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>> Guerre de Crimée
La guerre de Crimée
• 27 mars 1854 : déclaration de guerre
• 25 octobre 1854 : la charge de la Brigade légère
• 8 septembre 1855 : prise de Malakoff
• 30 mars 1856 : traité de Paris
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Guerre de Crimée

Français et Anglais côte à côte


Inutile et meurtrière, la guerre de Crimée est provoquée par l'entrée des troupes russes en territoire ottoman. Le sultan, menacé d'être défait, reçoit le soutien de la France et du Royaume-Uni, qui déclarent la guerre à la Russie le 27 mars 1854. Elles sont rejointes un peu plus tard par le royaume de Piémont-Sardaigne.

Notons que c'est la première occasion pour les Anglais et les Français de combattre côte à côte après sept siècles de conflits, une occasion qui se renouvellera soixante ans plus tard, lors de la Grande Guerre.

Pour l'empereur Napoléon III, cette guerre mal engagée et mal gagnée s'avère néanmoins un succès sur la scène internationale (le premier et le dernier). Le traité de Paris, qui y met un terme le 30 mars 1856, lui permet de remodéler la la carte de l'Europe, issue du congrès de Vienne et de la défaite de son oncle Napoléon 1er, quarante et un ans plus tôt.

Le général Mac-Mahon avec le 1er Zouaves avant l'attaque de Malakoff (Alphonse Aillaud, 1855, Musée de l'Armée, Paris)

Une querelle d'un autre âge

À l'origine du conflit, l'on trouve une querelle d'un autre âge entre l'empereur français Napoléon III et le tsar Nicolas Ier. Chacun veut assurer en exclusivité la protection des Lieux Saints de Jérusalem, partie intégrante de l'empire turc. 

Nicolas 1er juge le moment venu de régler la «Question d'Orient» posée par la déliquescence de l'empire ottoman. Il propose à l'Angleterre un partage à l'amiable des possessions ottomanes. «La Turquie est l'homme malade de l'Europe», dit-il en substance à l'ambassadeur d'Angleterre. «Il ne faut pas le laisser disparaître sans avoir réglé sa succession». Il lui suggère de prendre l'Égypte et la Crète, lui-même établissant son influence dans les Balkans. 

Mais l'Angleterre refuse le partage par crainte que la Russie n'acquière trop d'influence en Méditerranée et en Orient, ainsi qu'en Afghanistan où elle côtoie dangereusement ses possessions des Indes. Elle préfère conserver l'empire ottoman en l'état pour le gérer à sa manière. Dépité, le tsar envahit la Moldavie et la Valachie ottomanes puis détruit la flotte turque de la mer Noire.

Napoléon III et le gouvernement de la reine Victoria font cause commune avec le sultan Abdul-Medjid 1er. C'est la première fois depuis... le couronnement d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt, 700 ans plus tôt, que les deux nations s'apprêtent à combattre ensemble !

Le siège de Sébastopol

Sous le commandement respectif des généraux Saint-Arnaud et lord Raglan, Français et Anglais débarquent  dans la presqu'île de Crimée et remportent une victoire sur les bords du fleuve Alma avant de mettre le siège devant Sébastopol, puissante forteresse russe, le 26 septembre 1854. 

Bientôt rejoints par une poignée de soldats piémontais, les assiégeants, au nombre de 185.000, découvrent la dureté de l'hiver russe et doivent mener une éprouvante guerre de tranchées autour de la citadelle.

Florence Nightingale (12 mai 1820 – 13 août 1910) L'hiver se fait meurtrier pour les troupes, victimes du froid, du choléra et du typhus plus encore que des combats, d'autant que l'impréparation du conflit a été totale et les services de ravitaillement et de soins en-dessous de tout.

Une Britannique de 34 ans, Florence Nightingale, émue par l'abandon des malades, organise avec talent des hôpitaux de campagne. Son talent et son dévouement font la Une des journaux anglais.

La campagne donne lieu à d'héroïques mais dérisoires opérations comme la charge de la Brigade légère de Lord Cardigan pendant la bataille de  Balaklava.  

Mais à Londres et Paris, l'opinion s'exacerbe devant l'enlisement du conflit. Un consommateur parisien est interpellé pour avoir lancé dans un café : «C'est ici comme à Sébastopol, on ne peut rien prendre !». Enfin, les zouaves du général de Mac-Mahon s'emparent du fort Malakoff, qui domine la citadelle de Sébastopol.

La chute de Malakoff décide du sort de Sébastopol. Les Russes se retirent de la citadelle deux jours plus tard, après l'avoir proprement incendiée.

Napoléon III exulte

Quelques mois plus tard, le tsar demande la paix. Le traité de Paris, le 30 mars 1856, hisse Napoléon III au pinacle, quatre ans à peine après son avènement. Le bonheur de l'empereur est à son comble avec la naissance de son fils Eugène Louis Napoléon, le 16 mars 1856, pendant le congrès !

L'influence française sort renforcée en Orient. Mais la Russie, humiliée, prend conscience de sa faiblesse et reproche durablement à son ex-allié autrichien de ne pas l'avoir soutenue. Le nouveau tsar, Alexandre II, entreprend de vastes réformes.

Quant à l'Angleterre, déçue par son alliance avec la France après sept siècles de conflits quasi-ininterrompus, elle se retire dans un «splendide isolement» jusqu'à la fin du siècle. Après quatre décennies de paix et de prospérité sans nuages en Europe, voilà que se mettent en place les ingrédients des drames futurs...

 


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• 27 mars 1854 : déclaration de guerre
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Publié ou mis à jour le : 2013-07-27 01:08:28

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

paule rousselot (07-12-201422:44:30)

A quoi servent les guerres ??, quand elles sont terminées , on compte les morts ...et les avantages qu'elles ont semblé apporter disparaissent quelques decennies plus tard !Serait - ce un fléau naturel et necessaire chez les humains ?

Giordano (18-09-201417:38:43)

intéressant article , d'un étonnante actualité nous renseignant sur les visées expansionnistes de la RUSSIE, dans le seul but de détourner son opinion publique des échecs de sa politique économique:
le film cité dans l'article restitue de manière très caricaturale l'état d'impréparation des troupes Franco- Anglaises sur un terrain de bataille totalement inconnu

jutré (06-07-201411:18:02)

J'avais donc posé une question concernant la bataille de Traktir. Je connais désormais la réponse, même si elle est partielle.

Victor-Emmanuel II et Cavour souhaitaient pouvoir siéger au futur Congrès de Paris. Ils auraient cherché à obtenir la bienveillance des anglais et des français engagés conjointement en Crimée.Le royaume de Sardaigne avait donc rejoint les alliés le 10 janvier 1855.

Le siège de Sébastopol traînait en longueur. Dans la nuit du 15 au 16 août 18... Lire la suite

jutré (01-08-201320:50:31)

Je souhaiterais avoir quelques détails concernant la bataille de Traktir (je ne suis pas certain de l’orthographe)qui s'est déroulée au début de la guerre de Crimée. Merci.


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