François Villon (1431 - 1463)

Poète et racaille

La courte vie de François Villon est dominée par le trouble, le flou et l'obscur. Sa date de naissance est aussi incertaine que celle de sa mort. On sait seulement qu'il a vécu sous le règne de Charles VII, à la fin de la guerre de Cent Ans. Sa biographie nous est seulement perceptible par les arrêts de justice qui le condamnent ou le gracient.

Le voyou et le prince

Orphelin, François de Montcorbier devient François Villon, nom du chanoine qui l'a élevé, son « plus que père ». Très doué, il fait des études à la Sorbonne mais se fait connaître davantage pour ses frasques que pour ses poèmes. Il tue un prêtre dans une rixe le 5 juin 1455, commet quelques délits dont un vol au collège de Navarre à la Noël 1456 et s'acoquine avec une redoutable bande de truands, les Coquillards.

Ponctuellement, il fréquente des cours princières, dont celle de René d'Anjou à Angers, où l'on apprécie la qualité de ses textes écrits en français. Il fréquente aussi la cour de Jean II de Bourbon à Moulins. Le prince poète Charles d'Orléans le prend même un temps sous sa protection mais son tempérament de marginal le rattrape constamment.

À l'été 1461, il est jeté dans un cul de basse-fosse au château de Meung-sur-Loire sur ordre de l'évêque d'Orléans. Il en sort fort heureusement le 2 octobre 1461 suite à une grâce du nouveau roi Louis XI, de passage au château. Très affecté, il rentre à Paris et compose le Testament, son oeuvre principale. Il est enfin condamné à mort pour une nouvelle rixe et attend de rejoindre le sinistre gibet de Montfaucon (à Paris, 53-57, rue de la Grange aux Belles, près de l'actuelle place du colonel Fabien)...

C'est dans cette attente que le poète écrit la célèbre Ballade des pendus :
« Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !... »

Faut-il s'en étonner ? On est à l'époque des danses macabres (ci-dessous celle de la Chaise-Dieu), un motif pictural par lequel l'Église appelle chacun à la repentance.

Villon voit sa peine in extremis commuée en bannissement et l'on perd sa trace à partir du 5 janvier 1463, date de cet acte juridique salvateur. A-t-il été égorgé au coin d'un bois ? Tout est possible en ce qui le concerne au regard de son mode de vie. Quoi qu'il en soit, il nous a légué une œuvre majeure.

Le poète a été redécouvert par les romantiques au XIXe siècle, à travers son plus célèbre poème, Le testament. On y lit sa nostalgie et ses regrets :
« Bien sçay, se j'eusse estudié
Ou temps de ma jeunesse folle
Et a bonnes meurs dedié,
J'eusse maison et couche molle.
Mais quoy ! je fuyoië l'escolle
Comme fait le mauvaiz enffant
En escripvant cette parolle
A peu que le cueur ne me fent ! »

François Villon a depuis lors pris place dans la littérature française comme le premier grand poète français avec Charles d'Orléans.

Bibliographie

Les amateurs de sensations fortes apprécieront l'excellente biographie, aussi véridique que romanesque, que lui a consacrée le romancier Jean Teulé : Je, François Villon (Julliard, 2006).

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2019-05-15 17:54:54

 
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