furent seulement reconnus coupables d'homicide involontaire (manslaughter) et non de meurtre.
Dans la continuité de cette affaire, Samuel Adams, cousin au second degré de John Adams, organisa la fameuse Tea Party de Boston, le 16 décembre 1773, pour faire plier Westminster.
De son côté, John Adams devint délégué du Massachusetts au Congrès continental de 1774, où il proposa la désignation de George Washington comme commandant en chef de l’armée insurgée. Enfin, il cosigna la Déclaration unilatérale d’indépendance de 1776.
Après un voyage à Amsterdam pour intéresser les marchands hollandais à la cause indépendantiste, il devint de 1783 à 1788 le premier ambassadeur des États-Unis à Londres. Il cosigne le traité de Londres de 1783 par lequel l'Angleterre reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique.
En 1789, il est élu vice-président aux côtés de George Washington.
Frères ennemis
Au sein de ce premier gouvernement éclatent au grand jour les dissensions politiques entre les « Pères fondateurs » :
• Les partisans d'un État centralisé forts, dits fédéralistes, se retrouvent autour du vice-président John Adams et du Secrétaire au Trésor (ministre des Finances) Alexander Hamilton.
• Leur font face les républicains-démocrates partisans d'une grande décentralisation et dont le chef de file est le Secrétaire d'État (Affaires étrangères) Thomas Jefferson.
Thomas Jefferson et John Adams sont aussi dissemblables que possible. Le médecin Benjamin Rush, qui a signé avec eux la Déclaration d’Indépendance, les décrit comme « le Pôle Nord et le Pôle Sud de la révolution américaine. »
Le premier, riche et d’origine aristocratique par sa mère, est longiligne et intellectuel, réservé, glacial et imbu de sa personne. Le second, d’origine modeste, est rondouillard et pragmatique mais aussi impulsif, quelque peu vaniteux et impopulaire. Ainsi prétendra-t-il se faire appeler « Altesse » en accédant à la présidence des États-Unis, ce qui lui vaudra le surnom de « Mirobolant ».
Washington ne souhaitant pas se représenter pour un troisième mandat de quatre ans, la campagne présidentielle de 1797 met en lice treize candidats parmi lesquels Adams et Jefferson. Hamilton s'est quant à lui retiré dans l'opposition.
Les Grands électeurs (electors) se divisent autour des candidats suivant des logiques géographiques, de sorte qu'Adams obtient seulement trois voix de plus que Jefferson, lequel devient ipso facto son vice-président, selon les règles constitutionnelles alors en vigueur.
La « quasi-guerre » avec la France
La présidence d'Adams est marquée par une « quasi-guerre » avec la France révolutionnaire. Elle vient de ce que, moyennant finances, des capitaines de navire américains permettent à des Anglais de débarquer frauduleusement des marchandises dans les Antilles françaises, en violation de l'embargo ordonné par le gouvernement du Directoire à l'égard des navires anglais.
Les gouverneurs de la Guadeloupe et de Saint-Domingue encouragent les corsaires français à s'en prendre aux navires américains. Le Congrès américain riposte le 7 juillet 1798 en abrogeant les traités bilatéraux avec l'ancienne puissance protectrice.
De son côté, le président américain jette les bases d'une marine de guerre et officialise le corps des marines, apparu pendant la guerre d'Indépendance. Il ordonne aussi un embargo sur les produits français et apporte son soutien à l'insurrection de Toussaint Louverture à Saint-Domingue.
Pour prévenir des actes séditieux de la part des résidents d'origine française ou irlandaise, il fait aussi voter par le Congrès à majorité fédéraliste quatre lois d'exception à l'encontre des étrangers, les Alien and Sedition Acts (« lois sur les étrangers et la sédition »), au grand mécontentement des républicains-démocrates :
• Naturalization Act : allonge de 5 à 14 ans la durée de résidence nécessaire pour obtenir la citoyenneté américaine.
• Alien Friends Act : autorise le président à expulser des étrangers considérés comme dangereux, même en temps de paix.
• Alien Enemies Act (toujours en bigueur) : permet d'arrêter ou expulser les ressortissants d'un pays ennemi en cas de guerre.
• Alien Friends Act : autorise le président à expulser des étrangers considérés comme dangereux, même en temps de paix.
• Sedition Act : réprime les écrits jugés séditieux.
John Adams évite toutefois une déclaration de guerre formelle à l'ancienne alliée et s'en tient à des escarmouches navales sur les côtes américaines. La paix sera rétablie en 1800 avec l'accession à la présidence du très francophile Thomas Jefferson. Grâce à quoi la France demeurera la seule grande puissance à n'avoir jamais été en guerre ouverte avec les États-Unis d'Amérique !
Retraite prématurée
Aux élections de 1800, John Adams doit affronter non seulement Thomas Jefferson mais aussi un représentant de son propre camp, Aaron Burr, homme corrompu s'il en est. Alexander Hamilton, sorti de sa retraite et réélu à la Chambre des Représentants, met en garde les fédéralistes contre ce dernier. Contre toute attente, il apporte même son soutien à Thomas Jefferson.
Jefferson et Burr ayant obtenu le même nombre de voix parmi les Grands électeurs, Hamilton obtient que le premier soit désigné comme président et le second vice-président.
Après le retrait d'Adams et du fait de la mort en duel d'Hamilton en 1804, tué par ce même Burr, aucun fédéraliste n'accèdera plus à la présidence et le parti disparaîtra de lui-même.





John Adams








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