Louis XVI (1754 - 1793)

La bonté couronnée

Louis XVI a vingt ans et le titre de duc de Berry quand il succède sur le trône de France à son grand-père Louis XV, le 10 mai 1774.

Il est le troisième fils du Dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe. La mort prématurée de son frère aîné le duc de Bourgogne en 1761 puis de son père en 1765 en a fait l'héritier de la couronne sans y avoir été préparé. C'est un homme de grande taille (1,90 mètre) et d'une belle prestance, cultivé et intelligent mais doux et maladivement timide, marié à l'archiduchesse Marie-Antoinette.

Plein de bonne volonté mais indécis et influençable, il va commettre des erreurs qui seront fatales à la dynastie et mèneront à la Révolution en quinze ans à peine. Lui-même montera sur l'échafaud à 39 ans... 

Alban Dignat
Louis XVI en costume du sacre (Joseph Duplessis, 1777, musée Carnavalet, Paris)

Bon et faible à la fois

Quand le jeune Louis XVI monte sur le trône, l'impopularité du défunt roi se traduit par une immense bienveillance des Français à son égard, en dépit de ses faiblesses évidentes et de la frivolité de son épouse qui, déjà, en agace plus d'un.

Pour ne rien arranger, il souffre d'une légère malformation du pénis qui ne sera opérée qu'après plusieurs année de mariage. Ce n'est qu'à l'été 1777 que le roi et la reine auront enfin des rapports sexuels et cette carence altère ses relations avec son entourage. On ne lui connaît bien sûr aucune maîtresse. Timide, Louis XVI fuit la compagnie des femmes et des courtisans et se réfugie volontiers dans son atelier de serrurerie ou sur les terrasses de Versailles, pour observer de loin le ciel ou les jardins.

Par ailleurs intelligent et cultivé, doté de solides connaissances en histoire et géographie qui l'amèneront à soutenir le voyage de Lapérouse, il est pieux et sincèrement animé par le désir de faire le bien. Son humeur égale et son courage se manifesteront seulement pendant les heures noires de la captivité dans la prison du Temple et devant le Tribunal révolutionnaire.

Louis XVI reçoit l'hommage des chevaliers de l'Ordre du Saint Esprit à Reims le 13 juin 1775 (Gabriel Doyen, musée du château de Versailles)

Des réformes malvenues ou inabouties

Dès son avènement, Louis XVI croit satisfaire l'attente de l'opinion en restituant aux parlementaires (rien à voir avec des élus ; ce sont des magistrats qui ont acheté leur charge et les privilèges qui s'y attachent) le droit de remontrance dont ils venaient d'être privés. C'est la première d'une longue suite d'erreurs qui lui seront fatales.

Le roi tente aussi des réformes audacieuses avec Turgot mais retire très vite sa confiance à ce dernier sous la pression de la Cour et des privilégiés.

Presque aussitôt, toujours sous la pression de l'opinion et afin d'affaiblir l'Angleterre (du moins le croient ses ministres et lui-même), il conclut une alliance avec les Insurgents des Treize colonies anglaises d'Amérique du nord, en lutte contre la métropole. 

Cette alliance aboutira dès 1783 à un succès diplomatique, le traité de Versailles, en consacrant l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Mais ce faisant, elle évitera au gouvernement anglais de s'enliser dans une guerre de décolonisation et lui permettra de redéployer ses forces sur tous les océans et dans les Indes.

Par son coût énorme, le soutien des indépendantistes américains va surtout précipiter la faillite de l'État français...

Malgré cela, le règne de Louis XVI se signale par des réformes capitales qui gomment les archaïsmes institutionnels : liberté de circulation des grains (1774), suppression de la corvée royale et des corporations (1776), abolition de la torture (1781), restitution des droits civils aux protestants... Beaucoup d'autres réformes en gestation seront menées à leur terme par les révolutionnaires (création des départements, Code civil, etc.). 

Dans le même temps, la France, qui est encore le pays le plus peuplé d'Europe et le plus puissant du monde, à l'exception de la Chine, connaît de fabuleuses avancées : la chimie avec Lavoisier, la conquête de l'air avec les frères Montgolfier, etc.

Dans l'urgence d'une réforme fiscale, le roi Louis XVI n'a bientôt d'autre solution que de convoquer les états généraux le 5 mai 1789. Deux mois plus tard, la prise de la Bastille marque le début de la Révolution. Tiraillé entre les partisans du compromis, adeptes d'une monarchie constitutionnelle, et les jusquauboutistes qui veulent en découdre avec les révolutionnaires, le roi cède à ceux-ci et, révulsé par les dispositions anticléricales de l'Assemblée, tente de fuir la capitale.

Rattrappé, il est finalement emprisonné au terme d'une «journée révolutionnaire» le 10 août 1792 et guillotiné le 21 janvier 1793. Quatre mois plus tôt, la France est entrée en République.

Après vingt ans de troubles révolutionnaires et de guerres napoléoniennes, les deux frères cadets de Louis XVI, le comte de Provence et le comte d'Artois, monteront tour à tour sur le trône sous le nom de Louis XVIII et Charles X. Le renversement de ce dernier par la Révolution des Trois Glorieuses, en 1830, mettra fin à la dynastie des Bourbons. 


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La Révolution française
Publié ou mis à jour le : 2024-05-11 21:41:25
Berrysh (08-02-2018 18:02:38)

Beaucoup trop d'éléments reprennent une énième fois la propagande du parti lorrain qui a cherché à ternir l'image de Louis XVI de son vivant, et qui a parfaitement réussi après sa mort. Depuis... Lire la suite

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