Jean Zay (1904 - 1944)

Le quatrième mousquetaire de l'instruction publique

Jean Zay, assassiné par des Miliciens avant ses 40 ans, s'inscrit dans l'Histoire comme le quatrième bâtisseur de l'instruction publique, après François Guizot, Victor Duruy et Jules Ferry. Il est aussi l'initiateur de la politique culturelle et scientifique de la République française.

Pourtant, rien ne le prédisposait à ce destin aussi glorieux que tragique...

Une étoile filante de la politique

Jean Zay (Orléans, 6 août 1904 ; forêt de Molles, 20 juin 1944)Fils d'un journaliste juif et d'une institutrice protestante, Jean Zay naît le 6 août 1904 à Orléans et revêt la toge d'avocat au terme d'études brillantes.

Élevé dans le protestantisme, il devient rapidement agnostique, entre dans la franc-maçonnerie et milite au parti radical-socialiste. C'est ainsi qu'il est élu député du Loiret à seulement 27 ans, en 1932.

Quatre ans plus tard, suite à la victoire du Front populaire, Léon Blum fait appel à lui pour le ministère de l'Éducation nationale (depuis 1934, ledit intitulé a remplacé celui d'Instruction publique).

Il va insuffler un brise revigorante à son ministère même si, au demeurant, il met peu de réformes en œuvre...

Vers le martyre

Au sein du gouvernement du Front populaire, jusqu'à la guerre, le jeune homme va cristalliser toutes les haines de la frange antisémite et antiparlementaire de l'opinion publique, d'une part en raison de ses origines à moitié juives, d'autre part en raison de son engagement contre les accords de Munich qui lui vaut d'être accusé de bellicisme.

Autant dire qu'il ne sera fait aucun cadeau à Jean Zay pendant l'Occupation. Pourtant, le jeune ministre manifeste son courage en démissionnant de son ministère pour s'engager comme sous-lieutenant dès le 2 septembre 1939, à la déclaration de guerre.

Le 21 juin 1940, à la veille de l'armistice, alors que tout espoir est perdu, il embarque à Bordeaux sur le Massalia avec Pierre Mendès France et vingt-cinq autres parlementaires. Le bateau est bloqué dans le port de Casablanca, au Maroc, ce qui vaut à Jean Zay et Pierre Mendès France d'être arrêtés pour « désertion devant l'ennemi » et renvoyés en France.

Le 4 octobre 1940, un tribunal militaire siégeant à Clermont-Ferrand condamne Jean Zay à la déportation à vie et à la dégradation militaire. Il est aussitôt incarcéré dans la prison de Riom.

Le 20 juin 1944, alors que la défaite du IIIe Reich est consommée, trois miliciens arrachent Jean Zay à sa cellule, le mitraillent et jettent son corps dans un ravin du bois de Molles (Allier). Il ne sera retrouvé que l'année suivante.

Après la Libération, les différents gouvernements rechigneront à lui accorder les honneurs dus à un martyr de la Résistance pour ne pas raviver le souvenir de son assassinat par d'autres Français.

Il faudra attendre le 27 mai 2015 et son entrée au Panthéon pour qu'enfin, il rejoigne le cortège des ombres héroïques.

Publié ou mis à jour le : 2020-11-21 17:26:07

Voir les 4 commentaires sur cet article

Michel J. (19-06-2024 20:16:31)

Assassiné me paraît plus approprié.
Fusiller est la prérogative d’une armée régulière à laquelle n’appartenait pas, et pour cause, la sinistre milice.

Jonas (22-02-2024 10:03:54)

Jean Zay comme ministre de l'éducation nationale et Iréne Joliot Curie , prix Nobel de chimie comme secrétaire d'Etat à la recherche. Sans verser , dans "c'était mieux avant", on ne peut pas ne ... Lire la suite

eliacath (28-05-2015 05:31:38)

Votre remarque est très juste ! Il faut du temps pour qu'un homme ou une femme se construise dans toutes ses dimensions pleinement humaines de tête bien faite mais aussi d'homme ou de femme de cœur... Lire la suite

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