Le dictionnaire de l'Histoire

Gibet de Montfaucon

Situé au 53-57, rue de la Grange aux Belles, dans ce qui est aujourd'hui le Xe arrondissement de Paris, du côté de la place du Colonel-Fabien, le gibet de Montfaucon se présentait à l’époque de sa grandeur comme un parallélépipède de 15 mètres de côté formant des sortes de cases dans lesquelles les corps des criminels étaient pendus, accrochés à des chaînes. Érigé à la fin du XIIIe siècle à l'extérieur de la cité pour des raisons sanitaires, il avait pour but de symboliser la puissance de la justice et du pouvoir royal, en rappelant à tous, aux manants comme aux personnages les plus puissants du pays, qu'ils pouvaient un jour rejoindre la trentaine de corps en décomposition. Les restes de l'amiral de Coligny, tué pendant la Saint-Barthélémy, y furent par exemple exposés. Les cadavres, où ce qui en restait, pouvaient y rester pendant des mois voire des années, à moins que la famille obtienne réhabilitation et donc la permission d'enterrer leur proche.

Le site servait également de lieu où étaient jetés les corps des individus qui ne pouvaient être accueillis dans les cimetières chrétiens, comme ceux des huguenots et des suicidés, et était souvent utilisé en tant que réservoir de cadavres pour apprentis médecins comme Vésale qui reconnut s'y être approvisionné.

En ruine au début du XVIIIe siècle, le site macabre est resté dans les mémoires notamment grâce à la « Ballade des pendus » (publiée en 1489) de François Villon qui y échappa lui-même de peu :
« Vous nous voyez cy attachéz cinq, six,
Quant de la chair que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous les os devenons cendre et pouldre »
.

Il n'est donc pas étonnant que Victor Hugo, situant l'intrigue de son roman Notre-Dame-de-Paris en 1482, évoque à son tour le gibet :
« Les poutres étaient vermoulues, les chaînes rouillées, les piliers verts de moisissure. Les assises de pierre de taille étaient toutes refendues à leur jointure, et l’herbe poussait sur cette plate-forme où les pieds ne touchaient pas. C’était un horrible profil sur le ciel que celui de ce monument ; la nuit surtout, quand il y avait un peu de lune sur ces crânes blancs, ou quand la bise du soir froissait chaînes et squelettes et remuait tout cela dans l’ombre. Il suffisait de ce gibet présent là pour faire de tous les environs des lieux sinistres » (Victor Hugo, Notre-Dame-de-Paris, 1831).

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