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J. Edgar Hoover (1895 - 1972)

Homme de fer au coeur tourmenté


John Edgar Hoover a dirigé d’une main de fer le FBI (Federal Bureau of Investigation), autrement dit la police fédérale des États-Unis de 1924 à sa mort, 48 ans plus tard, soit sous l’autorité de huit présidents successifs, de Coolidge à Nixon.

Inamovible du fait de son immense popularité, il s'est dans les faits davantage soucié de lutter contre la « subversion » communiste que contre le crime organisé.

Un homme de dossiers

Jeune juriste épris de dossiers et de classements, John Edgar Hoover entre après la Grande Guerre au service du ministre de la Justice (attorney general) Mitchell Palmer, un démocrate obsédé par la menace de subversion bolchévique. Cette « Peur rouge » (« Red Scare » en anglais) fait suite à la Révolution d’Octobre (en Russie). Les vagues d’attentats du 2 juin 1919 et du 1er septembre 1920 lui donnent du crédit dans l'opinion publique.

Le jeune J. Edgar Hoover organise lui-même quelques rafles à l'extrême limite de la loi. Il ne va plus jamais se défaire de son anticommunisme et exprimera tout au long de sa carrière une haine viscérale à l’égard de tous les déviants (communistes, militants noirs ou féministes, homosexuels…).

En 1924, il prend la direction d’un nouveau service du ministère de la Justice, à Washington : le Bureau of Investigation. Le service, qui va prendre en 1935 son nom actuel, Federal Bureau of Investigation (FBI), prend son envol avec l’arrivée de Hoover.

Celui-ci le façonne à sa guise, exigeant que ses agents soient des hommes, blancs, portant costume, cravate et chapeau, diplômés d'une université, si possible anciens joueurs de football américain, et surtout absolument intègres, ce qui les distingue des policiers des États, aisément corruptibles.

John Edgar Hoover innove aussi en appliquant les techniques les plus avancées en matière de police scientifique (mise en fiches, analyses biologiques et physico-chimiques...). Mais il ne rechigne pas non plus à pratiquer les écoutes téléphoniques (parfaitement illégales).

L’enlèvement et la mort du bébé de Charles Lindbergh, en mars 1932, permettent à Hoover de faire voter une loi sur le kidnapping qui étend les moyens de son agence. J. Edgar s'attire le mérite de la capture du ravisseur.

Les présidents en échec

Durant la Seconde Guerre mondiale, le FBI s'oriente vers le contre-espionnage. Mais malgré l'envie qu'il en ait, Hoover est empêché de s'occuper de l'espionnage étranger. La lutte contre celui-ci sera en définitive dévolue par le président Truman à une nouvelle agence fédérale, la Central Intelligence Agency (CIA).

Après le conflit, dans les années 1950, le FBI prend une part très active dans la chasse aux sorcières, qui vise les espions communistes ou supposés tels. 

Ainsi accumule-t-il des informations (photos, lettres, écoutes) sur les infidélités conjugales de Martin Luther King comme sur les prestations sexuelles du président Kennedy et des sénateurs et ministres susceptibles de lui porter tort. Hoover doit à ses dossiers secrets d'avoir pu demeurer à la tête du FBI jusqu'à sa mort et en dépit des premières atteintes de la sénilité.

Tout au long de sa carrière, communicant habile, Hoover a harcelé les producteurs d'Hollywood pour obtenir que ses agents soient présentés sous un jour favorable dans les films. C'est ainsi que la star James Cagney incarne un agent pourvu de toutes les qualités dans « Les Hors-la-loi » (en anglais : G-men, pour « hommes du gouvernement »), en 1935. Plus récemment, la série télévisée Les Incorruptibles illustre le combat de la police fédérale contre les gangs de Chicago au temps de la Prohibition.

Les résultats sont à la hauteur des attentes. L’opinion publique se prend de passion pour ces policiers fédéraux, triés sur le volet et différents en tous points de la police ordinaire des États. Les vocations affluent à l’agence.

J. Edgar Hoover, directeur du FBI (1895-1972)Le président Franklin Roosevelt, qui craint Hoover, se résigne à le maintenir à son poste mais va se servir de sa notoriété pour mieux faire passer des lois destinées à réprimer le crime organisé.

Les présidents suivants, malgré l’envie qu’ils en aient, se retiendront de contredire le puissant chef du FBI, craignant tout comme Roosevelt des révélations embarrassantes.

Le chef du FBI a noué des relations d'intérêt et d'amitié avec le patriarche de la famille Kennedy, un affairiste assez proche des milieux mafieux, et il supporte d'autant moins les velléités moralisantes de son fils Robert.

Mort à la tâche, John Edgar Hoover va bénéficier de funérailles nationales, privilège exceptionnel concédé par le président Richard Nixon, malgré le peu d’empathie entre les deux personnages.

Pour limiter aussi l'influence de ses successeurs, Nixon fait voter une loi qui limite à dix ans l'exercice des directeurs du FBI. 

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Publié ou mis à jour le : 2017-05-02 10:08:18

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Eugenie (17-05-201713:45:44)

J'ai trouve très intéressant le fait qu'il a fait partie de l'équipe de Joseph Alois Schumpeter, qui travaillait à Harvard sur les "Business Cycles"(fortement inspiré par Mikhail Ivanovitch Tougan-Baranovski).
L'équipe comptait dans ses rangs des éminents économistes : Nicolae Georgescu Roegen (sponsorisé par la Fondation Rockfeller), Wassily Leontief,Frank Taussig, Oskar Lange, Fritz Machlup, Gerhard Tintner, Nicholas Kaldor et Paul Sweezy.
On peut se poser des questions sur la na... Lire la suite


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