Jean Cocteau (1889 - 1963) - Le «Funambule de tous les Arts» - Herodote.net

Jean Cocteau (1889 - 1963)

Le «Funambule de tous les Arts»

Artiste protéiforme, Jean Cocteau, né en 1889 dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne, est très affecté par le suicide de son père, Georges, alors qu'il n'a que 9 ans.

Jean Cocteau (1889 - 1963), doc INA

Anticonformiste mondain

Il fréquente dès l'âge de seize ans les cercles artistiques parisiens (Marcel Proust, les Daudet, les Rostand, la comtesse de Noailles) et, plus tard, noue des amitiés avec Picasso, Modigliani, Max Jacob, Apollinaire, Érik Satie, Blaise Cendrars, Aragon, Tzara ou encore André Gide. 

Avec Maurice Rostand et François Bernouard, il fonde la revue poétique Shéhérazade et publie un recueil de poèmes, La lampe d'Aladin (1909). La rencontre du prestigieux Serge de Diaghilev, directeur des Ballets russes, est une révélation pour lui.

Réformé durant la guerre, Jean Cocteau est engagé comme ambulancier. Sous l'impulsion de son nouveau compagnon et très jeune écrivain Raymond Radiguet (Le Diable au corps, 1923) qui meurt brutalement, il se met à écrire des romans (Le Gendarme incompris, 1921).

À la suite d'une inévitable dépression nerveuse (1924), il commence à s'adonner à l'opium et suit une série de cures de désintoxication.

Pendant l'Occupation, détesté en raison de son homosexualité par le régime collaborationniste de Vichy (*) (Rebatet, Brasillach, Céline), il se lie d'amitié avec l'occupant Arno Breker, sculpteur fétiche d'Adolf Hitler. Parallèlement, il témoigne en faveur de Jean Genet en cour d'assises (1942). Inquiété à la Libération, il est défendu par Genet, Éluard et Aragon.

En sus d'une oeuvre précieuse et prolifique, intrigante et parfois irritante, cet esthète touche à tout, créateur doué et narcissique, à la palette variée des talents, laisse un journal intime intitulé le Passé défini (1951-1963).

Élu à l'Académie française, il dessine lui-même son épée et fait traduire son discours en argot des prisons avant d'être reçu le 20 octobre 1955 par André Maurois.

C'est dans sa retraite de la Maison du Bailli à Milly-la-Forêt que Jean Cocteau apprend la mort quelques heures plus tôt de sa grande amie Édith Piaf qu'il avait fait débuter au théâtre dans sa pièce «Le Bel Indifférent» (1940). Peu de personnes savent en réalité que, déjà victime de deux crises cardiaques et trop ému, il vient de déclarer à son proche entourage : «C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre.»

Quelques heures après, sous le coup de l'émotion, il s'éteint à son tour. Il repose dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples de Milly-la-Forêt, décorée par ses soins.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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