La guerre franco-prussienne (1870-1871)

Introduction : la guerre en bref

La guerre qui oppose la France au royaume de Prusse et à ses alliés allemands va mettre face à face près de trois millions d'hommes. Bien que brève, elle aura des conséquences dramatiques pour les deux nations et l'ensemble de l'Europe.

L'armée allemande met en oeuvre pour la première fois une artillerie moderne. La France est immédiatement envahie et plusieurs de ses villes sont bombardées. Les soldats allemands subissent en retour des attaques de francs-tireurs et répliquent par des exécutions sommaires...

De l'humiliation ressentie par les Français et de l'arrogance nouvelle de l'Allemagne vont surgir les deux grands conflits mondiaux du XXe siècle. La France et l'Allemagne, qui éprouvaient jusque-là de la sympathie et même de l'attirance l'une pour l'autre, vont désormais se percevoir de façon très exagérée comme des « ennemis héréditaires ».

Les dernières cartouches, défense de l'Auberge Bourgerie à Bazeilles par le Division bleue, le 1er septembre 1870 (1873, Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, musée de la dernière cartouche, Bazeilles)

Manipulation diplomatique et politicienne

Le drame confronte deux personnalités contraires : le chancelier allemand Otto von Bismarck, tout entier vouéà la gloire de la Prusse, et l'empereur Napoléon III.

Bismarck, dès son arrivée aux affaires, a compris qu'il ne pourrait agrandir la Prusse qu'à la condition de neutraliser l'Autriche et la France. L'Autriche lui laisse les mains libres après avoir été défaite à Sadowa en 1866. Il peut ainsi constituer une Confédération de l'Allemagne du Nord. Mais le chancelier aspire à achever l'unité allemande en rassemblant le nord et le sud dans une guerre contre la France. Celle-ci a l'apparence d'une grande nation mais son armée est usée par les équipées coloniales et guère en état de soutenir une guerre moderne.

Le roi de Prusse Guillaume Ier à Ems le 13 juillet 1870 (Berlin, 22 mars 1797 ; 9 mars 1888)Bismarck saisit le prétexte d'une « succession d'Espagne » pour l'amener à déclarer la guerre à la Prusse et convaincre les États d'Allemagne du sud de s'unir à celle-ci contre l'ennemi commun. Il y arrive par le caviardage de la dépêche d'Ems, qui déchaîne les passions.

Dans ce 1er acte qui va aboutir en six semaines à la défaite des armées impériales, on est frappé par la prépondérance de l'aléa humain. La maladie (calculs rénaux) est cause de ce que l'empereur cède le 13 juillet au soir à son ministre belliciste et au clan des va-t'en-guerre. Il déclare la guerre le 19 juillet 1870.

La France mobilise 265 000 hommes, sur un front de 250 kilomètres. De leur côté, la Prusse et ses alliés d'Allemagne du Sud en alignent immédiatement près de 600 000.

Canon Krupp avec chargement par la culasse pendant la guerre de 1870-1871

Six semaines de guerre

Dès le 6 août, une armée française est battue à Forbach et perd la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth et perd l'Alsace. Le maréchal Bazaine, nouveau commandant en chef, se laisse enfermer dans Metz.

L'empereur, affaibli par la maladie, rejoint Mac-Mahon au camp retranché de Châlons-sur-Marne et tente de secourir Bazaine. Mais l'armée et Napoléon III lui-même doivent finalement rendre les armes à Sedan le 2 septembre 1870. 

À Lyon et Paris, le 4 septembre, à l'annonce du désastre, les opposants proclament la République. Le Gouvernement de la Défense Nationale, qui s'est saisi du pouvoir, décide de relancer la guerre pour empêcher les Allemands d'annexer l'Alsace et une partie de la Lorraine.

Léon Gambetta organise à Tours une armée de la Loire. Il réussit à lever et équiper plus de 600 000 volontaires. Mais ses efforts sont annihilés par le manque d'officiers et par la capitulation de Bazaine, plus soucieux de « défendre l'ordre social contre les mauvaises passions » que la patrie en danger. Les masses rurales elles-mêmes ne montrent aucun intérêt pour cette guerre absurde.

De leur côté, affamés par un siège impitoyable de cinq mois, durant l'hiver 1870-1871, les Parisiens tentent dans un effort désespéré une « sortie torrentielle » à Buzenval, le 20 janvier 1871. C'est la fin d'une guerre qui aura pour l'essentiel duré six semaines, de la dépêche d'Ems à la capitulation de Sedan. Relativement meurtrière pour l'époque, elle aura causé environ cent mille morts dans chaque camp.

Quartier général de troupes allemandes au château de Brunoy, octobre 1870 (Anton von Werner, 1894, Alte Nationalgalerie, Berlin)

D'humiliation en humiliation

Le 18 janvier 1871, le gratin de toute l'Allemagne proclame l'Empire dans la Galerie des Glaces de Versailles. Dix jours plus tard, le 28 janvier, l'armistice est signé pour quatre semaines, le temps d'élire une nouvelle assemblée. Bismarck tient en effet à ce que le futur traité de paix soit avalisé par un gouvernement légitime.

Batterie allemande face à la citadelle de BelfortLe 1er mars 1871, les vainqueurs défilent dans une capitale endeuillée et silencieuse. Saturés d'humiliation, des Parisiens proclament une Commune insurrectionnelle. Après sa répressionn est conclu le traité de paix de Francfort.

Ainsi prend fin une période qualifiée avec justesse par Victor Hugo d'« Année terrible ». S'il n'y avait qu'un poème à retenir de cette époque, c'est bien entendu Le Dormeur du Val, un sonnet écrit par Arthur Rimbaud en octobre 1870. Le poète a alors 16 ans...


Publié ou mis à jour le : 2020-08-29 05:08:53

 
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